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CAC 40 : Hydrocarburakoi ?

27 avr. 2026 12:01

Bonjour à tous !

Cinquante et quelques nations se réunissent en Colombie pour dessiner les contours d'un monde sans pétrole, sans gaz, sans charbon, pendant que le reste de la planète court après chaque baril, chaque mètre cube, chaque tonne disponibles pour simplement maintenir les lumières allumées. Voilà l'image que nos contemporains nous offrent, dans une ironie qui ferait sourire un Talleyrand : pendant qu'on déclare solennellement la fin des énergies fossiles, on signe en coulisses des contrats à long terme pour s'en assurer l'approvisionnement. Hypocrisie ? Le mot est faible. Schizophrénie collective serait plus juste.

Je me souviens de cette maxime qu'on apprenait jadis dans les écoles d'ingénieurs : on ne légifère pas contre les lois de la physique. Or c'est précisément ce que tente de faire l'agenda climatique occidental depuis une décennie. Le solaire et l'éolien sont intermittents par nature. Ils ne fournissent pas de puissance garantie. Ils nécessitent des capacités de stockage qui n'existent tout simplement pas à l'échelle d'une économie industrielle moderne. Ce ne sont pas des opinions, ce sont des contraintes thermodynamiques. Et pourtant, dans la grande messe des sommets internationaux, on parle de basculer l'économie mondiale vers le renouvelable comme on changerait de chemise.

Ursula von der Leyen nous parle de gagner notre billet pour le paradis. John Kerry agite le spectre de la catastrophe imminente si nous n'accélérons pas la transition. Ed Miliband fait du Net Zéro un dogme. Aux Etats-Unis, certains élus appellent à supprimer les subventions aux énergies fossiles et à geler les nouveaux permis d'exploration. C'est-à-dire à tarir l'offre avant même que le moindre substitut crédible n'existe. Ce n'est plus de la politique énergétique, c'est une religion séculière, avec ses prêtres, ses indulgences et ses bûchers symboliques.

Mais voilà que dans les rangs mêmes des croyants, les premières fissures apparaissent. Tony Blair, dont on ne peut soupçonner la sympathie pour les climato-sceptiques, a reconnu publiquement que toute stratégie reposant sur l'élimination à court terme des énergies fossiles était vouée à l'échec. Lorsque l'un des grands architectes du libéralisme blairiste lâche le morceau, c'est que le château de cartes commence à s'effriter de l'intérieur. Combien de temps avant que d'autres ne suivent ?

Que refusent-ils d'admettre ? L'évidence. Toute économie moderne repose sur les hydrocarbures comme une cathédrale repose sur ses fondations. Les transports, l'agriculture, l'industrie, le chauffage, la production électrique, tout. Retirez la pierre angulaire et l'édifice s'effondre. Quand la crise frappe, les théories s'évanouissent et l'instinct de survie reprend ses droits. C'est la raison pour laquelle des nations vertueuses se sont remises à brûler du charbon dès l'hiver 2022. Voilà ce qu'ils ne diront jamais publiquement.

L'Allemagne nous offre le laboratoire grandeur nature de cette folie. Le pays qui fut le moteur industriel de l'Europe a saboté méthodiquement sa propre base énergétique au nom du dogme. Résultat ? Une compétitivité ruinée, une industrie qui plie bagages, des coûts qui explosent, et une croissance qui stagne. Lorsque vous détruisez votre socle énergétique, vous détruisez votre économie. C'est aussi simple que cela. Aucun discours, aucune signature, aucun sommet n'y changera rien.

Et pendant ce temps, que font ces mêmes gouvernements ? Ils sécurisent des contrats gaziers de long terme. Ils rouvrent des centrales à charbon. Ils subventionnent l'énergie pour éviter l'explosion sociale. Ils disent une chose en public et font l'exact opposé en coulisses, parce qu'ils savent. Ils savent que la réalité ne se plie pas aux résolutions onusiennes. Ils savent que le citoyen accepte beaucoup, mais pas le froid, pas l'obscurité, pas l'effondrement de son niveau de vie.

Que se passe-t-il lorsque l'on contraint artificiellement l'offre énergétique ? Les coûts s'envolent. L'inflation suit. La compétitivité s'effrite. Et le capital, qui est l'animal le plus rationnel qui soit, fuit vers les régions où l'énergie reste accessible. C'est précisément le phénomène que nous observons. L'Europe se vide de ses capitaux non pas par hasard, non pas par méchanceté du marché, mais parce que ses propres dirigeants ont rendu son sol économiquement hostile. Les Etats-Unis attirent les investissements industriels en partie grâce à leur indépendance énergétique. La Chine continue de bâtir des centrales à charbon par dizaines tout en signant chaque accord climatique avec un sourire diplomatique. Les voilà, les deux poids deux mesures de notre époque.

Le plus inquiétant n'est pourtant pas l'incohérence. C'est la trajectoire qu'elle dessine. Nos gouvernements ne préparent pas un monde sans énergies fossiles, ils préparent un monde de conflits pour les énergies fossiles. La rareté organisée, qu'elle soit volontaire ou subie, débouche toujours sur la même chose : la lutte pour les ressources. Et qui dit lutte pour les ressources dit géopolitique brutale, alliances opportunistes, coups de force et, in fine, guerre. Le détroit d'Ormuz, les pipelines de la Baltique, les terminaux gaziers de la Méditerranée orientale ne sont pas des métaphores. Ce sont des points de friction très concrets.

Alors la question essentielle n'est pas de savoir si la transition énergétique est souhaitable. Bien sûr qu'elle l'est, sur des décennies, avec des investissements colossaux dans le nucléaire, dans la recherche sur la fusion, dans les réseaux intelligents. La vraie question est de savoir pourquoi nos élites s'obstinent à promettre l'impossible dans des délais absurdes alors qu'elles savent pertinemment que cela ne fonctionnera pas. Idéologie ? Cynisme électoral ? Pression de groupes d'intérêts qui ont massivement investi dans le récit ? Probablement les trois à la fois, dans des proportions variables selon les capitales.

L'Histoire est généreuse en exemples de civilisations qui ont préféré leurs croyances à leurs intérêts. Aucune n'en est sortie grandie. Lorsque les réalités physiques rattrapent les rêves politiques, ce sont toujours les peuples qui paient l'addition, pas ceux qui ont signé la facture.

Bien à vous

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