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BLOCKCHAIN-Un démarrage prudent dans les banques, des usages encore limités
information fournie par Reuters 07/01/2019 à 07:00

 (Répétition sans changement de notre analyse diffusée vendredi)
    * Blockchain lancée fin 2017 pour l'échange d'identifiants
Sepa
    * Interrogations sur le déploiement généralisé de la
blockchain
    * La blockchain "n'est pas forcément la panacée"-dirigeant
de BNP
Paribas
    * Un projet à l'étude dans la BFI d'une grande banque
française-source

    par Matthieu Protard
    PARIS, 7 janvier (Reuters) - Si les banques ont commencé à
déployer la blockchain dans certaines activités, une
généralisation de cette nouvelle technologie dans le système
bancaire paraît encore difficile à envisager en raison de ses
capacités encore limitées pour gérer rapidement des volumes
importants de données et de transactions. 
    Tout le monde s'accorde à dire que cette technologie de
chaînes de blocs, qui repose sur la constitution d'un registre
décentralisé permettant de garantir à tout instant la sécurité
et la validation d'échanges de données et d'informations, recèle
un important potentiel, notamment en matière de réductions de
coûts dans les fonctions supports ("back office").
    Mais en raison des réglementations, comme en matière de
lutte contre le blanchiment d'argent ou de confidentialité des
données, ou des risques de réputation ou de cybersécurité, les
banques continuent d'avancer prudemment sur le sujet. 
    Elles cherchent aussi à s'épargner les foudres des
régulateurs qui, pour bon nombre d'entre eux, ne voient dans les
cryptomonnaies, friandes de blockchain pour se développer, que
de simples actifs financiers purement spéculatifs.  
    "Aujourd'hui, pour les systèmes de transactions financières,
avec des milliers d'opérations par minute ou par seconde, la
technologie blockchain n'est pas encore adaptée", explique
Thierry Bedoin, directeur de la transformation numérique de la
Banque de France.
    "Le temps nécessaire pour valider une opération sur une
blockchain est relativement long. Même si elle a un fort
potentiel, la blockchain a encore du mal à traiter de grandes
volumétries de façon performante. Mais la technologie avance
rapidement."
    
    Les grandes mutations du secteur bancaire français, selon
l'ACPR:
    
    "La blockchain est une technologie assez nouvelle, qui n'est
pas encore mature. Nous n'avons d'ailleurs toujours pas vu de
mise en production à grande échelle dans nos secteurs", analyse
de son côté Jacques Levet, responsable du transaction
banking pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique chez BNP
Paribas. 
    "2019 devrait être l'année de l'industrialisation avec un
certain nombre de systèmes 'live'."
    Selon une source proche du dossier, une banque française
envisagerait prochainement de déployer la blockchain dans
l'ensemble de sa banque de financement et d'investissement. 
    Dans une étude publiée en mars 2018 https://acpr.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/as_88_etude_revolution_numerique_secteur_bancaire_francais.pdf,
 l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a
regroupé les usages possibles de la blockchain dans trois
catégories: les processus internes, les processus partagés et
les transactions.
    
    Les cas d'usage possibles de la blockchain dans le secteur
bancaire, selon l'ACPR:
    
