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ANALYSE-La saga Telecom Italia connaîtra d'autres rebondissements
information fournie par Reuters19/11/2018 à 15:08

    * La bataille d'actionnaires entre Vivendi et Elliott
s'intensifie
    * Luigi Gubitosi, soutenu par Elliott, désigné
administrateur
délégué 
    * Vivendi, premier actionnaire de TIM, a voté contre
    * Amos Genish, révoqué mardi, appelle à un vote des
actionnaires
    * La scission des réseaux fixes au coeur du bras de
fer-sources

    par Agnieszka Flak 
    MILAN, 19 novembre (Reuters) - La nomination de Luigi
Gubitosi à la tête de Telecom Italia (TIM)  TLIT.MI  ouvre en
théorie la voie à la stratégie défendue par le fonds Elliott
Management mais, dans la pratique, les rebondissements
pourraient encore être nombreux, estiment des sources au sein de
l'opérateur italien et des spécialistes du dossier.
    La manière de relancer une entreprise sous-performante -
dont la valeur boursière a chuté de 27% rien que cette année -
et l'avenir de ses réseaux de téléphonie fixe sont au coeur du
bras de fer entre le fonds activiste et le groupe français de
médias Vivendi  VIV.PA , premier actionnaire de Telecom Italia
avec 24% du capital.
    L'issue de la bataille décidera à la fois de l'avenir de TIM
et de la capacité de l'Italie à surmonter la fracture numérique
qui la sépare des autres grandes économies européennes.
    Le nouvel administrateur délégué, soutenu par Elliott, a été
désigné dimanche soir à la majorité du conseil d'administration.
Vivendi  VIV.PA  a voté contre, comme il s'était opposé à la
révocation sans ménagement, mardi, de son homme de confiance
Amos Genish qu'il avait placé l'an dernier à la tête du groupe.
 
    Elliott, qui a pris le contrôle du conseil en mai dernier, a
préconisé la scission des lignes fixes de l'opérateur (NetCo) et
la vente d'autres actifs. Amos Genish, qui reste administrateur
de TIM, souhaitait que le groupe garde le contrôle du réseau,
jugé stratégique à la fois pour le déploiement de services
mobiles de cinquième génération (5G) et pour la survie des
activités dans les services.
    Elliott a un allié dans le gouvernement italien issu des
élections de juin, qui a donné la priorité à la création d'un
réseau à haut débit unique pour que l'Italie rattrape son retard
numérique.
    Un nouveau projet d'amendement à un décret fiscal
gouvernemental, consulté par Reuters vendredi, vise à faire
avancer le projet via des incitations à jumeler le réseau de TIM
avec son concurrent plus petit Open Fiber.
    "Toutes les planètes sont alignées, il s'agit d'un énorme
projet et il faut le poursuivre, on ne peut pas dire qu'on ne le
fera pas car il y a des risques", a déclaré à propos d'Amos
Genish une source au fait du dossier.
    Amos Genish, qui est favorable à l'idée d'un réseau unique à
condition que TIM contrôle l'entité fusionnée, a dit à Reuters
qu'il resterait au conseil d'administration "pour se battre et
défendre" les droits des actionnaires.
    Il a déclaré dimanche qu'il chercherait des soutiens pour
que les actionnaires soient convoqués en assemblée générale dès
que possible afin de se prononcer sur la stratégie qu'ils
préfèrent : la sienne, axée sur la croissance organique, ou une
stratégie qui, selon lui, entraînerait un "démantèlement de
TIM".   
    
