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CAC 40 : Le PER ou l'art de confondre la boussole avec le territoire

26 févr. 2026 11:22

Bonjour à tous !

Dans la série « Je tends le bâton pour me faire battre », voici un sujet qui fâche : le sacro-saint Price Earning Ratio. Le PER. Ce totem que brandissent les analystes fondamentaux comme un prêtre brandirait son crucifix face au vampire de l'incertitude. Sauf que le vampire, lui, n'a pas peur des totems. Il a faim. Et il se nourrit précisément de ceux qui confondent la carte avec le territoire...

Alors démystifions.

Les actions montent parfois grâce aux bénéfices des entreprises et, à d'autres moments, par pure appréciation du capital. Voilà. C'est dit. Et c'est dans cette phrase d'apparence anodine que réside tout le problème de l'analyse fondamentale. Elle tente de réduire la complexité du monde à une seule dimension de cause à effet. Or nous vivons dans un univers multidimensionnel où la cause derrière chaque effet varie considérablement en fonction de la COMBINAISON des tendances en jeu. C'est comme vouloir expliquer l'océan par la seule observation de sa surface. Vous vous souvenez de mon analogie océanique ? La surface quantique ne raconte jamais toute l'histoire du volume qui se meut en dessous...

Prenons un exemple historique qui devrait faire tousser les adorateurs du PER. De juillet 1929 jusqu'au sommet de septembre 1929, le Price Earning Ratio est devenu NEGATIF alors même que les cours progressaient de 163%. Vous avez bien lu. L'indicateur censé vous guider vous disait de fuir alors que le marché s'envolait. L'inverse de ce qu'il fallait faire à ce moment précis, avant bien sûr la catastrophe d'octobre. Quelle ironie, n'est-ce pas ? L'outil de mesure qui ment au moment même où vous en avez le plus besoin...

Autre cas d'école : du sommet de mars 1937 jusqu'aux creux d'avril 1938, le Dow Jones a chuté de 47% alors que les bénéfices n'ont reculé que de 12% entre octobre 1937 et avril 1938. Et voici le coup de grâce : pendant les 10 années suivantes, couvrant la Seconde Guerre mondiale, si vous aviez acheté le Dow en vous basant sur les bénéfices, vous auriez perdu de l'argent. Mais si vous aviez vendu quand les bénéfices montaient et acheté quand ils baissaient, autrement dit si vous aviez fait l'EXACT INVERSE de ce que prescrit la liturgie du PER, vous auriez surperformé le marché !

Trader sur la base des ratios cours/bénéfices est donc à peu près aussi fiable que de trader en fonction de la longueur des jupes dans les défilés de mode. Cela peut sembler logique sur le papier, dans le confort douillet d'un raisonnement unidimensionnel, mais cela échouera immanquablement dans le tumulte du réel.

Parlons maintenant de la vague de fond. La Vague Publique a débuté en 1934 et s'est achevée en 1985. Pendant cette période, la confiance s'est déplacée vers les gouvernements, ce qui a conduit à une stagnation massive des valorisations boursières, engendrant à son tour la vague de rachats d'entreprises. La valeur comptable a touché son plancher en 1977. Ceux qui publient aujourd'hui des analyses prétendant que le rendement des actions pour les 10 prochaines années ne sera pas supérieur à celui d'une obligation du Trésor US à 10 ans n'ont absolument RIEN compris aux marchés. Dans leur monde unidimensionnel, ils croient que tout finit par atteindre un état d'harmonie parfait. Un équilibre mythique. Une sorte de nirvana financier où les classes d'actifs convergeraient poliment vers un rendement commun. Quelle naïveté ! Et quelle méconnaissance de la nature profondément cyclique et chaotique des flux de capitaux...

Car voici la vérité que le PER ne vous dira jamais : les actions montent soit pour les bénéfices lorsque les taux d'intérêt sont bas, soit comme ALTERNATIVE aux banques, par pure appréciation du capital. Ce sont deux moteurs complètement différents et le PER ne mesure que le premier tout en ignorant superbement le second. C'est comme n'observer qu'une face de la pièce en prétendant comprendre l'ensemble. Vous vous souvenez ? Nous sommes les deux faces d'une même pièce...

L'anticipation d'une hausse des taux est désormais à l'horizon, tant pour la dette publique que pour la dette privée. Mais ces taux vont monter PARCE QUE le capital sera contraint de se réfugier sur les marchés en quête de rendements supérieurs ET d'appréciation du capital. Les taux bas sur la dette gouvernementale et les dépôts bancaires chassent le capital vers les marchés actions. C'est mécanique. C'est cyclique. C'est inévitable. L'eau prend toujours la forme de son contenant et le capital, tel un fluide, cherche toujours le chemin de moindre résistance vers le meilleur rendement.

Les taux courts vont monter, certes. Mais ils n'impacteront PAS les actions tant que le taux d'intérêt n'excèdera pas le rendement espéré sur les actions, qu'il provienne des dividendes ou de l'appréciation du capital. C'est cette alchimie, cette combinaison de forces contradictoires, que l'analyste fondamental refuse de voir car elle ne rentre pas dans ses modèles. Il préfère la rassurante simplicité de son ratio. Un chiffre. Une division. Un verdict. Sauf que le marché n'est pas un tribunal. C'est un organisme vivant, multidimensionnel, qui respire au rythme de milliards de décisions individuelles. Je suis la conjugaison de tellement de volontés individuelles, vous disais-je un jour en parlant du CAC...

Alors la prochaine fois qu'un analyste vous brandira un PER en guise d'argument définitif, rappelez-vous ceci : celui qui réduit le vivant à une seule métrique est déjà mort dans sa compréhension du monde. Il ne le sait pas encore. C'est tout.

Bien à vous

2 réponses

  • 11:25

    Le PER n’est pas un chronomètre... c’est un thermomètre


  • 11:31

    Et je pense que la vraie question, ce n’est pas... l’État est-il de retour ?

    Mais plutôt ; est-ce que l’ambiance monétaire et inflationniste est en train de devenir durablement toxique pour les valorisations ?


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