Un panneau indiquant « Wall Street » est visible à l'extérieur de la Bourse de New York (NYSE), à New York.
par Augustin Turpin
Wall Street est attendue en légère baisse tandis que les Bourses européennes évoluent en territoire négatif à mi-séance, l'accalmie sur l'obligataire, au lendemain d'une intervention du Trésor américain, n'ayant pas compensé les craintes inflationnistes latentes alors que les prix du pétrole restent hauts.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,13% pour le Dow Jones, de 0,05% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,03% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,41% à 8.466,75 points vers 10h44 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,50% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,34%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,33%, le FTSEurofirst 300 de 0,22% et le Stoxx 600 de 0,20%.
Alors que le président américain Donald Trump a prévenu mercredi que tout pays qui apporterait son soutien à l'Iran ou lui fournirait de l'aide ferait face à de "graves" conséquences économiques, l'absence d'évolution sur le front diplomatique au Moyen-Orient fait monter les cours du brut pour la cinquième séance consécutive.
Neuf navires seulement ont emprunté mercredi le détroit d'Ormuz, voie essentielle au transport maritime mondial d'hydrocarbures, selon les données publiées par Kpler.
Le Brent grimpe de 2,42% à 93,84 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 2,54% à 88,01 dollars.
Le maintien des prix au-dessus des 90 dollars le baril accentue les risques inflationnistes et neutralise en partie le soulagement apporté au le marché obligataire, après l'annonce par le Trésor américain d'un doublement des rachats de dette à long terme, afin de répondre aux craintes inflationnistes liées à la guerre au Moyen-Orient, mais aussi à l'envolée des coûts de financement dans un contexte d'augmentation des dépenses publiques.
La baisse des rendements observée mercredi s'atténue jeudi matin et ne devrait pas dissiper les inquiétudes sur les marchés de la dette souveraine, qui touchent également l'Allemagne et la France.
"Je le qualifie de coup d'État obligataire parce que c'était une décision tellement inattendue, et qu'elle change vraiment la structure des États-Unis en termes d'échéance et de durée", déclare Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Il ajoute que le mouvement du Trésor est susceptible de soutenir les obligations européennes sur le long terme, même si les marchés risquent de se concentrer de nouveau sur les risques à court terme une fois que la réaction instinctive initiale s'estompe.
Les "minutes" de la réunion de juillet de la Réserve fédérale américaine (Fed) publiées mercredi ont révélé que l'institution s'inquiétait de l'aggravation de l'inflation, "plusieurs" responsables étant prêts à relever les taux d'intérêt et "de nombreux" autres estimant qu'une hausse des coûts d'emprunt serait nécessaire si l'inflation ne revenait pas à l'objectif de 2% fixé par la banque centrale.
Les investisseurs scrutent désormais les résultats trimestriels de Walmart pour y discerner des indices supplémentaires sur le moral des ménages de la première économie mondiale en attendant la prochaine direction de la Fed en septembre. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
Le détaillant britannique de vêtements de sport JD Sports chute de 14,6% après avoir revu à la baisse sa prévision de bénéfice, après avoir annoncé un repli marqué de son chiffre d'affaires sous-jacent au deuxième trimestre, notamment sur son marché clé d'Amérique du Nord.
Le fabricant danois de biosolutions Novonesis bondit de 10,55% après avoir relevé ses prévisions annuelles, enregistré des résultats meilleurs que prévu pour le deuxième trimestre et annoncé un programme de rachat d'actions.
TAUX
Les rendements à long terme de la zone euro subissent moins de pressions que leurs homologues américains, reflétant une trajectoire budgétaire plus favorable et un endettement moindre, la dette s'élevant à environ 89% du PIB contre environ 120% aux États-Unis, où elle a dépassé les 40.000 milliards de dollars.
"L'annonce de ce rachat ne résout en rien les problèmes sous-jacents qui ont poussé à la hausse les rendements des bons du Trésor américain depuis de nombreux mois", d'après Andrew Cossor, analyste chez DZ Bank.
Le rendement des Treasuries à dix ans gagne 1,5 point de base à 4,6684%. Le deux ans perd 0,4 pb à 4,1748%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans perd 1,5 pb à 3,2481%. Le deux ans perd 1,1 pb à 2,8483%.
L'OAT à dix ans perd 0,5 pb à 4,1052% et le deux ans 1,2 pb à 3,0405%.
Le rendement des emprunts d'Etat italien à dix ans gagne 0,3 pb à 4,1052%.
CHANGES
Le dollar perd 0,21% face à un panier de devises de référence, l'euro gagne 0,21% à 1,1702 dollar.
La livre sterling gagne 0,32% et touche un record de six mois face au dollar, tandis qu'elle progresse de 0,13% face à l'euro.
"Le fait que le Trésor américain envoie activement des signaux indiquant qu'il cherche à plafonner les rendements à long terme est une mauvaise nouvelle pour le dollar américain," a déclaré Louis-Vincent Gave, PDG de Gavekal Research.
"Si les rendements américains à long terme sont effectivement plafonnés, cette surperformance soudaine devrait se poursuivre puisque, si rien d'autre, la décision du Trésor américain met en garde les investisseurs long sur le dollar américain."
MÉTAUX
L'or recule après une hausse de plus de 4% mercredi, la mesure du Trésor américain ayant entraîné une baisse des rendements obligataires et du dollar, tandis que la hausse des cours du pétrole et les signaux "hawkish" de la Fed ont incité les investisseurs à prendre leurs bénéfices.
Le métal jaune recule de 0,69% et ressort à 4.489,79 dollars l'once à 11h00 GMT.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 20 AOÛT:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions hebdo. au sem. au 15 210.000 209.000
chômage août
USA 12h30 indice "Philly Fed" août +25 +41,4
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Augustin Turpin, édité par Benoit Van Overstraeten)

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