(Zonebourse.com) - Marsh, acteur mondial dans le conseil et les services professionnels, publie les résultats de son baromètre mondial 2026 des détenteurs d'actifs (Global Asset Owner Barometer 2026). Il révèle que de nombreux investisseurs institutionnels ajustent significativement leurs portefeuilles face à l'incertitude géopolitique, à la persistance de l'inflation et à l'évolution du contexte d'investissement.
Ce baromètre recueille l'avis de 430 investisseurs institutionnels mondiaux représentant plus de 5,76 billions de dollars US d'actifs sous gestion. L'échantillon comprend des investisseurs institutionnels (fonds de pension, assureurs, fonds souverains, fonds de dotation et fondations) ainsi que des gestionnaires de fortune (wealth managers, banques privées, family offices), répartis dans 25 pays en EMEA (42%), en Asie-Pacifique (28%) et en Amérique du Nord (30%). L'étude a été réalisée via une enquête en ligne par CoreData Research de juin à juillet 2026.
Selon les conclusions de l'enquête, près de la moitié (48%) des investisseurs interrogés ont revu leur exposition géographique au cours des 12 derniers mois, tandis que plus d'un tiers ont réduit le risque global de leur portefeuille (37%) et accru leurs liquidités (38%).
"Cette étude intervient alors qu'on assiste à une hausse historique des dépenses en capital consacrées aux infrastructures liées à l'IA, aux centres de données et aux semi-conducteurs - une transformation qui stimule déjà les bénéfices", déclare Niall O'Sullivan, directeur international des investissements, Marsh Investissements et Retraite. "Le capital se déplace à la recherche d'une véritable diversification, d'une protection contre l'inflation et de flexibilité."
Un peu plus de la moitié (51%) des investisseurs interrogés prévoient d'augmenter leurs allocations aux infrastructures au cours des 12 prochains mois. Les actifs indexés sur l'inflation et les actions des marchés émergents gagnent également du terrain, avec respectivement 41% et 47% des répondants qui envisagent d'augmenter leur exposition.
La variation annuelle la plus marquée dans les intentions par classe d'actifs concerne les liquidités. 38% des répondants prévoient d'augmenter leurs allocations au cours de l'année à venir, contre 9% en 2025.
"Ces évolutions suggèrent que les investisseurs institutionnels adoptent délibérément une stratégie en barbell*. Elles renforcent la protection contre les baisses et la diversification, tout en conservant la flexibilité nécessaire pour saisir les opportunités de marché", relève Niall O'Sullivan. "Pour y parvenir efficacement, les investisseurs ont besoin de plus que de bonnes idées : ils ont besoin de conseils et de solutions intégrées qui transforment la stratégie en action, à l'échelle des marchés, du risque, de la liquidité et des objectifs de rendement à long terme."
Les investisseurs deviennent plus sélectifs
L'exposition aux marchés privés est quasi universelle parmi les 430 investisseurs interrogés : 96% déclarent avoir des allocations dans les marchés privés, contre 80% en 2025.
Toutefois, l'intérêt pour la dette privée et le private equity s'est replié par rapport aux niveaux de l'an dernier. Un peu plus d'un tiers (34%) des investisseurs prévoient d'augmenter leurs positions en dette privée cette année, contre 48% en 2025.
Si l'accès aux marchés privés s'est élargi, les investisseurs deviennent aussi plus sélectifs ; 44% indiquent maintenir le rythme avec davantage de discernement, les valorisations restant le facteur le plus déterminant dans le déploiement de capital, cité par près de la moitié (47%) des répondants.
"Les marchés privés sont devenus plus faciles d'accès, mais plus difficiles à gérer. Les valorisations sont élevées, la concurrence pour les actifs s'est intensifiée, et le succès dépend désormais d'une expertise approfondie des transactions plutôt que simplement de la capacité à déployer des capitaux", déclare Garvan McCarthy, directeur des investissements d'actifs alternatifs, Marsh Investissements et Retraite. "La prochaine phase récompensera les investisseurs capables de rythmer leurs engagements, de maintenir une discipline de souscription et de comprendre comment chaque exposition affecte la liquidité et le risque global du portefeuille."
Boutros Thiery, directeur des Investissements de Marsh Investissements et Retraite en France constate les mêmes dynamiques de forte réallocation en France compte tenu du contexte évoqué au niveau mondial : "L'incertitude et la volatilité constatées sur les marchés cotés, combinées au recul des distributions sur les marchés privés, ont aussi conduit plusieurs catégories d'investisseurs à s'intéresser à nouveau au segment des Hedge Funds, qui bénéficient, pour les meilleurs gérants, d'un contexte fertile pour déployer leur savoir-faire et apporter de la diversification et d'autres sources de valeur ajoutée à un portefeuille global."
L'investissement dans l'IA au sein des modèles opérationnels progresse plus vite que la gouvernance
La gouvernance autour de l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) ne suit pas le rythme de son importance stratégique croissante dans les opérations des investisseurs institutionnels. Près d'un répondant sur trois (32%) déclare que l'IA est utilisée par endroits sans gouvernance mature, alors que 23% sont encore en train d'élaborer des politiques et de mener des expérimentations limitées. Seuls 13% disposent de politiques d'IA à l'échelle de l'entreprise avec des cas d'usage d'investissement définis.
Malgré cela, les dépenses liées à l'IA augmentent rapidement. En effet, 58% des investisseurs interrogés déclarent que les outils d'IA sont une priorité d'investissement en capital au cours des 12 prochains mois, devant la gestion des données (46%) et les systèmes de risque (33%).
Le risque géopolitique est la principale préoccupation à court terme ; la technologie domine les perspectives à plus long terme
Les forces qui façonnent les décisions à court terme diffèrent de celles qui déterminent la conception des portefeuilles à long terme. Le risque géopolitique est la principale préoccupation citée à court terme, jugée "significative" par 75% des investisseurs pour les 12 prochains mois, suivi de l'inflation (73%) et des perturbations liées à l'IA ou à la technologie (73%).
En revanche, sur un horizon de cinq à dix ans, 83% des répondants estiment que la technologie, l'automatisation et les perturbations plus larges constitueront des facteurs majeurs, tant pour les opportunités d'investissement que pour les risques. Il s'agit du niveau le plus élevé parmi les tendances structurelles étudiées.
"A court terme, le risque géopolitique et l'inflation orientent les décisions, tandis qu'à plus long terme, la technologie et les perturbations plus larges devraient avoir un impact plus important sur les sources de rendement", déclare Deborah Wardle, directrice internationale des investissements, Marsh Investissements et Retraite. "Rester résilient nécessitera de gérer les risques déjà présents dans les portefeuilles, tout en remettant en question certaines hypothèses qui pourraient ne plus tenir dans un marché davantage perturbé."
*Note : La stratégie barbell (ou stratégie en "haltère") est une méthode de gestion de portefeuille qui consiste à investir aux deux extrêmes du spectre de risque, en évitant le milieu. Cette approche permet de se protéger contre les baisses tout en gardant du cash disponible pour saisir rapidement des opportunités.
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