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Retour au sujet ORANGE

ORANGE : Telefonica a eu tort de vendre ses pylones

02 nov. 2026 08:26

L'action de l'opérateur télécom espagnol Telefonica a chuté de plus de 7 % le lundi 26 octobre 2026, plombée par une dégradation de la banque d'affaires J.P. Morgan, qui a abaissé sa recommandation de « neutre » à « sous-pondérer »

Les risques de dette de Virgin Media O2 (VMO2)
Un endettement global supérieur à la moyenne sectorielle
Le coût des baux et l'inflation : Les contrats de location représentent 21 % de l'EBITDA de Telefonica et pèsent fortement sur la rentabilité en raison de leur nature inflationniste.
Un risque d'augmentation de capital
L'instabilité politique au Brésil

6 réponses

  • 02 novembre 2026 08:27

    les contrats de location (baux) représentent un poids considérable de 21 % dans l'EBITDA de Telefonica, ce qui constitue l'un des points d'alerte majeurs soulevés par J.P. Morgan.
    Dans le secteur des télécommunications, cette situation s'explique par plusieurs facteurs clés :
    • L'externalisation des infrastructures : Pour réduire leur dette faciale et récupérer des liquidités, de nombreux opérateurs (dont Telefonica) ont vendu leurs pylônes de communication et leurs centres de données à des sociétés de gestion d'infrastructures (comme Cellnex), pour ensuite les louer.
    • L'impact de l'inflation : Ces contrats de location à long terme sont généralement indexés sur l'inflation. Dans un contexte de vie chère, le coût de ces baux augmente automatiquement, ce qui ronge les marges opérationnelles.
    • La rigidité financière : Contrairement à d'autres dépenses opérationnelles que l'on peut réduire en temps de crise, les baux de pylônes et de réseaux sont des coûts fixes incontournables pour faire fonctionner le réseau.


  • 02 novembre 2026 09:20

    Bravo Orange.


  • 02 novembre 2026 10:19
    02 novembre 2026 09:20

    Bravo Orange.

    Merci !
    Et l'Alliance Satellite, si elle se concrétise avec certains opérateurs Européens, devrait apporter une certaine souveraineté, sécurité (et PV). A suivre...


  • 02 novembre 2026 10:36

    La compta c'est compliqué 😂

    Dans la comptabilité et la communication financière d’Orange Telecom, les baux d’infrastructures (locations de pylônes mobiles dits "TowerCos", sites Internet de centraux, baux de bâtiments techniques ou de réseaux) ont un statut très particulier : ils sont réintégrés sous forme de charges afin de neutraliser l'impact de la norme IFRS 16.
    En d'autres termes, les contrats de location d'infrastructures sont artificiellement exclus de l'EBITDA standard (ce qui le gonfle), mais Orange les déduit immédiatement via son indicateur maison, l'EBITDAaL (EBITDA after Leases), pour refléter le coût opérationnel réel de son réseau.


  • 02 novembre 2026 10:45

    Si ça vous parle 😂 La compta c'est pas facile

    Pour redonner aux investisseurs une vision transparente de sa rentabilité opérationnelle, Orange utilise l'EBITDAaL comme principal indicateur de performance (sa guidance clé auprès des marchés).
    Pour passer de l'EBITDA standard à l'EBITDAaL, Orange effectue le retraitement suivant : EBITDAaL = EBITDA standard} - Amortissements des droits d'utilisation - Intérêts financiers sur baux

    Ce retraitement permet de réinclure l'impact économique des baux d'infrastructures au cœur de la marge opérationnelle, comme si les loyers étaient toujours des charges d'exploitation classiques.

    L'écart entre l'EBITDA d'Orange et son EBITDAaL chiffre l'impact annuel de ces baux d'infrastructures et immobiliers. L'EBITDAaL s'est établi à 12,47 milliards d'euros, porté par une dynamique commerciale robuste qui a d'ailleurs conduit le groupe à rehausser ses objectifs de croissance d'EBITDAaL à plus de 4,5 %.
    Sans la correction apportée par l'EBITDAaL, l'analyse d'Orange serait biaisée : un recours massif à la location de pylônes (au lieu d'en être propriétaire) ferait bondir son EBITDA au détriment d'une explosion de sa dette financière de réseau, faussant la rentabilité réelle de l'opérateur.


  • 02 novembre 2026 10:50

    L'enveloppe globale de près de 900 millions d'euros englobe toutes les locations immobilières et techniques d'Orange :
    • Les milliers de terrains ruraux et toits d'immeubles urbains loués pour y poser des antennes.
    • Les baux commerciaux pour son réseau de boutiques.
    • Les locaux tertiaires (sièges régionaux, bureaux).
    • Les nœuds de raccordement et centraux techniques.
    Sur cette somme, on estime que les loyers d'infrastructures de réseaux mobiles (pylônes et hébergements d'antennes) représentent un peu plus de la moitié des décaissements.

    Si l'on zoome à l'échelle d'un seul pylône, les prix sont extrêmement variables et dépendent de la typologie du site :
    • En zone rurale (pylône classique au sol) : Orange paie généralement un loyer annuel au propriétaire foncier (agriculteur, collectivité) oscillant entre 2 000 € et 8 000 €.
    • En zone urbaine dense (toit-terrasse d’immeuble) : La rareté des points hauts et la complexité technique font grimper les baux. L'opérateur verse souvent entre 12 000 € et 20 000 € par an au syndicat de copropriété ou au bailleur.
    • Les loyers versés aux TowerCos (comme sa filiale TOTEM) : Lorsque Orange ne gère pas directement le terrain mais loue un emplacement sur un pylône déjà mutualisé appartenant à une "TowerCo" (sa filiale Totem, ou des concurrents comme Cellnex et TDF), le coût d’hébergement complet de l'antenne (incluant la maintenance et l’accès à l'énergie) se facture généralement entre 10 000 € et 25 000 € par an par site.

    3. Le cas particulier de TOTEM : des loyers qui restent "en famille"

    Il est important de noter qu'Orange a filialisé la gestion de ses pylônes en Europe à travers sa propre TowerCo, Totem, qui gère un parc de plus de 27 000 sites.
    Pour une part significative de ses baux de pylônes en France et en Espagne, Orange se paie des loyers à lui-même : l'argent sort de la poche d'Orange Opérateur pour entrer dans celle d'Orange Totem. Lors de la publication des résultats consolidés du groupe Orange, ces flux internes s'annulent, mais ils restent suivis de près par les analystes pour évaluer l'efficacité opérationnelle de chaque entité.


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