Face à un marché automobile plongé dans le marasme, les acteurs du secteur cherchent de nouveaux débouchés... et des moyens d'utiliser leurs usines. La course à l'armement lancée à travers l'Europe favorise les initiatives, en coopération avec des entreprises en plein essor.
Une démonstration de drone FPV au selon de défense Eurosatory, à Villepinte, en juin 2026 (illustration) ( AFP / KENZO TRIBOUILLARD )
Confronté à la déprime du marché automobile, l'équipementier Forvia a annoncé lundi 27 juillet qu'il allait se lancer dans l'assemblage de drones en Europe. En s'appuyant sur "l'expertise industrielle, les capacités d'assemblage et le savoir-faire de Forvia", cette collaboration "vise à contribuer au renforcement de la base industrielle de défense européenne et de sa capacité à répondre rapidement aux besoins de production", indique un communiqué de l'équipementier diffusé lundi soir.
Le nom de son partenaire n'a pas été dévoilé. Forvia a simplement indiqué qu'il s'agissait d'une "entreprise européenne pionnière des technologies de défense, spécialisée dans la défense aérienne et les systèmes de lutte anti-drones fondés sur l'intelligence artificielle".
Selon le directeur général de Forvia, Martin Fischer, cité dans Les Echos , les modèles de drones seront produits en France et en Allemagne, à raison initialement de 500 drones intercepteurs par mois, "avec pour objectif de porter les capacités de production à 1.000 unités par mois" indique le communiqué. Forvia fournit déjà des solutions d'éclairage et des systèmes électroniques pour des applications militaires et de sécurité via sa filiale Hella. La société estime que ses technologies "éprouvées" allant des radars aux solutions de gestion de l'énergie peuvent "être adaptées aux exigences spécifiques" de la défense.
"Cette nouvelle activité nous apporte la croissance que l'industrie automobile ne nous apporte plus"
Face à la morosité du marché européen, et pour occuper leurs usines, d'autres équipementiers automobiles ont déjà amorcé un virage vers l'industrie de défense, notamment dans le domaine des drones.
Valeo ainsi a annoncé la semaine dernière qu'il allait produire à partir de 2027 dans un de ses sites français un moteur électrique sans terres rares critiques pour les drones de la startup française Harmattan AI . "Nous allons pouvoir apporter notre expertise de montée en cadence dans un marché en forte croissance, alors que la base fournisseurs de ces dronistes est plutôt faible. Cette nouvelle activité nous apporte la croissance que l'industrie automobile ne nous apporte plus", avait ainsi expliqué Christophe Périllat, patron de l'équipementier, lors d'une rencontre avec la presse relayée notamment par La Tribune . "Nous sommes avant tout une entreprise technologique. Ce sont les technologies que nous développons qui nous définissent et ces technologies transcendent l'automobile. Nous regardons donc des applications dans d'autres industries et d'autres verticales", avait encore fait valoir le dirigeant.
D'autres acteurs de l'automobile ont déjà lancé des manoeuvres en ce sens, à l'image de Schaeffler avec le français Delair. A court d'espace disponible dans son site de Labège, le constructeur toulousain de drones va ainsi mettre en place une ligne d'assemblage dans une usine de l'équipementier à Boussens, en Haute-Garonne . L'installation sera notamment utilisée pour construire les munitions téléopérées MX-10 Damoclès, qualifiées par la DGA et livrées aux forces françaises. "Le contrat avec Delair répond à une volonté de diversification du groupe. Nous développons depuis un an une stratégie dans la défense", a ainsi résumé Marine Durix-Confrère, directrice générale de Schaeffler France, dans les colonnes des Echos .
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