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AIR LIQUIDE : craquage d’ammoniac

09 avr. 2026 22:09

Le craquage d’ammoniac n’est peut-être pas aussi sexy que des panneaux solaires lunaires ou des datacenters orbitaux, mais c’est important. L’hydrogène est léger, volumineux, inflammable, fragilise les alliages métalliques et sa manipulation à grande échelle est complexe.
L’ammoniac est un vecteur prometteur pour transporter l’hydrogène sur de longues distances, grâce à des chaînes de production, de stockage et de transport déjà bien établies (pour la production d’engrais). L’idée est de produire de l’hydrogène là où l’électricité solaire ou éolienne est abondante et bon marché, de le convertir en ammoniac, de le transporter par bateau, puis de le reconvertir en hydrogène sans émettre de CO2. Ce concept est étudié depuis longtemps par l’industrie et les agences internationales, car l’ammoniac dispose d’infrastructures logistiques plus matures que l’hydrogène. Le défi était le retour à l’hydrogène, car craquer efficacement l’ammoniac à grande échelle était complexe. Air Liquide affirme avoir franchi un cap dans ce domaine. Si cela se confirme, les implications seraient importantes.
Demain, l’hydrogène pourrait être produit à bas coût en Inde, en Afrique du Sud ou en Australie grâce à l’énergie solaire ou éolienne. Transformé en ammoniac, il serait ensuite expédié vers les pays occidentaux. Une partie serait utilisée en agriculture, l’autre retransformée en hydrogène près des sites industriels. Cette chaîne d’approvisionnement contournerait certains obstacles logistiques actuels.

L’annonce d’Air Liquide en Novembre 2025 sur ce sujet mérite donc plus d’attention. Des inconnues subsistent : le rendement du procédé, la pureté de l’hydrogène et l’économie globale de la chaîne ammoniac-hydrogène. L’ammoniac présente aussi des contraintes, notamment de sécurité, connues des Toulousains et des Libanais.

Cependant, si le transport de l’hydrogène est un problème, le craquage d’ammoniac est une solution clé. Si le procédé s’avère viable à grande échelle, l’hydrogène vert devient plus concret.

1 réponse

  • 10 avril 2026 02:40

    Je n'ai pas étudié le schéma envisagé par AL sur l'ammoniac, mais je crois me souvenir que deux grandes entreprises (Ucar - Union Carbide- et une autre dont le nom m'échappe) avaient conclu il y a une dizaine d'années en Inde un "joint-venture" pour une aventure équivalente, mais non pas avec l'ammoniac mais avec d'autres produits comme le méthane, l'acide acétique et quelques autres composés contenant beaucoup d'hydrogène.

    Je crois que le but de "l'aventure" était de pouvoir transporter de l'hydrogène en toute sécurité depuis une usine jusqu'à une autre.

    En fait, si j'ai bien compris le résumé qui a été fait ensuite pour expliquer l'échec du projet, c'est que soit on transportait l'hydrogène sous forme gazeuse combinée (comme dans le méthane CH4, gaz qui est facilement liquéfiable), soit sous forme de liquides comme l'acide acétique (CH3COOH), mais comme ce sont des produits qu'il faut ensuite "cracker" pour récupérer le H², de gros problèmes se posaient, notamment l'obtention de molécules carbonées inutiles et même gênantes.

    C'est instructif de voir qu'AL suit la piste de l'ammoniac (NH3), puisqu'il n'y a pas de produits carbonés lors du crackage.
    Cela supprime quelques verrous "techniques", ceux qui avaient causé l'échec du projet cité plus haut.

    Cependant, l'ammoniac est un gaz dangereux (même liquéfié !), et je ne peux m'empêcher de me demander si l'économie d'échelle réalisée avec un tel procédé vaut le risque couru par les populations par le transport d'ammoniac. Certes, on peut avoir confiance dans les "têtes chercheuses" de notre chère AL, mais l'histoire des sciences est pleine d'aventures qui étaient présumées sécurisées et qui se sont révélées de véritables catastrophes.

    J'ai donc personnellement une petite interrogation de "conscience écologique" sur mon investissement en actions AL. Voilà plus de 40 ans que j'investis régulièrement (et avec raison et réussite !) dans l'entreprise, j'aimerais bien que cette dernière ne se plante pas...

    Dans tous les cas, même si ça n'aboutit pas, AL pourra continuer à produire de l'Hydrogène en utilisant la distillation fractionnée de l'air liquéfié, au moins l'avenir industriel continuera... sans trop de risques...


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