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SOCIETE GENERALE : La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde

18 sept. 2026 11:31

avec son nouveau plan

2 réponses

  • 18 septembre 2026 11:38

    Slawomir Krupa s'avance en position de force face aux investisseurs. Alors qu'en septembre 2023, ces derniers avaient largement boudé le précédent plan stratégique du patron de la Société Générale, l'histoire leur a donné tort. Depuis, la banque de la Défense a réalisé un retour en grâce boursier comme on en voit peu. En trois ans, son action a été multipliée par plus de trois.

    Cette performance a toutefois placé la barre haut pour le directeur général qui, s'il a fortement gagné en crédibilité auprès du marché, risque d'avoir du mal à convaincre que son groupe peut aller encore plus loin lors de la journée investisseurs prévue ce lundi 21 septembre. "
    La thèse d'investissement continue de reposer sur la réduction des coûts, mais les attentes sont déjà élevées (...) et les gains faciles sont désormais largement derrière nous", préviennent les analystes de JPMorgan qui ont récemment abaissé leur recommandation sur le titre de "surpondérer" à "neutre".

    Pour les spécialistes d'UBS, la présentation du plan à horizon 2029 a d'autant moins de chance d'entraîner une hausse de l'action que compte tenu de "la propension passée de la direction à adopter une vision à long terme sur la trajectoire idoine pour l'entreprise, les objectifs ont tendance à être assez généraux". De quoi, selon la banque suisse, réduire la probabilité de voir les analystes relever significativement leurs estimations dès lundi.

    +Vers de nouvelles baisses de coûts+

    L'entreprise de séduction risque d'être d'autant plus difficile que tous les investisseurs n'attendent pas les mêmes choses du nouveau plan de la Société Générale.

    La plupart anticipent une poursuite des réductions de coûts mais certains espèrent aussi un discours plus agressif sur la croissance, ce qui pourrait réduire le niveau de retour aux actionnaires.

    Pour Bank of America, les piliers clés seront ainsi "une discipline rigoureuse et continue en matière de coûts, une efficacité améliorée du capital et des distributions attractives pour les actionnaires" et la banque américaine voit "peu de risques pour que le prochain plan stratégique devienne excessivement dépendant de la croissance des revenus". Elle vise un coefficient d'exploitation, soit les charges rapportées aux revenus, à 52% en 2029, en baisse de huit points en trois ans, et un retour sur capitaux tangibles (ROTE) en hausse de trois points, à 14%. Le retour aux actionnaires pourrait être compris entre 17 et 20 milliards d'euros au cours des trois prochaines années, soit 30-35% de la capitalisation boursière actuelle de la Société Générale.

    Plus hésitants, les spécialistes d'UBS prévoient également une nouvelle baisse du coefficient d'exploitation, quoique plus modérée, à 55,8% en 2029, mais ils imaginent également une inflexion plus marquée vers la croissance des actifs pondérés par le risque. "La grande question à l'approche du Capital Markets Day est de savoir dans quelle mesure le nouveau plan s'inscrira dans la continuité des tendances récentes (qui, selon nous, plaisent aux actionnaires) ou s'il constitue une feuille de route alternative visant à améliorer la position concurrentielle et le mix d'activités à moyen terme", s'interrogent les analystes de la banque suisse, qui semblent pencher plutôt pour la deuxième option.

    +BoursoBank au centre de l'attention+

    "Des rachats d'actions ne font pas une meilleure banque", estiment-ils, et "le moment est peut-être venu pour [la Société Générale] d'adopter une trajectoire de croissance plus élevée". "Selon notre expérience, les plans qui n'allouent pas de capital à l'activité existante, ou les banques qui se contentent de céder des parts de marché pour préserver leurs marges, sont difficiles à vendre auprès de nombreux investisseurs", ajoutent-ils. "Le premier indicateur à surveiller concernant un éventuel changement dans ce domaine sera l'orientation donnée aux actifs pondérés par le risque et à la croissance des crédits", prévient UBS.

    Quelle que soit l'orientation choisie, une attention particulière sera dans tous les cas apportée à BoursoBank. Les experts de Bank of America voient la filiale digitale de la banque comme "le catalyseur de la révolution des coûts de la Société Générale". Selon eux, la stratégie du groupe "visant à croiser et faire converger ses deux réseaux de banque de détail en France évoluera vers une convergence vers BoursoBank, la plateforme la plus axée sur le numérique et la plus efficiente en termes de coûts". Le succès de l'entreprise dépendra toutefois de la capacité de la Société Générale à effectuer cette transition tout en protégeant les revenus du réseau SG, actuellement nettement plus élevés, et en réduisant les effectifs. "

    Bien que la forte attrition naturelle au niveau du groupe offre un certain répit, une politique de non-remplacement disciplinée et rigoureuse sera essentielle", préviennent les analystes qui considèrent que ce sujet "constituera un pilier clé de la Journée investisseurs".

    De son côté, UBS considère BoursoBank comme un important relais de croissance et estime que la Société Générale aurait intérêt à continuer à y investir. "La grande question sera de savoir à quelle vitesse la direction souhaite atteindre 20 à 25 millions de clients [pour cette filiale]", estime la banque suisse. Compte tenu des valorisations atteintes par certaines néobanques, elle conseille aussi aux dirigeants de dévoiler plus de détails sur les contributions apportées par BoursoBank, rappelant qu'en termes d'encours clients, la première banque en ligne française dépasse largement sa concurrente britannique, Revolut, déjà valorisée au moins 75 milliards de dollars.

    +

    Ayvens et Banque d'investissement+

    Parmi les autres sujets qui seront surveillés lors de la journée investisseurs, le cas Ayvens ne fait pas non plus consensus. Pour BofA, un rachat des minoritaires de cette filiale spécialisée dans la location de véhicules apparait prématuré. A l'inverse, UBS considère que la détention partielle d'un actif par une banque universelle n'a pas vraiment de sens : "Si vous aimez l'activité, achetez-la en totalité, réduisez les frais généraux de structure et augmentez la flexibilité opérationnelle ; si vous n'aimez pas l'activité, trouvez-lui un meilleur propriétaire". Selon les analystes de la banque suisse, "la voie la plus simple et la plus prudente consisterait à poursuivre les rachats d'actions d'Ayvens" pour porter la participation de la Société Générale de 54% aujourd'hui à 67 % d'ici 2030.

    Enfin, concernant le sujet épineux des activités de banque d'investissement, dont la croissance a déçu au deuxième trimestre, les experts d'UBS s'interrogent sur la stratégie que choisira Slawomir Krupa. Ils n'anticipent pas d'opération de croissance externe. Toutefois, "compte tenu de ratios de rentabilité des fonds propres tangibles relativement élevés, d'une croissance accrue des marchés du crédit et obligataires en Europe et de concurrents américains bénéficiant d'importantes restitutions de capital permises par des tests de résistance assouplis et par la dérégulation, le groupe pourrait juger opportun d'investir dans ses structures de BFI", estiment les analystes tout en prévenant qu'un tel mouvement risque de déplaire à "certains investisseurs". Verdict lundi matin.


  • 18 septembre 2026 15:13

    Effectivement les attentes sont très fortes et attention au moindre faux pas...


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