Des cambistes devant des écrans au siège de la Hana Bank à Séoul le 28 juillet 2026. ( AFP / Jung Yeon-je )
Capitale des valeurs technologiques, la Bourse de Séoul chutait de nouveau mercredi, entraînée par une crise de confiance envers l'intelligence artificielle, alors que les places européennes étaient tiraillées entre bons résultats d'entreprises et hausse du pétrole.
Les marchés vivaient au rythme de la "rotation" des capitaux hors l'IA, en attendant les résultats de Microsoft et Meta, et la décision monétaire de la Réserve fédérale mercredi.
SK Hynix: les doutes plus forts que les méga-résultats
A Séoul, l'indice Kospi a perdu 6%, entraînée par la chute de SK Hynix (-9,61%).
Egalement coté depuis peu à New York, le géant sud-coréen des puces mémoires a annoncé un bénéfice net record en hausse de 1.242% sur un an au deuxième trimestre 2026.
Mais "il porte ses dépenses d'investissement vers le haut de la fourchette des 24 milliards d'euros, en restant muet sur la rémunération des actionnaires, ce qui suscite l'inquiétude des investisseurs", observe Josh Gilbert, du cabinet eToro, cité par Bloomberg.
Apple repasse devant Nvidia
A New York, Apple, le seul géant de la tech en retard sur l'IA, est redevenu cette semaine la première capitalisation boursière mondiale devant Nvidia (puces).
"La capitalisation boursière d’Apple se situe désormais juste en dessous de 5.000 milliards de dollars, tandis que celle de Nvidia est retombée à 4.770 milliards de dollars. C’est peut-être l’exemple le plus clair à ce jour de capitaux qui sortent des plus gros investisseurs en IA", relève l'analyste de Swissquote, Ipek Oskardaskaya.
Outre la crise de confiance sur la rentabilité de l'IA, les investisseurs redoutent l'offensive de la Chine à prix compétitifs.
Selon le site The Information, l'entreprise chinoise Shanghai Yuliangsheng a lancé la production industrielle de machines de lithographie par immersion dans l'ultraviolet profond (DUV).
Jusqu'ici exclusivement maîtrisée par le groupe néerlandais ASML (-2,96%), cette technologie permet de fabriquer des puces électroniques très puissantes.
"Selon Bank of America, la capacité chinoise à produire des machines DUV représente certes une avancée technologique importante, mais elle ne constitue pas, à ce stade, une menace existentielle pour ASML", tempère l'analyste John Plassard de Cité Gestion.
Volatilité en Europe
"Sur le plan microéconomique, la saison des résultats se déroule bien pour la plupart des entreprises américaines et européennes", relève Ipek Oskardaskay, de Swissquote.
"De l’autre côté de l’Atlantique, près d’un tiers des sociétés de l’indice S&P 500 ont déjà publié leurs résultats, et leurs bénéfices ont augmenté de près de 38%, bien au‑delà du taux de croissance de 23% anticipé par les analystes".
Ces bons résultats d'entreprises ont permis à l'Europe de commencer la journée en hausse, avant d'encaisser le rebond du pétrole.
A Paris vers 08H30 GMT, le CAC 40 (-0,42%) perdait le bénéfice des bons résultats de Kering (luxe, +11,02%).
A Francfort (-0,23%), la cote a été portée en début de séance par la première banque allemande Deutsche Bank (+4,38%) qui a publié des bénéfices records au deuxième trimestre grâce à sa branche investissement.
BASF (+3,03%) a annoncé mercredi le lancement en août d'un nouveau programme de rachat d'actions pouvant atteindre 1 milliard d'euros, dans le cadre d'un plan de retour aux actionnaires de 4 milliards d'euros d'ici 2028.
Milan (-0,19%) reculait également après une ouverture à la hausse portée par ENI (énergie, +4,79%). Seule Londres progressait (+0,24%) avec le rebond des pétrolières.
Remontée du pétrole
Vers 08H20 GMT, le Baril de Brent s'échangeait à 87,33 dollars (+3.85%), et le WTI américain remontait de 3,73% à 82,22 dollars.
L'armée américaine a annoncé avoir intercepté des missiles iraniens, puis lancé une attaque conjointe avec l'Arabie saoudite contre des milices pro-iraniennes en Irak, provoquant un nouveau bond des prix du pétrole.
En attendant Kevin Warsh
Enfin, les marchés mondiaux vivaient dans l'attente de la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale qui sera connue dans la journée.
"Les chiffres d’inflation de juin, plus rassurants qu’attendu, ainsi que les premiers signes de ralentissement du marché du travail, offrent à la Fed davantage de marge pour patienter. Au-delà de la décision, les investisseurs scruteront surtout le discours de Kevin Warsh", relèvent les analystes de Natixis.
En attendant, les taux d'emprunt américains à 10 ans affichaient un rendement de 4,61% contre 4,60% la veille.

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