Un panneau d'arrêt de métro de Wall Street est vu à New York
par Blandine Henault
Wall Street est attendue en repli jeudi et les Bourses européennes évoluent en baisse à mi-séance, la prudence dominant face aux développements géopolitiques allant du Venezuela au Groenland, en passant par l'Ukraine, la Chine et le Japon. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,35% pour le Dow Jones, de 0,2% pour le S&P 500 et de 0,28% pour le Nasdaq À Paris, le CAC 40 abandonne 0,23% à 8.214,52 points vers 12h25 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,07% et à Londres, le FTSE lâche 0,28%.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 perd 0,28%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro cède 0,31% et le Stoxx 600 se replie de 0,38%.
Les investisseurs restent attentifs aux développements au Venezuela après le raid surprise des Etats-Unis qui a conduit à l'arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro et son incarcération à New-York.
Dans une interview au New York Times publiée jeudi, Donald Trump a prévenu que la supervision du Venezuela par les Etats-Unis pourrait durer des années. Le WSJ a rapporté par ailleurs que le président américain, qui lorgne sur les vastes ressources pétrolières du pays, envisageait d'exercer un contrôle sur la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA.
Les visées de Donald Trump sur le Groenland alimentent par ailleurs les tensions géopolitiques, tandis que les discussions sur un éventuel accord de cessez-le-feu en Ukraine se poursuivent.
Jeudi, Moscou a prévenu que toutes troupes envoyées en Ukraine par des pays occidentaux alliés de Kyiv constitueraient des "cibles de combat légitimes" - une réponse aux annonces de la "coalition des volontaires" qui s'est engagée mardi à mettre en place un système de garanties politiquement et juridiquement contraignantes pour défendre l'Ukraine face à la Russie en cas de cessez-le-feu.
Autre sujet d'inquiétudes, les tensions croissantes entre la Chine et le Japon après des déclarations de Tokyo au sujet de Taïwan. Pékin a interdit mardi les exportations de biens à double usage civil et militaire vers le Japon, y compris certains éléments de terres rares essentiels à la fabrication de drones et de puces. L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a reculé jeudi de 1,6%.
"Les investisseurs réalisent que la menace géopolitique ne va pas disparaître", observe Peter McLean, responsable des portefeuilles multi-assets chez Stonehage Fleming Investment Management.
Hors géopolitique, les acteurs de marché attendent la publication à 13h30 GMT des inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis avant la publication, vendredi, du rapport mensuel sur les créations d'emplois. Des données cruciales pour déterminer l'état de santé du marché du travail et la trajectoire à venir de la politique de la Réserve fédérale.
La décision de la Cour suprême américaine sur la légalité des droits de douane dits "réciproques" de Donald Trump pourrait par ailleurs intervenir sous peu, possiblement dès ce vendredi. Une annulation plausible de ces surtaxes pourrait venir secouer les marchés financiers.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
Le contexte géopolitique tendu profite aux valeurs européennes de la défense dont l'indice sectoriel Stoxx gagne plus de 1% et a touché un plus haut historique. Le compartiment affiche déjà une progression de 13% cette année - et de plus de 260% depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.
Le segment réagit aussi aux annonces de Donald Trump qui a proposé de porter le budget militaire des Etats-Unis à 1.500 milliards de dollars en 2027.
Les secteurs industriels, comme l'automobile (-1,6%), sont à la peine. A Paris, Renault (-4,2%) est lanterne rouge du CAC 40.
A Londres, AB Foods, qui a averti d'une baisse de son bénéfice annuel en raison notamment de la faible demande dans ses magasins Primark en Europe, plonge de 11%.
CHANGES
Le dollar évolue peu face à un panier de devises de référence, les cambistes restant dans l'attente du rapport sur l'emploi. Les économistes interrogés par Reuters tablent sur 60.000 créations de postes non agricoles en décembre après 64.000 le mois précédent.
L'euro est quasiment inchangé, à 1,1672 dollar.
TAUX
Les rendements obligataires en zone euro repartent de l'avant après le recul provoqué par des données sur l'inflation plus faibles que prévu.
Le taux du Bund allemand à dix ans gagne trois points de base à 2,8382% mais recule encore de près de sept points de base cette semaine.
Le rendement des Treasuries à dix ans avance pour sa part de plus de deux points de base à 4,1633%, après avoir reculé la veille en réaction à des indicateurs économiques mitigés.
PÉTROLE
Les cours du brut progressent après avoir reculé lors des deux séances précédentes alors que les investisseurs tentent toujours d'évaluer les implications pour le marché pétrolier des développements au Venezuela.
Le baril de Brent de la mer du Nord gagne 1,4% à 60,81 dollars et celui du brut léger américain (WTI) avance de 1,6% à 56,87 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 8 JANVIER:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 13h30 Inscriptions hebdomadaires au sem. au 27 210.000 199.000
chômage décembre
(Rédigé par Blandine Hénault, avec les bureaux de Reuters, édité par Augustin Turpin)

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