(Bilan actualisé)
Cinq personnes ont été tuées et seize autres blessées jeudi au Yémen dans une attaque au missile effectuée par les Houthis contre le palais présidentiel à Aden, dans le sud du pays, a déclaré le gouvernement reconnu par la communauté internationale.
Le Premier ministre et les ministres qui se trouvaient sur place n'ont pas été blessés, a précisé par ailleurs le ministre yéménite de l'Information, Moammar al-Eryani.
Plusieurs explosions avaient auparavant été signalées par des témoins.
Deux représentants du gouvernement ont déclaré à Reuters que les Houthis ont tiré plusieurs missiles en direction du palais présidentiel et que deux officiers de sécurité ont été tués dans l'attaque.
Selon l'agence de presse Saba, contrôlée par les Houthis, qui dit citer un responsable militaire, le mouvement armé chiite soutenu par l'Iran a visé un centre de commandement dirigé par des officiers saoudiens ainsi que des dépôts d'armes.
L'Arabie saoudite chapeaute depuis 2015 une coalition militaire qui intervient au Yémen contre les Houthis. Une trêve entre les belligérants signée en 2022, parfois fragile, a volé en éclats plus tôt cette année, en marge de la campagne militaire lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
Dénonçant des attaques de Ryad en soutien au gouvernement yéménite, les Houthis, qui contrôlent de larges parts du Yémen dont sa capitale Sanaa (nord-ouest) depuis 2014, ont annoncé en juillet dernier un blocus maritime de l'Arabie saoudite puis ont récemment multiplié les attaques contre le royaume, ciblant des sites de la compagnie pétrolière Saudi Aramco, pilier de l'économie saoudienne.
Ils ont entrepris cet été de renforcer leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, une voie importante pour les livraisons énergétiques mondiales - de même que le détroit d'Ormuz, bloqué de facto par l'Iran en réponse aux bombardements américano-israéliens déclenchés en février dernier.
En différents points du Yémen, les affrontements entre les Houthis et les forces pro-gouvernementales se sont intensifiés ces dernières semaines, le gouvernement basé à Aden tentant avec l'appui de l'Arabie saoudite de reprendre des territoires contrôlés par le mouvement chiite armé.
Alors que les Houthis ont effectué en septembre une avancée éclair le long du littoral du Yémen, prenant la ville de Mokha, dans le sud-ouest du pays, le gouvernement reconnu par la communauté internationale a dit lancer ce mois-ci une "offensive d'envergure" pour reprendre Sanaa et d'autres localités sur les rives de la mer Rouge.
Il est difficile d'évaluer pleinement la situation militaire actuelle au Yémen.
VINGT ATTAQUES CONTRE L'AÉROPORT DE RYAD
Pour sa part, l'Arabie saoudite émet depuis environ une semaine des alertes quotidiennes en raison d'attaques au drone et au missile effectuées par les Houthis, qui ont frappé le week-end dernier l'aéroport international de Ryad à deux reprises, tuant samedi 13 personnes - soit l'attaque la plus meurtrière dans le royaume en une décennie.
Les autorités saoudiennes ont déclaré jeudi que les Houthis ont tenté d'attaquer des dizaines de sites - aéroports, ports et infrastructures pétrolières.
Au cours d'une conférence de presse, le porte-parole de la coalition militaire sous commandement saoudien intervenant au Yémen a déclaré que les Houthis avaient lancé ce mois-ci 20 attaques contre l'aéroport international de Ryad, tuant au total 17 personnes et en blessant 333 autres.
Turki al-Maliki a ajouté que les Houthis s'étaient procuré des équipements militaires de pointe, dont des missiles balistiques et des navettes rapides chargées d'explosifs, grâce à l'aide d'"acteurs régionaux", sans en dire davantage.
Des sources au fait de la question ont déclaré à Reuters le mois dernier que la prise de la ville de Mokha avait été réalisée par les Houthis grâce à des conseils stratégiques donnés par les Gardiens iraniens de la révolution. Téhéran admet de longue date que les Houthis sont des alliés mais dément leur donner de quelconques directives militaires.
Le Yémen est en conflit depuis que les Houthis ont saisi la capitale Sanaa en 2014. Si elle a un temps permis de stopper les hostilités à grande échelle, la trêve supervisée par les Nations unies en 2022 n'a pas débouché sur une issue politique en dépit de plusieurs cycles de pourparlers, avant que l'intensification des tensions régionales ne plombent quelque processus de paix.
(Mohammed Ghobari, Enas Alashray, Timour Azhari et Eman Abouhassira; rédigé par Jean Terzian)

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