A moins d'un mois du premier tour, prévu le 4 octobre, la présidentielle brésilienne commence à dicter la trajectoire des actifs locaux. Le rendement de l'emprunt d'Etat à dix ans est retombé autour de 14,21%, contre près de 14,90% le 14 août, tandis que le réal et l'Ibovespa ont également profité du resserrement des sondages.
Une enquête Quaest place désormais Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro à égalité, avec 41% des intentions de vote chacun au second tour. Le sondage BTG/Nexus accorde même au fils de l'ancien président une courte avance de 46% contre 45%, bien que cet écart reste inférieur à la marge d'erreur. Lula conserve néanmoins cinq points d'avance au premier tour.
Les investisseurs associent une éventuelle alternance à une politique budgétaire plus orthodoxe, même si tout ajustement significatif s'annonce difficile compte tenu de la rigidité des dépenses publiques et de la fragmentation du Congrès. Un tel virage paraît pourtant nécessaire : le déficit nominal approchait 10% du PIB sur douze mois en juin, tandis que la dette publique brute atteignait environ 82% du PIB, entretenant une importante prime de risque sur les actifs brésiliens.
La détente obligataire intervient également alors que l'économie commence à ralentir. Après une croissance de 1,1% au premier trimestre, le PIB n'a progressé que de 0,5% au deuxième, essentiellement grâce à l'agriculture ( 2,8%), tandis que la consommation des ménages a reculé de 0,4%.
Avec un taux directeur fixé à 14% et des taux réels parmi les plus élevés au monde, cet essoufflement pourrait permettre à la banque centrale de poursuivre prudemment son assouplissement monétaire, un processus susceptible de s'accélérer si le prochain gouvernement apporte davantage de crédibilité budgétaire.
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