qui est fort intéressante....
Si Boursobank veut bien
Lunaire
Les bombardements ont commencé samedi dernier. Depuis nous sommes noyés sous les « brea°king news » et sous les discours des « experts » en guerre sur les plateaux télé. Il y a encore 24 heures, même CNBC et Bloomberg ne parlait que de ça. Et puis, en l’espace de 24 heures, la guer re en Iran est déjà passée à la troisième de couverture, dès demain il n’y aura plus de photos pour illustrer les articles et dans une semaine à ce rythme-là, plus personne n’en aura strictement rien à fou°tre. Attention, je ne dis pas que la guerre sera finie et qu’aller se balader main dans la main dans les rues de Téhéran sera au programme de toutes les agences de voyages du monde, mais disons que du côté « marché, bourse, finance et investissement », on a commencé à intégrer cette affaire et que tant que le remplaçant par intérim du guide suprême ne se fait pas sauter dans une raffinerie, on est gentiment en train de passer à autre chose.
Il y a deux jours nous parlions du fait que le problème le plus important auquel nous devions faire face serait l’incertitude, eh ben visiblement depuis hier, l'incertitude est levée. Ou alors on a fini notre thérapie et c’est comme la guerre en Ukraine, ça nous a stressé pendant une semaine parce qu’on pensait que Poutine allait marcher directement sur Paris et une fois qu’on a vu qu’à la vitesse à laquelle le front se décalait vers l’ouest et que nous eûmes compris qu’à ce rythme-là, il serait à Paris en 2087, on s’est dit qu’on pourrait gérer le problème et on est passé à autre chose. Ben pour ce qui est de l’Iran, c’est pareil. Nul besoin d’être un expert en géopolitique et en histoire des religions pour comprendre que tant que la bande de clowns enturbannés est à la tête du pays, le conflit ne se terminerait pas. Alors du coup, on se concentre ce qui peut vraiment nous pert urber dans ce conflit. Et pour être très franc, ce qui nous perturbe, ça n’est pas les influenceuses qui paniquent sur SnapChat à Dubaï, mais c’est le cours du pétrole.
Trump veut calmer le jeu
Hier le baril a franchi le niveau des 77$, puis Trump a parlé et a mentionné le fait qu’il voulait sécuriser le détroit d’Ormuz et le WTI est redescendu pour boucler la séance un poil en-dessous des 75$. Bon, ce matin il est déjà remonté au-dessus des 77$, mais le fait que le Président Américain ait mis de l’intention dans le fait de faire rebaisser le baril, semble avoir apaisé le marché. On signalera quand même que Macron a proposé – lui aussi – de venir sécuriser Or muz, mais aussi fou que ça puisse paraître et même s’il agite les bras dans tous les sens et qu’il organise des « Conseil de défense » toutes les 12 heures. Ce qui ressort quand même de tout ça, c’est que c’est les Américains qui veulent se remonter les manches et quand on voit la destruction du bateau iranien filmé hier par la Navy, on se dit que ; peut-être, en effet, les USA sont en mesure de faire ce qu’ils veulent dans le détroit d’Or muz.
Globalement, ces commentaires autour de la volonté de garder le prix du baril à des niveaux acceptables, a permis au marché de retrouver des couleurs et hier soir les indices du monde entier étaient dans le vert. L’Europe a enfin réussi à inverser la tendance et le S&P500 a quasiment retrouvé son niveau de vendredi. Vendredi, quand la guerre n’était qu’une hypothèse. Et puis, il faut aussi dire que nous avons quand même été bombardé par des commentaires que l’on qualifiera de « constructifs » au niveau du baril. Oui, parce que si on creuse le sujet, nous ne sommes pas encore en phase de pénurie, les stocks débordent et tant que ce sketch ne dure pas trop longtemps, il n’y pas de raison de se ruer chez Tesla pour acheter une voiture électrique de peur de la pénurie.
Les espions
Et puis alors si on veut coller la hausse sur le prix du baril qui se stabilise, c’est une chose, mais n’oublions pas non plus qu’hier, on a entendu parler des « coups de téléphone secrets ». Oui, parce que comme toujours dans ce genre de crise, il y a les coups de téléphone secrets. Selon le New York Times, des agents du ministère iranien du Renseignement auraient pris contact – indirectement – avec la CIA pour évoquer les conditions d’une éventuelle fin du conflit. Une sorte de discussion dans les coulisses, loin des caméras et des discours officiels. Des discussions menées par des gens qui ne sont pas 100% convaincus d’avoir envie de rencontrer tout de suite les vierges promises par les islamistes. Bien que ces discussions soient « secrètes », comme disait Coluche ;on s'autorise a penser dans les milieux autorisés …que potentiellement, éventuellement peut-être, ça pourrait déboucher sur quelque chose qui POURRAIT laisser les tarés au pouvoir. Pour l’instant, Washington n’a pas vraiment sauté de joie. Autrement dit : on parle, mais on ne s’écoute pas encore vraiment. Mais pour les marchés, le simple fait qu’il y ait une conversation, même vague, même indirecte, suffit souvent à déclencher un peu d’optimisme.
Donc, si on prend le temps de résumer la chose ; on a le pétrole qui se calme. Le pétrole qui est quand même 18% plus haut qu’avant les premiers bombardements. On a des éventuelles discussions secrètes pour mettre la fin à la guerre. Des marchés qui se reprennent parce que l’incertitude diminue et des chiffres économiques qui rassurent. Oui, parce que pour la première fois depuis le début de la semaine, on commence à parler de « macro ». Oui, parce que c’est important la macro, une fois qu’on s’est habitué au bruit des bombes. Et le message envoyé par les chiffres économiques est assez clair : l’économie américaine continue de tourner (en même temps, eux, ils sont pas sous les bombes). Hier, le rapport ADP sur l’emploi privé a montré la création de 63’000 emplois en février, largement au-dessus des attentes des économistes qui tablaient sur 48’000. Le mois dernier c’était nettement en-dessous des attentes et le marché n’a pas bronché.
Mais là c’est une bonne nouvelle, alors ça remonte. Les plus optimistes ont même lâché que « ça ressemblait à un petit signe de reprise ». Il en faut peu pour être heureux à Wall Street. Autre indicateur encourageant : l’enquête de l’ISM sur le secteur des services. Indice qui est ressorti au-dessus des attentes, ce qui suggère que l’économie américaine continue de tourner malgré les incertitudes commerciales et les tensions géopolitiques. Dans ces chiffres, on notera quand même un détail intéressant : malgré l’incertitude liée aux droits de douane et aux décisions de la Cour suprême, les entreprises ne semblent pas paniquer sur les chaînes d’approvisionnement. En clair : les sociétés américaines ont appris à vivre avec l’instabilité. Les tarifs changent. Les politiques changent. Les règles changent. Mais les entreprises s’adaptent. D’ailleurs le Beige Book publié par la FED disait la même chose ; l’économie est globalement stable, même si les pressions inflationnistes sont toujours présentes. En gros : si on n’écoute plus le bruit des bombes et des bottes, tout va bien mais pas trop. Ce qui permet à la FED de laisser planer l’espoir d’une baisse des taux, même si cette dernière vient d’être repoussée à septembre, si l’on en croit les sondages. Bref, si on fait abstraction de la guerre, du prix du baril, de la hausse des prix qui en découle, de l’inflation qui va repartir, du problème d’Ormuz qui n’est pas encore réglé et du fait que le gouvernement américain va devoir rembourser le trop-perçu des droits de douanes : tout va bien et hier on finissait dans le vert…