Les Bourses européennes sont attendues sur une note favorable lundi matin à l'entame d'une nouvelle semaine chargée en résultats d'entreprises mais qui sera également marquée par des indicateurs économiques de premier plan ainsi que par une réunion de la Réserve fédérale, autant d'éléments qui pourraient éclipser dans l'esprit des investisseurs les espoirs d'une désescalade du conflit au Proche-Orient.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien devrait gagner plus de 0,8% à l'ouverture. Le DAX à Francfort est quant à lui vu en hausse de 1,2% alors que le FTSE 100 de Londres devrait progresser plus modérément de 0,5%.
La séance du jour devrait rester relativement calme grâce à un agenda allégé aussi bien en micro-économie qu'en macro-économie et à la faveur d'une apparente cessation des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran.
Pour la deuxième nuit consécutive, l'Iran a été épargné par les bombardements américains, aucune frappe n'ayant été signalée dimanche par Téhéran. Cette "pause" dans les hostilités intervient alors que les Etats-Unis commenceraient à manquer de munitions, selon plusieurs médias américains.
De son côté, l'Iran n'a revendiqué aucune attaque contre ses voisins du Golfe alliés de Washington, et ces derniers n'ont fait état d'aucune alerte nocturne.
De la géopolitique aux banques centrales : les marchés pivotent
Ces derniers développements ne semblent toutefois pas avoir beaucoup d'impact sur les marchés financiers, dont les regards sont plutôt tournés vers la politique monétaire des grandes banques centrales dans l'attente des annonces prévues cette semaine de la Fed et de la Banque d'Angleterre (BoE) et de la Banque du Japon (BoJ).
La Réserve fédérale entame mardi une réunion de politique monétaire de deux jours qui devrait se solder par un statu quo sur les taux, selon les prévisions des analystes.
Les investisseurs seront néanmoins curieux de savoir comment la Fed envisage la trajectoire de ses prochaines décisions alors que l'inflation est susceptible de s'accélérer et l'économie de ralentir avec la récente remontée des cours du pétrole.
Dans ce contexte, les intervenants suivront avec un vif intérêt jeudi les chiffres de l'inflation PCE, la mesure préférée des prix de la Fed. Si un ralentissement de l'indice offrirait un véritable bol d'air aux marchés, tout chiffre supérieur aux attentes prouverait que l'inflation de fond reste tenace.
Toujours au chapitre macroéconomique, les premiers chiffres du PIB américain au titre du 2ème trimestre seront eux aussi publiés jeudi et le consensus table sur une petite accélération à 2,3% de l'activité après une hausse de 2,1% sur les trois premiers mois de l'année.
En Europe, la Banque d'Angleterre (BoE) emboîtera le pas de la Fed ce jeudi avec là encore un maintien des taux attendu à la clé, même si l'institution devrait conserver un biais plutôt restrictif dans son discours, une posture que devrait imiter le lendemain la Banque du Japon (BoJ).
Les "Big Tech" sous les feux de la rampe
Les marchés se préparent également à une avalanche de résultats trimestriels qui devraient encore une fois focaliser l'attention des investisseurs, avec notamment les géants des hautes technologies outre-Atlantique.
Les publications des poids lourds Meta et Microsoft, prévues mercredi soir, puis celles d'Amazon et Apple, programmées le lendemain seront particulièrement scrutées alors que les investisseurs se posent des questions sur la pertinence des niveaux d'investissements colossaux débloqués dans l'IA.
L'indice Nasdaq reste ainsi sur deux semaines consécutives de baisse.
Sachant que les 4 "Big Tech" représentent à elles seules près de 20% du S&P 500 et pas loin de 30% du Nasdaq Composite, toute surprise, dans un sens ou dans l'autre, risque d'impacter fortement les indices.
La semaine sera de loin la plus chargée de la saison des résultats américains avec un total de 177 composantes du S&P, dont 9 de l'indice Dow Jones comme Boeing, Coca-Cola et Chevron, qui publieront leurs comptes du 2ème trimestre.
Parmi les entreprises du S&P 500 ayant déjà publié leurs comptes trimestriels, 86% ont largement dépassé les attentes des analystes au niveau du bénéfice, ce qui dépasse les moyennes à respectivement 5 ans ( 78%) et 10 ans (76%).
Le marché pétrolier reprend logiquement son souffle avec le reflux des tensions géopolitiques et après son envolée des dernières semaines. Le baril de Brent, qui a désormais enfoncé le seuil psychologique des 100 USD, lâche 5,1% à 91,8 USD tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) chute de 5% à moins de 84,6 USD.
Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans - très corrélé aux perspectives d'inflation et donc aux coûts de l'énergie - suit le mouvement et cède 2,5 points de base à 4,6790%.
L'euro en profite pour retrouver un peu d'allant et avance de 0,2% pour se négocier à 1,1412 USD face au billet vert.
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