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Une situation qui reste très confuse
information fournie par Edmond de Rothschild AM 20/03/2026 à 17:02

  • Trois semaines après le début du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, l'issue de la situation demeure très confuse.
  • En parallèle, les tensions sino-américaines ont persisté malgré la reprise de discussions bilatérales.
  • Dans ce contexte, les banques centrales sont au centre de l'attention, tiraillées entre choc d'offre énergétique et risque de désancrage des anticipations d'inflation.

Trois semaines après le début du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, l'issue de la situation demeure très confuse. Le détroit d'Ormuz reste bloqué pour la quasi-totalité du trafic avec un impact accru sur les prix pétroliers, qui ont atteint un pic proche des 120$ / baril en cours de semaine. Alors que jusqu'ici les belligérants avaient évité de viser des installations énergétiques, Israël a touché des infrastructures énergétiques iraniennes et l'Iran a rétorqué en commettant des dégâts importants sur des capacités de GNL du Qatar, ce qui pourrait peser sur l'offre mondiale dans la durée. Une accalmie est toutefois apparue en fin de semaine avec une déclaration de Benjamin Netanyahou promettant de ne plus attaquer de sites énergétiques et une réponse positive de pays européens à l'appel de Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d'Ormuz après le refus net du Japon et de l'Australie en début de semaine. Les modalités de cette intervention restent néanmoins floues à ce stade.

En parallèle, les tensions sino-américaines ont persisté malgré la reprise de discussions bilatérales : la Chine n'ayant pas d'incitation forte à répondre à court terme aux attentes de pression de sa part sur l'Iran comme le souhaite les Etats-Unis. En effet, les dernières données économiques chinoises démontrent la résilience de son économie avec une production industrielle à +6,3% et des ventes au détail à +2,8% annuels. L'investissement résidentiel reste en berne à -11% sur un an mais de manière moins prononcée qu'en 2025. En Allemagne, les instituts IW - institut de l'économie allemande- et IFO pointent sur une exécution décevante du plan allemand alors que 90% des fonds décaissés en 2025 auraient été orientés vers des dépenses de fonctionnement plutôt que vers de véritables investissements, limitant l'impact sur la croissance potentielle. L'indicateur ZEW pointe que les anticipations de croissance allemandes sont en nette baisse à -0,5 versus 58,3 en février. Aux Etats-Unis les prix à la production hors alimentation et énergie PPI ont augmenté plus qu'anticipé à 0,5% en février contre 0,3% attendus et 0.8% le mois précédent, mettant en exergue un risque accru de retour de pressions inflationnistes.

Dans ce contexte, les banques centrales sont au centre de l'attention, tiraillées entre choc d'offre énergétique et risque de désancrage des anticipations d'inflation. La Banque des règlements internationaux (BRI) les a invitées à la prudence et à « regarder au travers » du choc pétrolier s'il reste temporaire. Le discours de la Fed s'est montré très prudent sur la possibilité de baisses ultérieures de ses taux directeurs avec des nouvelles projections, « dots », montrant une diminution à une seule baisse de taux attendue dans l'année alors que les chiffres de l'emploi n'ont pas démontré de dégradation supplémentaire. La BCE tout en se montrant prudente en soulignant les différences avec le précédent choc inflationniste de 2022, a fait évoluer son scénario central en intégrant une reprise potentielle de l'inflation sous-jacente et la possibilité d'une hausse de taux si nécessaire. La Banque d'Angleterre, si elle a maintenu ses taux, est également prête à ajuster ses taux à la hausse comme souligné par le vote d'un membre dissident en faveur d'une hausse immédiate. En Australie, la RBA a décidé de poursuivre ses hausses de taux dans un contexte national avec une inflation déjà supérieure à 3%. La Banque du Japon envisage également une prochaine hausse de taux liée à l'évolution des salaires, sans précipitation en réponse au choc pétrolier.

Le manque de visibilité avec la difficulté à entrevoir une issue positive au conflit notamment pour les Etats-Unis nous incite à garder les protections mises en place dans les portefeuilles et à conserver notre vue positive sur le dollar. Nous demeurons prudents sur la duration au vu de la potentielle prise en compte des conséquences inflationnistes par les banques centrales et favorisons le crédit Investment Grade.

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