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Volkswagen taille dans ses effectifs pour assurer son avenir, la Bourse apprécie
information fournie par Zonebourse 04/09/2026 à 11:49
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Volkswagen bondit de plus de 5% vendredi à la Bourse de Francfort après avoir reçu le feu vert de son conseil de surveillance en vue du lancement de son vaste plan de restructuration, considéré comme une étape cruciale de son projet de redressement.

A 11h30, l'action du premier constructeur automobile européen grimpe de 5,8% à 80,8 euros, signant la plus forte hausse d'un indice DAX en repli de 0,1% au même moment. Elle avait pris jusqu'à 9,7% à l'ouverture.

A l'issue d'une réunion tenue hier, le conseil de surveillance a validé à l'unanimité les résolutions du plan "Future Plan 2030", décrit comme la transformation stratégique la plus profonde jamais entreprise dans l'histoire du groupe.

Près de 7% des effectifs supprimés

VW prévoit de supprimer quelque 50 000 postes, soit plus de 7% de ses effectifs qui comptent plus de 667 000 employés, afin de lui permettre de subsister sur un marché durement éprouvé par l'émergence des constructeurs chinois.

Réduire la voilure et simplifier l'offre : telle est la feuille de route tracée par le président du directoire du géant allemand, Oliver Blume, afin de renouer avec une marge opérationnelle de 9% d'ici à 2030.

A titre de comparaison, celle-ci était tombée à 2,8% l'an dernier, alors qu'elle atteignait encore 7,9% en 2022.

Pour ce faire, le programme prévoit une réduction drastique du nombre de modèles mis sur le marché.

Le groupe, qui évalue ses surcapacités européennes à 500 000 véhicules, compte rationaliser sa gamme de modèles d'environ 50% d'ici à 2035 tout en réduisant la complexité de son offre d'environ 75%.

Une fois mis en oeuvre, ce plan d'économies prévoit de plafonner à 37 milliards d'euros ses coûts fixes et administratifs, avec des dépenses d'investissement et R&D qui devraient quant à elles atteindre 135 milliards d'euros sur la période 2027-2031.

Pas de fermeture d'usines, pour l'instant

Toutes ces mesures étaient accueillies favorablement par les analystes, qui y voient un passage obligé alors que les groupes automobiles européens traversent une période difficile face à une consommation en panne en Europe, au moment où la guerre des prix continue de faire rage en Chine.

"Le plus important, c'est que le plan ait obtenu le soutien des représentants du personnel, du syndicat IG Metall et de la Basse-Saxe, ce qui lève un obstacle majeur sachant que les questions de gouvernance ont historiquement compliqué les restructurations d'envergure", souligne-t-on chez Oddo BHF.

"Il lève peut-être la crainte la plus importante soulevée par les investisseurs : celle de savoir si l'entreprise est encore capable de prendre des décisions difficiles nécessaires", renchérissent les équipes de Deutsche Bank.

L'accord est l'aboutissement de négociations intensives, qui ont permis aux représentants des salariés d'obtenir plusieurs garanties de taille : aucun site ne sera abandonné et aucune fermeture d'usine n'est décidée.

Le groupe reconnaît cependant s'interroger sur l'avenir des usines d'Emden, Zwickau, Neckarsulm et Hanovre après 2031.

Le plus dur reste à venir

Reste que Volkswagen doit maintenant élaborer, d'ici fin juin 2027, une nouvelle organisation industrielle, au moment où des scénarios évoquent déjà le besoin de multiplier par deux le nombre de suppressions de postes prévues à l'heure actuelle, ainsi que la nécessité de fermer plusieurs sites en Allemagne.

"Volkswagen n'est que la partie la plus visible du problème", s'inquiètent les gérants de Carmignac.

"La production automobile européenne est passée d'environ 22 millions de véhicules en 2017 à près de 16 millions aujourd'hui", rappelle la société de gestion.

"Certaines estimations la voient tomber en deçà de10 millions au cours des cinq à dix prochaines années", souligne-t-elle.

Très attendue, la conférence que tiendra l'équipe de direction aujourd'hui à 13h devrait permettre d'apporter la visibilité attendue par le marché.

"Les investisseurs veulent savoir s'il s'agit d'un véritable programme de restructuration assorti d'une feuille de route crédible pour sa mise en oeuvre, ou s'il s'agit simplement d'un accord-cadre visant à reporter les décisions difficiles à prendre", conclut Deutsche Bank.

Le titre, qui accuse un repli de quasiment 22% cette année contre une baisse de 15% pour l'indice sectoriel STOXX Europe 600 Automobiles, s'échange désormais sous ses niveaux datant du scandale du "Dieselgate", en 2015, pour évoluer à des plus bas depuis 2010.

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