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CAC 40 : La crise des missiles que personne ne veut voir...

06 janv. 2026 08:18

Bonjour à tous,

Voici mon édito du mardi 06 janvier 2026. J'espère qu'il vous plaira car je l'ai écrit avec passion :)

On vous parle de pétrole. De ressources naturelles. De l'éternel appétit américain pour l'or noir latino-américain. C'est plus simple ainsi. Cela s'inscrit dans une narration familière, presque confortable, qui dispense de réfléchir plus loin.
Mais cette lecture est au mieux incomplète, au pire délibérément aveugle.
L'intervention américaine au Venezuela n'est pas une guerre du pétrole. C'est une manœuvre préventive contre l'installation de missiles russes à quelques minutes de vol des côtes américaines. Nous vivons une nouvelle crise des missiles de Cuba, et presque personne ne la nomme ainsi.

I/ L'échiquier nucléaire s'est déplacé vers le sud

Reprenons la séquence. En octobre 2025, Alexeï Jouravliov, vice-président du Comité de défense de la Douma, déclare publiquement que Moscou pourrait livrer des missiles à capacité nucléaire au Venezuela ou à Cuba. Il qualifie les États-Unis d'« adversaire géopolitique principal » et d'« ennemi ». Ce n'est pas une déclaration isolée d'un électron libre : elle s'inscrit dans une série d'avertissements russes remontant à janvier 2022, lorsque le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov avait refusé d'exclure un tel déploiement.
En novembre 2025, Jouravliov précise qu'il n'existe « aucun obstacle » à la fourniture de missiles Orechnik ou Kalibr au Venezuela. L'Orechnik voyage à Mach 10. Depuis le Venezuela, il atteindrait des cibles américaines en moins de cinq minutes, contre les quinze minutes de temps de réaction dont disposait Washington en 1962.
Cinq minutes. Le temps de prendre un café. Pas le temps de réfléchir, encore moins de riposter de manière graduée.
Face à cette menace, que fallait-il faire ? Attendre que les rampes de lancement soient opérationnelles pour s'en émouvoir ?

11 réponses

  • 06 janvier 2026 08:19

    II/ Le jeu d'échecs de Poutine

    Il faut comprendre la logique russe pour saisir ce qui se joue. Du point de vue de Moscou, l'Occident pousse méthodiquement l'OTAN vers les frontières russes. L'Ukraine, autrefois État tampon, est devenue le théâtre d'une guerre par procuration où l'Alliance atlantique fournit armes, renseignements et formation. La perspective d'une adhésion ukrainienne à l'OTAN, avec ce que cela impliquerait en termes de déploiement de systèmes d'armes aux portes de la Russie, est perçue à Moscou comme une menace existentielle.
    Poutine joue aux échecs. Si l'Occident peut placer ses pièces en Ukraine, pourquoi la Russie ne placerait-elle pas les siennes à Cuba ou au Venezuela ? C'est la symétrie parfaite, le miroir stratégique. Des missiles russes dans l'hémisphère occidental contre des missiles occidentaux aux frontières russes : échec et mat.
    L'intervention américaine au Venezuela visait précisément à empêcher cette configuration. Neutraliser Caracas avant que les pièces russes ne soient en place sur l'échiquier caribéen.


  • 06 janvier 2026 08:19

    III/ Ce que 1962 nous enseigne vraiment

    Le récit officiel de la crise des missiles de Cuba est celui d'un affrontement où Khrouchtchev aurait « cligné des yeux » face à la fermeté de Kennedy. L'Amérique triomphante, l'Union soviétique humiliée. Fin de l'histoire.
    Ce récit est largement fictif.
    En réalité, la crise s'est terminée par un échange calculé. Les Soviétiques ont retiré leurs missiles de Cuba ; les Américains ont retiré leurs missiles Jupiter de Turquie. Moscou a obtenu exactement ce qu'elle voulait sur le plan stratégique, tout en acceptant une humiliation publique pour éviter l'apocalypse nucléaire. Kennedy a obtenu une victoire de communication ; Khrouchtchev a obtenu une victoire substantielle.
    Cette vérité historique éclaire le présent. Les crises nucléaires ne se résolvent pas par la démonstration de force unilatérale. Elles se résolvent par des arrangements où chaque partie obtient quelque chose, même si les apparences suggèrent le contraire.
    L'action au Venezuela s'inscrit dans cette logique : prévenir une configuration où seul un tel marchandage, potentiellement coûteux, permettrait de sortir de l'impasse.


