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Emploi américain : deux indicateurs à surveiller de plus près que le NFP et le taux de chômage
information fournie par Zonebourse 07/09/2026 à 22:01
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L'économie américaine a créé trois fois plus d'emplois que prévu en août ( 162 000) tandis que le taux de chômage est resté inchangé à 4,1% pour le second mois consécutif. L'économie américaine semble rester solide, portée entre autres par les investissements massifs dans l'IA, mais ces deux indicateurs sur l'emploi ne sont pas parfaits.

Le NFP peut notamment faire l'objet de révisions importantes dans les mois et trimestres qui suivent, tandis que les deux statistiques reposent sur des enquêtes et présentent donc certaines limites de mesure. Il est ainsi utile de suivre en parallèle des données administratives plus fréquentes afin de compléter la lecture.

Mes deux indicateurs complémentaires favoris sont le taux d'assurés bénéficiant de l'allocation chômage et les retenues fiscales fédérales sur les salaires.

Les allocations chômage restent rassurantes

Le taux d'assurés bénéficiant de l'allocation chômage a l'avantage d'être publié chaque jeudi par le département américain du Travail, avec environ deux semaines de décalage. Il mesure la proportion des travailleurs couverts par l'assurance-chômage qui perçoivent effectivement des allocations et couvre donc un périmètre plus restreint que le taux de chômage officiel.

Sa fréquence hebdomadaire permet en revanche de détecter plus rapidement un changement de tendance que les statistiques mensuelles, ce qui en fait un complément particulièrement utile au taux de chômage. A l'heure actuelle, ce taux reste stable à 1,2% depuis décembre dernier. Les économistes John O'Trakoun de la Fed de Richmond et Adam Scavette de la Fed de Philadelphie ont développé l'indicateur "SOS Recession" dérivé de ces données, inspiré du fonctionnement de la fameuse "règle de Sahm".

Concrètement, l'indicateur compare la moyenne mobile sur 26 semaines du taux d'assurés au chômage à son plus bas niveau des 52 semaines précédentes. Lorsque l'écart dépasse 0,2 point de pourcentage, l'indicateur déclenche un signal de récession. Il se situe actuellement à 0,0, très loin de ce seuil d'alerte.

Les retenues fiscales restent solides

Les retenues fiscales fédérales sur les salaires constituent un indicateur beaucoup moins connu malgré plusieurs qualités intéressantes. Elles correspondent aux impôts sur le revenu et aux cotisations sociales prélevés par les employeurs sur les salaires avant d'être reversés au Trésor américain. Les données sous-jacentes sont publiées quotidiennement par le Trésor, ce qui permet de suivre quasiment en temps réel l'évolution de la masse salariale. Surtout, elles proviennent de données administratives plutôt que d'enquêtes auprès d'un échantillon d'entreprises ou de ménages, contrairement au NFP et au taux de chômage.

L'indicateur ne mesure certes directement ni les créations d'emplois ni le nombre de chômeurs, mais il offre une lecture complémentaire de la masse salariale américaine. Toutes choses égales par ailleurs, une baisse du nombre de salariés, un ralentissement des salaires horaires ou une diminution du nombre d'heures travaillées pèsent sur les revenus salariaux agrégés et, par conséquent, sur les retenues fiscales versées au Trésor.

Après correction de l'effet des changements fiscaux adoptés en 2025, TaxTracking estime que les retenues fédérales ont progressé de 5,5% sur un an en août, après 4,7% en juillet. Cette progression est supérieure à celle de l'inflation et de l'emploi combinés et reste ainsi compatible avec une hausse des salaires réels par travailleur à l'échelle de l'économie.

La Fed conserve des marges pour resserrer

Ces deux séries alternatives au taux de chômage et au NFP continuent donc non seulement de témoigner d'un marché du travail encore sain, mais aussi de l'absence de détérioration notable malgré les tensions commerciales et géopolitiques. Le risque de récession paraît ainsi relativement contenu à ce stade, ce qui renforce les arguments en faveur d'un resserrement monétaire de la Fed compte tenu des pressions inflationnistes sous-jacentes persistantes.

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