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Carrefour : un gros potentiel de hausse du cours
information fournie par Le Cercle des analystes indépendants 21/09/2023 à 09:36

Eric Galiègue
Eric Galiègue

Eric Galiègue

Phiadvisor Valquant

Directeur de la recherche

https://phi-advisor.com/fr/

Carrefour caddies (crédit photo : Flickr / L. Grassin )

Carrefour caddies (crédit photo : Flickr / L. Grassin )

Depuis 18 mois les cartes boursières sont redistribuées par le retour de l'inflation et des taux à des niveaux plus élevés. Parmi les secteurs favorisés par ces modifications profondes de contexte, on trouve le secteur de la distribution, qui a subi une longue période de contreperformance boursière. On peut envisager un retour à meilleure fortune du secteur de la distribution selon les arguments suivants :

1) Le secteur profite de la hausse des taux courts : il vend à ses clients quasiment à vue, et paye ses fournisseurs à 3 mois. Le placement de la trésorerie suffisait dans les années 70/80 à alimenter la croissance des BPA.

2) Les hard discounteurs perdent une partie de leur avantage concurrentiel : avec leur modèle de production quasi-intégrée, des marques propres très fortes, les hard-discounteurs pouvaient depuis les années 90 et l'arrivée de la faible inflation faire une pression toujours plus forte sur les marges brutes des fabricants en contrepartie de volumes. Ce schéma ne fonctionne plus. La hausse des coûts matières et autres frais annexes ne laisse aucune marge de manœuvre aux fabricants qui n'ont pas d'autre échappatoire que de miser sur les marques. Le différentiel prix entre les marques de distributeur et les marques nationales se réduisant, ces dernières peuvent regagner des parts de marché. C'est ce qui s'était vérifié lors de la dernière poussée inflationniste des matières premières des années 2011/2012.

3) Le modèle capitalistique du secteur avec des groupes cotés et des groupes non-cotés, la présence de franchisés disposant d'une large autonomie au sein d'enseignes nationales, conduisait à une concurrence féroce depuis 30 ans qui pesait sur les marges. Les groupes non-cotés qui se satisfaisaient d'une marge nette de 2% car ayant déjà amorti leur actif immobilier et leur fonds de commerce, sans besoin d'investir, doivent désormais jouer le même jeu que les groupes cotés.

4) Après une période de forte expansion à l'international (dans les années 90/ début 2000), dans le digital et le drive, les groupes de distribution ont retrouvé le chemin de l'épicerie de quartier et du commerce de proximité : avec la hausse des coûts de l'énergie le modèle d'hyper excentré marque le pas. Le secteur, ayant regagné des lettres de noblesse durant la période COVID, s'adapte aux changements de consommation sans chercher à faire que les consommateurs s'adaptent aux leurs.

5) Avec la recherche de petits prix l'hypermarché retrouve ses lettres de noblesse : en proposant des promotions permettant d'atténuer la pression sur le pouvoir d'achat, en relançant les rabais grâce à la carte de fidélité, les distributeurs partagent le coût de ces ristournes avec les producteurs qui arrivent à défendre ainsi leurs volumes au prix de moindres marges.

6) Au même moment, avec une globalisation qui marque le pas et des économies d'échelle qui n'ont jamais pu être vérifiées (d'autant plus que les marges arrières devenaient proscrites), la distribution revient sur les marques locales, qui lui permettent de disposer de marges plus élevées et de répondre aux attentes des consommateurs.

Nos algorithmes fondés sur de nombreux indicateurs d'inertie et de vitesse, ont parfaitement détecté la reprise des cours de l'indice sectoriel Stoxx 600 Retail. L'avant dernier signal stratégique a très précisément marqué le point bas du 3 octobre 2022, et le signal d'achat du 26 juin a confirmé le message initial.

ETF Lyxor Stoxx Europe 600 Retail UCITS ETF FCP depuis 2 ans

Source : Phiadvisor Valquant.

Source : Phiadvisor Valquant.

Alors que la consommation chinoise est une variable sur lequel le marché ne veut plus spéculer, la distribution alimentaire est essentiellement exposée aux marchés développés et profite de la hausse des taux en raison d'une trésorerie élevée. Elle retrouve ainsi un statut auprès des investisseurs :  c'est d'autant plus vrai que les choix sont réduits, en liaison avec le mouvement de fusions - acquisitions (voir aux USA Kroger/ Albertsons) ou de besoins de refinancement (Casino).

Il semble que la prudence des dirigeants en début d'année, en liaison avec les incertitudes autour de l'impact de l'inflation, de la pression sur le pouvoir d'achat des ménages, des questions de surstockage en lien avec les anciens problèmes d'approvisionnement de 2021/2022 ou les craintes de recessions, ont limité l'appétit des investisseurs. Au même moment, le marché restait obnubilé par le dynamisme des valeurs du secteur du luxe et par la distribution spécialisée qui permettait de parier sur un énième rebond chinois.

Aujourd'hui le marché se détourne du secteur du luxe et redécouvre progressivement les atouts de la distribution, et notamment de l'action CARREFOUR, qui nous semble détenir un gros potentiel boursier.

D'un point de vue fondamental, Les ventes de Carrefour, qui étaient passées de 88 Mds€ en 2008, à 71,7 Mds€ en 2021, ont retrouvé le chemin de la croissance, avec la perspective d'atteindre les 90 Mds€ en 2024…en partie grâce à l'inflation mais aussi à l'exécution de la stratégie du Président Bompard depuis 2017.

Le potentiel de rattrapage du cours de Bourse semble donc très important, comme le montre le graphique ci-dessous.

Source : Factset et Phiadvisor Valquant

Source : Factset et Phiadvisor Valquant

En effet, alors que les bénéfices prévus pour 2023 sont largement supérieurs au niveau du bénéfice anticipé en 2015, le niveau actuel des cours (16 à 17 €) est très inférieur à ceux pratiqués il y a 8 ans (25-30€)…En conséquence, le PER de CARREFOUR, à 8,7, est proche de ses plus bas historiques…

Nos algorithmes ont émis un signal d'achat stratégique sur CARREFOUR au début du mois d'aout, ce qui complète un diagnostic très favorable pour cette action.

Source : Phiadvisor Valquant

Source : Phiadvisor Valquant

Laurent Dubois, analyste financier Sfaf, associé de Phiadvisor Valquant
Eric Galiegue, analyste financier Sfaf, fondateur de Valquant, directeur de la recherche et associé de Phiadvisor Valquant

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4 commentaires

  • 02 octobre 08:57

    incitation a lachatDANGER ..........


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