Depuis le temps que je répète que la géopolitique est d’une importance capitale !!! Bonne lecture. Info : meilleurtaux de ce jour.
D’ailleurs pour moi : Après les puces et les logiciels, les centres de données s’imposent comme l’autre grand terrain de bataille de l’intelligence artificielle.
RESUME : L’administration Trump interdit les derniers modèles de Claude, l’IA d’Anthropic, aux non-Américains. Claude serait devenu trop dangereux. Et l’Europe va découvrir le prix de son extrême dépendance. Plus que jamais, l’IA n’est pas seulement une révolution technologique. C’est aussi un actif stratégique.
COMME TOUT ACTIF STRATÉGIQUE… il est surveillé par les États, encadré par les régulateurs et potentiellement verrouillé par des décisions politiques. Anthropic a donc dû suspendre ce week-end l’accès à ses modèles Fable 5 et Mythos 5 après une directive américaine visant les ressortissants étrangers. Le motif officiel tient en deux mots : sécurité nationale. Washington redoute en effet que ces modèles très puissants puissent être utilisés pour contourner des protections, identifier des failles informatiques et amplifier les cyberattaques.
UN
RISQUE SOUS-ESTIMÉ Pour le grand public, l’affaire peut sembler très technique. Pour les marchés, elle est centrale. Depuis deux ans, la Bourse valorise l’IA comme une machine de croissance mondiale, capable de se diffuser partout, rapidement et massivement. Cette hypothèse vient d’être fragilisée. En effet, si les modèles les plus puissants deviennent soumis à autorisation, alors leur commercialisation internationale devient moins prévisible. Avec, à la clé, une promesse de croissance potentiellement ralentie par une décision administrative. C’est exactement le type de risque que les marchés ont tendance à sous-estimer quand une thématique devient trop consensuelle.
FIN DE L’INNOCENCE Pour les Européens, l’IA américaine reste omniprésente, mais elle n’est pas neutre. Elle dépend d’infrastructures américaines, de règles américaines et d’arbitrages américains. Le tacle de Washington pourrait accélérer la demande pour des solutions souveraines en Europe, en Asie et au Moyen-Orient. On pense bien sûr à Mistral en France. Mais sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres, il est grand temps de se réveiller.
BIENTÔT LE CHOC BOURSIER ? L’enjeu dépasse Anthropic : si ce précédent politique s’étend à d’autres modèles américains comme ChatGPT, les marchés devront revoir une partie de leurs hypothèses de croissance. Moins de liberté d’accès signifie moins de visibilité sur les revenus. Moins de visibilité signifie une prime de risque plus élevée. Une prime de risque plus élevée signifie des valorisations plus vulnérables. Voire une correction (un krach ?) de l’univers IA en Bourse. En tout cas, lorsque la politique entre dans une bulle, la psychologie des investisseurs peut très vite changer !
UN SYMBOLE FORT En matière de souveraineté numérique justement, la DGSI vient de faire un choix stratégique. Elle rompt son contrat avec le géant américain Palantir, au profit du français ChapsVision. Créée en 2019 par Olivier Dellenbach, ChapsVision veut devenir un champion européen de la data et de l’IA. Le Palantir européen, en somme. En cinq ans, l’entreprise a réalisé 27 acquisitions dont des spécialistes de l’investigation, de l’interception, de la traduction par IA et de la recherche intelligente. L’ambition est claire : offrir une alternative crédible aux géants américains dans les secteurs les plus sensibles. Défense, renseignement, sécurité, justice, santé... Ces domaines manipulent des données critiques. Notre dépendance à des technologies étrangères représente donc un risque majeur…
LA
BULLE DE L’IA Une bulle ne naît pas forcément parce qu’une technologie est inutile. On se souvient de la bulle internet, qui a éclaté avant son adoption massive. Une bulle peut naître parce qu’une technologie est réellement utile, mais valorisée comme si rien ne pouvait freiner son adoption. En l’occurrence, l’IA est une révolution industrielle majeure, mais cette révolution a un coût colossal, une consommation énergétique immense, une dépendance extrême aux puces avancées et une exposition directe aux décisions politiques américaines. Et l’épisode Claude montre qu’il sera désormais déterminant de savoir qui aura le droit d’y accéder, dans quel pays, à quel prix et sous quelles conditions.
W&S