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Wall Street vue en baisse, l'Europe dans le rouge entre résultats, pétrole et dette française
information fournie par Reuters 23/10/2026 à 13:57

Siège social de LSEG (London Stock Exchange Group) à Londres

Siège social de LSEG (London Stock Exchange Group) à Londres

par Diana Mandia

Wall Street est attendue baisse et les Bourses européennes reculent vendredi à mi-séance, la confiance des investisseurs restant plombée par les craintes ‌budgétaires en France et par la flambée des prix du pétrole, tandis que la dernière vague de résultats d'entreprises entraîne de lourdes pertes pour certains grands noms de la cote tels que Kering, Safran ou Volvo Cars.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en ​baisse de 0,6% pour le Dow Jones, de 0,27% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,14% pour le Nasdaq. Ce dernier vient de connaître un plongeon de de 2,6% la veille, sa plus forte baisse depuis juin, dans un contexte de ventes massives dans le secteur de l'intelligence artificielle (IA).

À Paris, le CAC 40 perd 0,58% à 7.765,91 points vers 11h29 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,71% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,48%.

L'indice EuroStoxx 50 cède 0,54%, le FTSEurofirst 300 0,48% et le Stoxx 600 0,47%.

L'aversion au risque reste élevée en cette ​dernière séance de la semaine et devrait entraîner d'importantes pertes hebdomadaires pour les principaux indices européens, des secteurs clés tels que le luxe (-2,55%) ou la défense (-3,59%) étant à la peine après la publication de chiffres financiers qui n'ont pas été bien accueillis.

La saison des résultats bat son plein et, paradoxalement, les analystes se montrent plutôt optimistes quant au bilan qui en ressortira, les ​bénéfices trimestriels des entreprises de l'indice STOXX 600 devant progresser de 21,9%, soit le deuxième meilleur taux de croissance des quatre dernières années, ⁠principalement grâce aux entreprises du secteur de l'énergie, selon les données de LSEG I/B/E/S.

Mais les Bourses détournent le regard vers un contexte général peu favorable.

Les importantes manifestations du week-end dernier contre la vie chère en France, qui ont dégénéré en émeutes et en ‌pillages, renforcent encore davantage les doutes quant à l'avenir du projet de budget actuellement débattu à l'Assemblée nationale, dans un climat tendu également alimenté par la proximité de l'élection présidentielle de l'année prochaine.

La deuxième économie de la zone euro peine à réduire son déficit, ce qui a contribué à amplifier cette semaine la prime de risque de la dette publique française par rapport aux obligations allemandes à son plus haut niveau depuis 15 ans, ​tandis que le rendement de l'OAT à 10 ans a touché jeudi un pic despuis juillet 2002, à 5,14%.

Si ‌le rendement recule vendredi, il évolue toujours au-dessus de la barre symbolique des 5%, et la tension reste forte, de nouvelles mobilisations étant prévues samedi — malgré une avalanche d'interdictions de manifester ⁠de la part des préfets visant à limiter le risque de troubles —, tandis que Moody's pourrait abaisser la note de crédit de la France dans la soirée, emboîtant ainsi le pas aux agences de notation qui l'on déjà fait.

Les indicateurs économiques reflètent déjà les effets de ce climat de plus en plus morose: la croissance du secteur privé de la zone euro a ralenti en octobre pour atteindre son plus faible rythme depuis juin, sous l'effet d'une hausse des coûts liée à l'énergie et d'une nouvelle contraction en France, selon l'enquête PMI préliminaire publiée vendredi.

Le resserrement ⁠des conditions de financement en cours déterminera probablement le ‌ton des réunions des banques centrales prévues dès la semaine prochaine, notamment celles de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE), qui, selon les opérateurs, maintiendront leurs taux inchangés avant de les relever à nouveau en ⁠décembre.

"Les deux banques centrales doivent mettre en balance les pressions inflationnistes liées à l'énergie, d'une part, et le durcissement des conditions financières, d'autre part", écrivent dans une note les analystes de la banque privée suisse J. Safra Sarasin.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L8N4690O9]

VALEURS EN EUROPE

L'action Kering ‌dévisse de plus de 13% au lendemain des résultats trimestriels du géant français du luxe, marqués par une baisse des ventes de Gucci, sa marque phare, dans un contexte de faiblesse persistante de la fréquentation de ses magasins. Le secteur du ⁠luxe sur le Stoxx 600 recule de 2,55% dans son sillage.

L'Oréal est en revanche en nette hausse (+5,2%) après avoir publié une croissance des ventes trimestrielles supérieure aux attentes, soulignant sa résilience ⁠dans un contexte de ralentissement du reste du secteur.À Paris également, Safran ‌perd 8,3%, les investisseurs craignant que le ralentissement de la croissance des ventes sur le marché des pièces de rechange ne se prolonge jusqu'en 2027, avec des compagnies aériennes qui réduisent leurs capacités face à la hausse des prix du carburant.

Le groupe de restauration collective Sodexo grimpe ​quant à lui de 6,4% après avoir publié un chiffre d'affaires annuel plus important que prévu.

Ailleurs en Europe, Volvo Cars dégringole de 26%, le groupe suédois ‌ayant publié une perte d'exploitation au troisième trimestre et annoncé la suppression de 2.500 emplois pour réduire ses coûts face à la concurrence chinoise.

TAUX

Les rendements des obligations américaines progressent vendredi, mais cette hausse intervient après leur plus fort recul depuis plus de trois ans la veille : les turbulences qui secouent le secteur technologique ont ​redonné aux titres du Trésor leur statut de valeur refuge, ce qui a permis au rendement de l'obligation à dix ans de repasser sous la barre des 5%.

Le rendement des Treasuries à dix ans gagne 4,4 points de base à 4,9966%, tandis que celui du titre à deux ans avance de 6 points de base à 4,6946%.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans est plutôt stable à 3,3435%. Le deux ans gagne 1,8 point de base à 3,0319%.

En France, le rendement de l'OAT à dix ans perd 3,6 points ⁠de base à 5,0536%, le mouvement de vente de dette souveraine française se calmant légèrement après deux séances de fortes tensions.

CHANGES

Le dollar gagne 0,18% face à un panier de devises de référence mais s'achemine vers une baisse hebdomadaire, la devise américaine, au contraire du yen japonais, ne parvenant pas à tirer parti de la recherche de valeurs refuges par les investisseurs. Les incertitudes concernant le secteur de l'IA pourrait conduire la Fed à une politique monétaire moins restrictive que prévu, un scénario qui a pesé sur le billet vert.

L'euro perd pour sa part 0,16% et ressort à 1,1196 dollar.

PÉTROLE

Les cours pétroliers progressent encore et évoluent autour de leur plus haut niveau depuis plus de cinq mois, les attaques des Houthis en Arabie saoudite ayant ravivé les craintes d'une nouvelle perturbation des approvisionnements énergétiques en provenance du Moyen-Orient.

Le Brent prend 1,33% à 114,67 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 1,62% à 101,08 dollars.

Le gain mensuel du Brent dépasse les 10%, tandis que les prix du gaz naturel en Europe progressent de près de 30% depuis début octobre.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 23 OCTOBRE :

PAYS INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA Confiance ​des consommateurs octobre 46,3 46,3

(final)

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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