Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, le 3 février 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )
Les scénarios dessinés par la Banque centrale européenne ne prévoient pas de "récession" en zone euro, a souligné vendredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, interrogé par Boursorama.
La BCE a publié jeudi "trois scénarios" et "même un quatrième qui est un scénario plus optimiste", a rappelé ce membre du conseil des gouverneurs.
"Dans ces différents scénarios, il n'y a pas de récession, je le souligne", a-t-il indiqué, interrogé par Boursorama sur les répercussions d'un cours du pétrole "durablement au-delà de 120 dollars".
"Et au passage, j'ai entendu beaucoup le mot stagflation, qui serait à la fois une stagnation de l'activité et puis une inflation qui s'installe. Ça n'est pas ça dont il s'agit", a insisté M. Villeroy de Galhau.
"C'est important de rappeler que les prix de l'énergie, c'est une partie seulement de l'inflation, de l'indice des prix à la consommation. En France, ça pèse 9%, dont, quitte à vous étonner, 4% seulement sur les produits pétroliers, y compris le plein à la pompe", a-t-il poursuivi.
"Ce qui est extrêmement important, c'est d'éviter la diffusion vers le reste de la consommation", a rappelé le gouverneur.
La BCE a maintenu jeudi son principal taux d'intérêt directeur à 2%, malgré la flambée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient, tout en relevant "l'incertitude entourant les perspectives, créant des risques à la hausse pour l'inflation et des risques à la baisse pour la croissance économique".
"Le message est celui de la vigilance", a commenté M. Villeroy de Galhau au lendemain de cette décision.
Certains responsables monétaires se montrent toutefois plus offensifs.
Joachim Nagel, président de la Bundesbank, le 5 mars 2026 à Francfort, en Allemagne ( AFP / Kirill KUDRYAVTSEV )
Une hausse des taux pourrait intervenir dès le mois prochain si les pressions sur les prix s'intensifient en raison du conflit avec l'Iran, a estimé Joachim Nagel, président de la Banque fédérale d'Allemagne, auprès de l'agence Bloomberg.
"Il est envisageable que les perspectives d'inflation à moyen terme se détériorent et que les anticipations d'inflation augmentent durablement, ce qui nécessiterait probablement une politique monétaire plus restrictive", a-t-il déclaré.
Il a ajouté que de nouvelles données "plus fiables" seront disponibles d'ici la prochaine réunion de la BCE prévue le 30 avril.
M. Nagel a rappelé le précédent du choc inflationniste provoqué par l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, tout en estimant que la BCE se trouve aujourd'hui dans une "position de départ plus solide".

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