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Analyse graphique: pourquoi le CAC 40 pourrait bien rebondir, selon Portzamparc
information fournie par Zonebourse 02/10/2026 à 16:11

Désormais passé sous les 8 000 points, le CAC 40 montre certes quelques signes de faiblesse, mais pourrait se rapprocher d'un point de retournement, à en croire Alexandre Le Drogoff, responsable de l'analyse technique chez Portzamparc. Alors que l'indice parisien s'apprête à boucler une 7e semaine de baisse sur 8, l'expert décrypte avec Zonebourse les signaux graphiques à surveiller et les secteurs susceptibles de tirer leur épingle du jeu en cas de rebond.

Zonebourse : Le CAC a enfoncé cette semaine le seuil psychologique des 8 000 points puis brièvement sa zone de support immédiat à 7 850 points. Cette séquence négative valide-t-elle un changement de tendance radical de l'indice phare sur le moyen terme ?

Alexandre Le Drogoff : L'environnement technique est particulièrement faible sur l'indice parisien. Toutefois, le pire n'est pas certain ! Plusieurs éléments techniques militent en faveur de la formation d'un creux significatif sur les niveaux actuels. Quels sont-ils ? D'une part, nous pouvons constater qu'il est rare d'assister à une telle succession de semaines de baisse. Il faut remonter à 1998 et 1994 pour trouver des séquences de baisse ayant duré si longtemps, sans le moindre rebond. Cette cadence baissière est donc appelée à s'épuiser. D'autre part, la dynamique baissière du CAC 40 n'est aujourd'hui pas confirmée par les autres indices de référence tels que le S&P 500 ou encore l'EuroSTOXX 50.

Cette observation fait directement référence à la théorie de Dow : pour qu'un marché baissier soit durable, il faut qu'il se généralise. A ce jour, il n'y a pas de diffusion de la contagion. Enfin, j'invite les investisseurs à également regarder le CAC 40 dividendes réinvestis. Celui-ci a touché ce jeudi la borne basse d'un canal ascendant moyen terme vers 26 000 points. L'atteinte de cette zone appelle à la formation d'un bottom significatif voire majeur. En termes de profil risque/rendement, il me paraît intéressant d'être "contrarien" sur ces niveaux pour un investisseur de long terme, tout en veillant à respecter les règles fondamentales de money management (diversification, exposition raisonnable ou encore gestion du stop-loss).

ZB : En cas d'accélération de la baisse, quels sont les prochains niveaux de soutien clés à surveiller ? Un retour vers les planchers annuels, situés vers 7 500 / 7 600 points, doit-il être envisagé ?

ALD : Dans le cas où le marché parisien enfoncerait à la baisse les niveaux actuels et donc sortirait par le bas de son canal ascendant, il serait exposé à une faiblesse vers les points bas de mars 2026 vers 7 520 points. Avec un support intermédiaire vers 7 680 points.

ZB : Dans quelle mesure la récente tension sur les taux souverains impacte-t-elle la structure graphique de l'indice ?

ALD : Tout d'abord, il convient de formuler un premier constat. Ces dernières années, la normalisation monétaire opérée par les banques centrales a conduit au retour du traditionnel phénomène d'arbitrage entre marchés actions et marchés obligataires qui prévalait avant la crise 2008. Il n'est donc aujourd'hui pas incompatible d'assister à une poursuite de la hausse des marchés actions et des taux souverains élevés.

Sur l'aspect purement technique et sur la base de la théorie des vagues d'Elliott, je situe les taux souverains occidentaux dans une vague 5, soit le dernier mouvement haussier qui devrait compléter ce cycle de hausse débuté en 2020. Les prochains trimestres devraient voir apparaître un apaisement des tensions obligataires avec un rendement américain à 10 ans qui pourrait refluer vers 4,80%-4,60%.

ZB : Observez-vous de premiers signaux de résistance encourageants sur certaines valeurs, ou les titres liés à la consommation et au luxe continuent-ils de peser trop lourd sur la tendance ?

ALD : Pour le moment, je n'observe pas de changement de tendance ni sur le luxe ni sur la consommation. Ces secteurs restent "techniquement" en tendance baissière aussi bien en absolu et en relatif (contre l'indice Euro STOXX). D'une manière générale, ces secteurs pourraient moins profiter de la hausse en cas de rebond des marchés. Côté valeurs de cet univers, le titre Carrefour ou encore le brasseur belge AB InBev présentent des structures graphiques intéressantes de redressement (recovery) aussi bien en absolu qu'en relatif. Les secteurs à favoriser en relatif pour les prochaines semaines me semblent encore être les secteurs bancaire et pétrogazier ou, dans une moindre mesure, la tech européenne avec le néerlandais ASML qui bénéficie de vents porteurs en relatif.

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