WASHINGTON/SAN FRANCISCO, 31 octobre (Reuters) - WhatsApp a
engagé mardi des poursuites judiciaires aux Etats-Unis contre la
société israélienne de surveillance NSO, accusant celle-ci
d'avoir aidé des services d'espionnage gouvernementaux à pirater
les téléphones de quelque 1.400 utilisateurs de la messagerie en
ligne à travers le monde.
Dans des documents transmis à un tribunal fédéral de San
Francisco, la firme qui appartient à Facebook FB.O accuse NSO
d'avoir facilité des campagnes de piratage dans 20 pays ciblant
notamment des diplomates, opposants politiques, journalistes et
hauts représentants gouvernementaux.
Aucune identité des cibles présumées n'est dévoilée par
WhatsApp, qui indique seulement dans les documents avoir
identifié des actes de piratage au Mexique, aux Emirats arabes
unies et à Bahreïn.
NSO a rejeté les accusations. "L'unique objectif de NSO est
de fournir une technologie aux agences du renseignement et aux
forces de l'ordre autorisées pour les aider à combattre le
terrorisme et les crimes graves", a déclaré la société
israélienne dans un communiqué.
Selon WhatsApp, les cyberattaques ont exploité le système de
visiophonie de l'application pour envoyer un programme
malveillant ("malware") aux appareils mobiles d'un certain
nombre d'utilisateurs.
Ce maliciel permettrait aux clients de NSO - supposés être
des gouvernements et des services de renseignement - d'espionner
le propriétaire d'un téléphone et de scruter sa "vie numérique".
L'application WhatsApp, qui est utilisée chaque mois par
quelque 1,5 milliard de personnes, revendique un haut niveau de
sécurité avec notamment des messages cryptés censés n'être
déchiffrables ni par la firme, ni par des tiers.
Les gouvernements se tournent de plus en plus vers des
logiciels sophistiqués de piratage pour étendre au maximum la
surveillance numérique de leurs citoyens. Mais il est rare
qu'ils évoquent publiquement leurs capacités en la matière,
opérant généralement dans l'ombre pour les intrusions numériques
de l'ordre de celles que dénonce WhatsApp.
Selon l'avocat Scott Watnik, président du groupe de travail
sur la cybersécurité du cabinet new-yorkais Wilk Auslander, la
démarche de WhatsApp est "complètement inédite".
Les principaux fournisseurs de services ont tendance à ne
pas engager de tels recours judiciaires par crainte de devoir
dévoiler leur sécurité numérique, a-t-il déclaré, précisant que
d'autres sociétés allaient suivre avec intérêt l'évolution de
cette procédure.
WhatsApp demande à la justice américaine d'interdire à NSO
l'accès à ses services et à ceux de Facebook, et réclame des
indemnités dont le montant n'a pas été dévoilé.
Les pratiques de NSO ont été scrutées de près après que le
logiciel espion de la firme israélienne a été accusé d'avoir
joué un rôle dans l'assassinat du journaliste saoudien Jamal
Khashoggi en octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à
Istanbul. L'un des amis de l'opposant fait partie des sept
journalistes et activistes ayant engagé des poursuites
judiciaires contre NSO pour des accusations de piratage de leurs
téléphones.
(Raphael Satter à Washington et Elizabeth Culliford à San
Francisco; Jean Terzian pour le service français)
WhatsApp accuse la firme israélienne NSO d'aider au piratage d'utilisateurs
information fournie par Reuters 31/10/2019 à 01:31
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