  • 06 janvier 2026 08:19

    IV/ Pourquoi les médias passent-ils à côté ?

    La dimension nucléaire de cette affaire est presque totalement absente du traitement médiatique. Pourquoi ?
    D'abord parce que le pétrole est un angle compréhensible par tous. Nul besoin d'expliquer la géométrie des temps de frappe ou la doctrine de la dissuasion. Ensuite parce que reconnaître la rationalité stratégique de cette intervention obligerait à reconnaître une forme de compétence à ceux qu'il est plus confortable de présenter comme des impulsifs ou des va-t-en-guerre.
    Enfin, et c'est peut-être le plus important, parce que nommer cette crise pour ce qu'elle est obligerait à regarder en face la fragilité de l'équilibre nucléaire mondial. Nous préférons collectivement croire que la guerre froide est terminée, que les missiles intercontinentaux sont des reliques d'un autre âge, que la dissuasion fonctionne automatiquement sans qu'on ait besoin d'y penser.
    Le réveil serait brutal.


  • 06 janvier 2026 08:19

    V/ Ce qui vient ensuite

    L'attention s'est immédiatement tournée vers Cuba après l'opération vénézuélienne. Ce n'est pas un hasard. L'île reste le point névralgique historique de la confrontation Est-Ouest dans les Amériques. Si le Venezuela est neutralisé comme plateforme potentielle, Cuba redevient l'option logique pour Moscou.
    La partie n'est pas terminée. Elle ne fait que commencer.
    Ce que nous observons n'est pas une guerre pour le pétrole. C'est le repositionnement des pièces sur l'échiquier nucléaire mondial, le premier mouvement d'une séquence dont nous ne verrons la conclusion que dans les années à venir. Ceux qui refusent de le voir aujourd'hui s'étonneront demain de n'avoir rien vu venir.
    L'Histoire, pourtant, nous avait prévenus.

    Bien à vous

    PS : modération -> Je suis l'auteur de ce texte...


  • 06 janvier 2026 08:49

    Merci symph0 pour ces infos quelques peu pertinentes....


  • 06 janvier 2026 09:18

    Et en plus cela ouvre la porte aux chinois pour Taiwan...


  • 06 janvier 2026 09:26

    Symph0
    D'accord avec toi. Sauf que tu ne mentionnes ni la Corée du Nord ni l'Iran ni la Chine, qui rêvent d'un affaiblissement des États-Unis pour devenir les maîtres du monde


  • 06 janvier 2026 09:28

    Symph0 , franchement, j'adore plonger de bon matin dans un bain médiatique au niveaux des enjeux intercontinentales. Mais quand on parle de Missiles, de Pétrole et d'Enjeux une chose me viens tout de suite à l'esprit : L'Espace.

    Pourquoi ne fait tu pas le lien pour prendre du recul ?

    As tu au moins parlé de Space-X dans cette exposé ?


  • 06 janvier 2026 09:32

    Belle analyse longue et engagée. J’ai une question pour toi Symph0 : comment les dogmatiques qui interdisent de penser que la neige n’est pas rose assument leur opinion sur le sujet alors que Poutine, Ping, CdN, Iran et autres dictatures soutiennent Maduro ?


  • 06 janvier 2026 15:26

    Voici une autre analyse de la situation qui repose sur de solides arguments
    :

    https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/la-veritable-raison-de-l-operat ion-militaire-des-us-au-venezuela-ce7e59dfd989f026


  • 06 janvier 2026 15:39

    +/-... Derrière les discours sur la démocratie et la drogue, certains pensent que le vrai nerf de la guerre au Venezuela n’est pas idéologique mais monétaire ; quand on touche au dollar, Trump devient soudain très soucieux de TA stabilité… 😂​

    Sortir du dollar = intervention militaire… pas suffisant mais sûrement pris en compte


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