    "ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL DYSFONCTIONNEL"
    Ancien dirigeant de l'opérateur télécoms Wind et aujourd'hui
commissaire désigné par l'Etat au sein de la compagnie aérienne
en difficultés Alitalia, Luigi Gubitosi siégeait déjà au conseil
de TIM comme administrateur indépendant sur proposition du fonds
Elliott. Il était de ce fait bien placé pour négocier avec Rome
une éventuelle scission de TIM et une fusion avec Open Fiber.
    A l'issue de la réunion du conseil d'administration qui a
scellé sa nomination, il a fait valoir que TIM jouissait d'une
grande histoire et d'une grande expertise qui lui permettraient
de "remporter les défis du marché, de doper la génération de
trésorerie, de réduire la dette et d'étudier avec soin et
célérité le projet de création d'un réseau unique".
    Mais, comme en témoignent les turbulences qui secouent le
conseil depuis six mois, il ne sera pas facile de faire lui
faire approuver la scission du réseau et la fusion avec son
concurrent.
    Amos Genish décrit l'environnement de travail au sein de TIM
comme "totalement dysfonctionnel", ajoutant que plusieurs
administrateurs ont fait campagne contre lui depuis le premier
jour.
    "C'était totalement contreproductif et il existait une
incertitude permanente vis-à-vis de ma position", a-t-il déclaré
à Reuters.
    Amos Genish était engagé dans la mise en oeuvre d'un plan
stratégique à trois ans, approuvé par Elliott et Vivendi en mai,
visant à se concentrer sur la transformation numérique de
l'opérateur et sur l'assainissement de ses finances. 
    Certains administrateurs préféraient cependant le projet
d'Elliott, estimant que celui d'Amos Genish était "obsolète", a
déclaré une source. 
    Le nouvel administrateur délégué de TIM a fait campagne pour
obtenir le poste contre un autre directeur soutenu par Elliott,
selon trois sources, signe qu'il pourrait subsister des
rivalités en interne. Sollicité, Luigi Gubitosi n'a pas répondu
à une demande de commentaire à ce sujet.  
    Le projet d'amendement du gouvernement stipule que la
création d'une seule infrastructure fixe devra se faire sur une
base consensuelle. Cela signifie que Vivendi devra donner son
accord. 
    Le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine
estimait cependant, avant que Rome ne dévoile son projet, qu'une
scission complète du réseau serait de la "folie". 
    Le groupe français a déclaré cette semaine qu'il n'avait
aucune intention de céder sa participation dans TIM. La bataille
avec Elliott devrait donc s'intensifier dans les mois à venir.
    
    ACTIF PARFAIT?
    NetCo, l'entité qui regroupe les réseaux de TIM, est
valorisée jusqu'à 15 milliards de dollars, selon les estimations
des analystes. 
    Elliott estime qu'une scission de cette entité permettrait
de dégager jusqu'à sept milliards d'euros, d'attirer de nouveaux
investisseurs et de favoriser une réévaluation du titre. Cela
permettrait à TIM de réduire en partie son énorme dette de 25
milliards d'euros.  
    Avec un réseau unique, l'Italie envisage de mettre en place
un mécanisme de rétribution sur les investissements réalisés,
baptisé base d'actifs régulés (RAB). 
    "Cette importante modification fait de NetCo le meilleur
actif en matière d'infrastructure que les investisseurs
adorent", a déclaré une source, ajoutant qu'un RAB permettrait à
Netco de se traiter à un multiple de 10-12 fois son Ebitda,
comme Snam  SRG.MI  ou Terna  TRN.MI , alors que TIM est
actuellement valorisé à seulement 4,6 fois, selon Refinitiv.
    Faute de modèles de réseaux réglementés par le RAB en
Europe, la mise en place d'un tel cadre pourrait prendre au
moins 18 mois, fait valoir un opposant au projet, ajoutant que
la fragilité de la coalition au pouvoir en Italie pourrait
compliquer encore sa mise en oeuvre.
    L'Italie se classe au 25e rang des 28 Etats membres de l'UE
en termes d'adoption de l'internet ultra rapide, ce qui suscite
des interrogations sur la rentabilité d'un déploiement massif du
haut débit.
    La direction de TIM a expliqué que les calculs d'Elliott
concernant les flux de trésorerie et les dividendes des services
aux opérateurs étaient trop optimistes et qu'une scission de
NetCo risquait de déboucher sur un groupe affaibli, sans les
avantages financiers dont bénéficient les opérateurs télécoms à
intégration verticale, mettant potentiellement en danger des
milliers d'emplois.
    "Ils n'ont aucune idée de ce à quoi ils sont confrontés. Si
ce n'est pas bien fait, ce sera un suicide financier", a prévenu
une source.
    Une source du secteur a déclaré qu'un opérateur de réseau
unique avait du sens d'un point de vue industriel et financier,
mais que les intérêts opposés d'Elliot, de Vivendi et de l'Etat
rendaient la situation très complexe.
    
    * Voir aussi
    BREAKINGVIEWS-Telecom Italia's new boss faces old challenges
 

 (Dominique Rodriguez et Claude Chendjou pour le service
français, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur et Benoît Van
Overstraeten)
 

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