Des enfants regardent un lycée professionnel où un adolescent a ouvert le feu à Turgutlu, dans l'ouest de la Turquie, le 22 septembre 2026 ( AFP / Ilker ERAY )
Un adolescent a ouvert le feu mardi devant un lycée professionnel de l'ouest de la Turquie, blessant au moins 11 collégiens avant d'être interpellé selon les autorités, lors du troisième drame de ce type dans le pays depuis avril.
Trois jeunes se trouvaient dans un état grave après l'attaque survenue devant une école professionnelle à Turgutlu, près d'Izmir (ouest), aux alentours de 8h00 locales (05H00 GMT).
"Le traitement de 10 mineurs est en cours, dont trois en soins intensifs", a déclaré le ministre de l'Intérieur Mustafa Ciftci lors d'une conférence de presse dans la ville voisine de Manisa. Un blessé a pu quitter l'hôpital.
Les parents et le grand-père de l'auteur ont aussi été arrêtés. Le ministre a relevé que de nouvelles mesures de sécurité étaient déjà en vigueur au moment de l'attaque. L'arme utilisée était "enregistrée au nom de la grand-mère du suspect" et conservée au domicile des grands-parents.
Le ministre de la Justice Akin Gurlek, qui s'est lui aussi déplacé sur les lieux, a confirmé que toutes les victimes, comme l'auteur des coups de feu, étaient mineurs.
Le suspect a semble-t-il ouvert le feu sans raison apparente. Tous les élèves ont été évacués et les cours annulés pour la journée.
Un habitant, dont le nom n'a pas été précisé, a déclaré à l'agence de presse IHA avoir vu le tireur peu après la fusillade, manifestement en colère. "Des coups de feu ont retenti. Je suis immédiatement sorti sur le balcon. Il jurait en marchant. Il criait", a-t-il raconté. "Nous n'avons pas pu intervenir parce qu'il avait un fusil", a fait valoir un autre témoin, également cité anonymement.
"Terroriser la société"
Sur des images des médias locaux, on pouvait voir l'assaillant présumé, un jeune homme portant un jean noir, une veste noire et un haut vert. Une caméra de vidéosurveillance le montre semble-t-il en train de marcher calmement, puis de courir dans une rue, serrant dans ses mains ce qui ressemble à un fusil.
Photo publiée par l'agence turque DHA d'un extrait de vidéosurveillance montrant le tireur présumé ayant fait plusieurs blessés dans un lycée professionnel de Turgutlu, dans l'ouest de la Turquie, le 22 septembre 2026 ( DHA / Handout )
Dans d'autres images, on peut voir des policiers plaquer au sol un homme portant une chemise blanche, avant de le traîner à l'écart tandis qu'une femme hurle dans une grande confusion.
Ce type d'événement est d'ordinaire rare en Turquie. Mais le pays a été bouleversé cette année par deux tueries coup sur coup en avril dernier.
L'une dans un collège, commise par un adolescent de 14 ans à Kharamanmaras (sud), a causé la mort d'un enseignant et de neuf enfants de 10 et 11 ans.
L'auteur, fils d'un policier en retraite, a été tué sur place. La tuerie, la pire jamais perpétrée en Turquie en milieu scolaire, avait coûté son poste au vice-ministre de l'Education.
Une autre avait eu lieu la veille dans la province de Sanliurfa (sud-est), où un ancien élève avait ouvert le feu dans son lycée, blessant 16 personnes, avant de se donner la mort.
Le président Recep Tayyip Erdogan a depuis érigé le sujet en priorité gouvernementale. "Lorsque nous examinons des attaques similaires dans le monde, en particulier celles perpétrées aux États-Unis, nous constatons que l'un des objectifs des auteurs est de terroriser la société", avait-il déclaré.
Millions d'armes en circulation
Il avait aussi annoncé des restrictions sur la possession d'armes. Selon une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation en Turquie, la plupart illégalement.
Les événements de mardi interviennent au lendemain de la signature, par les ministres de l'Éducation Yusuf Tekin et de l'Intérieur, d'un protocole de sécurité pour l'année scolaire qui a débuté lundi dernier.
Un véhicule de police près d'un lycée où un tireur a ouvert le feu, blessant 11 personnes avant d'être interpellé, à Turgutlu, à l'ouest d'Izmir, le 22 septembre 2026 en Turquie ( AFP / Ilker ERAY )
Mustafa Ciftci a souligné le déploiement de 31.000 agents pour la surveillance des établissements scolaires du pays. Il a également affecté de manière permanente des policiers à certains d'entre eux classés à haut risque, comme l'est celui de Turgutlu.
D'autres établissements se sont vus attribuer des agents de liaison de la police. Les unités chargées de la sécurité, de l'ordre public, des stupéfiants et des mineurs doivent effectuer des patrouilles régulières autour des écoles. Les cybercafés, salles de jeux et autres lieux fréquentés par les élèves feront l'objet d'inspections périodiques.
Les autorités entendent surveiller également les bus scolaires et les bâtiments abandonnés à proximité des écoles.

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