Toujours miné par le retour des tensions dans le golfe Persique, le moral des investisseurs devrait rester en berne à Wall Street ce vendredi, à en croire les contrats à terme sur le S&P 500 (-0,9%) et le Nasdaq-100 (-1,9%), à une demi-heure de la cloche.
"Il est clair que la situation dans le détroit d'Ormuz s'est détériorée. Non seulement l'accord de cessez-le-feu semble désormais oublié, mais surtout le protocole d'accord sur la réouverture d'Ormuz et le cadre des futures négociations paraissent caducs", constate LBPAM.
"Des négociations se poursuivent, mais il est difficile de voir comment elles pourraient aboutir", poursuit la société de gestion, qui pointe à la fois les dissensions au sein du pouvoir iranien et l'absence manifeste de plan de sortie de crise du côté américain.
Si elle estime que "les coûts économiques et politiques d'un enlisement du conflit sont tellement importants pour les deux belligérants qu'il paraît difficile d'imaginer qu'aucune solution ne soit finalement trouvée", LBPAM a néanmoins décidé de réduire tactiquement le niveau de risque de ses portefeuilles.
La situation géopolitique continue de faire monter les cours du pétrole, avec un baril de WTI qui grimpe de 2,5% à 80,9 USD et un baril de Brent en hausse de 1,7% à 86,2 USD, nourrissant plus largement le spectre d'un retour de tensions inflationnistes.
Dans ce contexte, les marchés continuent d'anticiper une hausse des taux de la Réserve fédérale avant la fin de l'année, "surtout si les données économiques à venir continuent de pointer vers une croissance résiliente", selon Bas Kooijman, CEO et gestionnaire d'actifs de DHF Capital.
Une hausse surprise des prix à l'importation en juin
Illustrant d'ailleurs une menace inflationniste, les prix à l'importation aux Etats-Unis ont augmenté de 0,3% en juin 2026 par rapport au mois précédent, alors que les économistes anticipaient en moyenne un repli de 0,7% le mois dernier.
De leur côté, les prix à l'exportation ont baissé de 0,6% en juin par rapport à mai, alors que le consensus ressortait à -0,4%. En rythme annuel, les prix à l'importation et à l'exportation ont progressé respectivement de 7,1% et de 10,2% en juin.
Autres données de la séance : les Etats-Unis ont enregistré 1,367 million de permis de construire en rythme annualisé en juin 2026, un chiffre en repli de 3% par rapport au mois précédent, alors que le consensus tablait sur un recul plus modeste de 0,7%.
Dans le même temps, 1,427 million de mises en chantier ont été recensées, alors que les économistes en attendaient en moyenne 1,31 million. Ce chiffre représente par ailleurs une hausse de 19% par rapport aux données publiées le mois précédent.
Toujours sur le front des statistiques, les marchés prendront d'ici peu connaissance de la production industrielle pour le mois de juin, puis de l'indice Michigan de confiance des consommateurs, autant d'indicateurs qui permettront d'affiner l'évaluation de la dynamique de l'économie américaine.
Netflix attendu en forte baisse, à la différence de Travelers
Sur le front des valeurs, Netflix devrait connaître un fort recul à l'ouverture, au lendemain de la publication par la plateforme de streaming de résultats trimestriels globalement en ligne avec les attentes, mais qualifiés de "décevants, tout comme les objectifs pour le 3e trimestre", par Wedbush.
L'action Travelers est, quant à elle, attendue stable, la compagnie d'assurance ayant dévoilé des profits trimestriels en forte hausse malgré une stagnation de ses primes souscrites nettes, grâce notamment à des pertes liées aux catastrophes naturelles plus faibles et à un revenu net d'investissement accru.
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