    PLATE-FORME BLOCKCHAIN DANS L'INTERBANCAIRE
    Des initiatives et projets de Place existent néanmoins. Et
certaines blockchains fonctionnent d'ores et déjà dans la sphère
financière. 
    La Banque de France a ainsi lancé fin 2017 le projet 'Madre'
qui utilise la blockchain dans le système interbancaire pour
permettre l'échange d'identifiants de paiements Sepa (single
euro payments area) entre établissements bancaires. 
    Des compagnies pétrolières, des sociétés de négoce et des
banques ont aussi lancé en septembre dernier une plate-forme
basée sur la blockchain pour effectuer des transactions sur le
brut. 
    Nommée Vakt, cette plate-forme a été créée l'an dernier par
les géants pétroliers BP  BP.L  et Royal Dutch Shell  RDSa.AS ,
le groupe énergétique norvégien Equinor, les sociétés de négoce
d'énergie Mercuria Energy Group et Koch Supply and Trading,
ainsi que Gunvor Group.
    Les banques ABN Amro  ABNd.AS , ING  INGA.AS  et Société
générale  SOGN.PA  figurent aussi parmi ses
actionnaires. 
    "Le financement des matières premières est un secteur assez
naturel pour y développer des blockchains privées car c'est un
domaine où les banques ont l'habitude de fonctionner en 'pool'",
analyse Olivier Fliche, directeur du pôle Fintech-Innovation à
l'ACPR.
    Mais les banques françaises ne sont pas encore mûres pour en
généraliser l'utilisation dans l'ensemble de leurs activités.   
    "Grâce à notre première expérience Madre, nous avons pu nous
familiariser avec la technologie blockchain pour un cas d'usage
où elle est bien adaptée. Mais aujourd'hui, il est trop tôt pour
envisager un projet de blockchain dans les infrastructures de
marché", dit ainsi Thierry Bedoin.
    "On reste dans un schéma où les acteurs se font confiance",
poursuit Olivier Fliche à propos de Madre. "Ils se mettent
d'accord sur une gouvernance dans laquelle les banques vont
confier à la Banque de France le rôle qu'elle a toujours eu:
contrôler et fiabiliser l'information contenue dans le registre
distribué."
    L'avenir de la blockchain dans l'univers bancaire dépend
aussi du schéma de technologie choisi. 
    Les initiatives existantes privilégient en effet la
technologie de blockchain privée réputée plus sécurisée et plus
fiable que la blockchain publique qu'utilise notamment le
bitcoin.
    
    LA BLOCKCHAIN, UN "BUZZWORD"
    "Actuellement, 90% de la réflexion des banques sur la
blockchain relèvent du domaine de la blockchain privée", fait
remarquer Olivier Fliche. "Les banques traditionnelles sont
soumises à des contraintes réglementaires, notamment dans la
lutte contre le blanchiment, et tiennent à leur réputation.
Elles peuvent donc avoir quelques réticences à aller sur la
blockchain publique."
    L'absence de cadre juridique et réglementaire clair autour
de la blockchain peut aussi expliquer cette prudence des
établissements financiers.
    "Il faut faire attention à ne pas être pris dans
l'engouement autour de la blockchain. Il ne faut pas mettre de
la blockchain partout, il faut en mettre là où c'est utile",
prévient Jacques Levet. "C'est actuellement un véritable
'buzzword' (mot à la mode, ndlr). Il ne faut pas se dire que
cette technologie va tout résoudre. Ce n'est pas forcément la
panacée."
    Fin octobre, une dizaine de banques, dont HSBC  HSBA.L ,
Standard Chartered  STAN.L  et BNP Paribas  BNPP.PA , ont lancé,
avec le soutien de la banque centrale de Hong Kong, eTrade
Connect, une plate-forme financière basée sur la blockchain qui
permet de réduire les délais de traitement de demandes de prêts
commerciaux.  
    "C'est une technologie qui présente un immense potentiel
dans un nombre important d'activités bancaires comme le 'trade'
(commerce international) ou le 'cash' (gestion de trésorerie)",
explique Frédéric Levet. "Elle a notamment la capacité
d'apporter de la transparence, de la sécurité, de la rapidité et
de l'efficacité opérationnelle avec également à la clé des
économies substantielles dans la réconciliation d'informations
par exemple."
    En Chine, les autorités s'inquiètent des risques de bulle
financière autour de la blockchain. Et la Banque populaire de
Chine a ainsi relevé dans un rapport publié en novembre un
certain nombre d'irrégularités dans les investissements et le
financement liés à cette technologie.  

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
BLOCKCHAIN-Un démarrage prudent dans les banques, des usages
encore limités    https://tmsnrt.rs/2GOe7ao
BLOCKCHAIN-Un démarrage prudent dans les banques, des usages
encore limités    https://tmsnrt.rs/2GQGzs7
RPT-ECLAIRAGE-Le bitcoin fête ses 10 ans dans la tourmente   
 
Le négoce de pétrole s'ouvre à son tour à la blockchain   
 
HSBC, StanChart, BNP et d'autres lancent une blockchain à Hong
Kong      
BLOCKCHAIN-La Chine s'inquiète des risques financiers   
 
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Edité par Jean-Michel Bélot)
 

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