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" Un hard Brexit est inéluctable " , selon Christian Noyer
information fournie par Newsmanagers20/12/2018 à 16:15

(NEWSManagers.com) - A quoi ressemblera le paysage de la finance européenne post-Brexit? C' est la question à laquelle ont tenté de répondre Nicolas Mackel, CEO de Luxembourg for Finance, l' agence de développement de la place financière luxembourgeoise, Christian Noyer, gouverneur honoraire de la Banque de France, Frédéric Mouchel, CEO de J.P. Morgan Bank Luxembourg et Bertrand Peyret, secrétaire général adjoint de l' Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Ce panel était réuni dans le cadre d' un événement co-organisé par Luxembourg For Finance et le journal L' Opinion, jeudi 13 décembre.

Nicolas Mackel, CEO de Luxembourg for Finance, a estimé que Paris, Luxembourg, Dublin, Francfort et Amsterdam étaient les 5 places qui bénéficient le plus du Brexit, voyant en Paris et Francfort un hub de premier choix pour les activités de trading quand le Luxembourg, lui, tire davantage profit de son expertise dans l' industrie des fonds et de la gestion de patrimoine. D' autres places sont aussi en lice comme Madrid et Milan, a-t-il rappelé.

"On assiste à une véritable multipolarisation des services financiers avec une spécialisation accrue renforcée par les délocalisations dans le contexte de Brexit. Cette spécialisation s' est déjà faite dans une grande mesure", a dit Nicolas Mackel qui a insisté sur la complémentarité et la compétitivité des différentes places. " Il ne faut pas voir cela au sens d' une concurrence sauvage entre places mais d' une coopération entre elles, " a-t-il ajouté, évoquant l' Union des marchés comme un élément-clé de la compétitivité de la place financière européenne.

Pour Frédéric Mouchel, CEO de J.P. Morgan Bank Luxembourg, il faut s' attendre à un hard Brexit fin mars 2019 car la probabilité d' un tel scénario existe toujours. L' incertitude porte sur les activités de marché selon lui. " Au 29 mars 2019, banques et gérants d' actifs doivent être en mesure de continuer à servir leurs clients. Beaucoup de banques, notamment britanniques, n' avaient pas de structure en Europe ou alors une petite structure. Il faut avoir les véhicules nécessaires afin d' assurer une continuité dans le service des clients. On voit ces derniers temps que l' entité légale en Europe a pris de l' importance, " a expliqué Frédéric Mouchel.

" Certaines entités déplacent leur siège dans un pays membre de l' Union européenne d' un point de vue juridique et Londres devient ainsi une succursale de la société nouvellement créée. Mais l' utilisation d' une succursale dans un pays tiers n' est pas une solution universelle car le périmètre d' activité n' est pas large, " a poursuivi Frédéric Mouchel, qui a par ailleurs relevé que l' implantation d' un second quartier général en Europe allait multiplier les coûts pour nombre d' entités financières. " Il ne faudrait pas se retrouver dans une situation dans laquelle on ferait fuir les banques d' Europe car y opérer serait peu rentable. Le risque existe d' un désengagement des actionnaires si les banques internationales n' arrivent pas à les satisfaire."

Le gouverneur honoraire de la Banque de France Christian Noyer a jugé " un hard Brexit inéluctable " en mars prochain car " nous ne sommes pas ici dans le domaine de l' union douanière mais du marché unique et le Royaume-Uni ne veut en respecter aucun principe. Il faut que le Royaume-Uni en sorte." Interrogé sur la possibilité que certaines institutions financières pourraient opter pour les Etats-Unis ou l' Asie dans le cadre de la relocalisation de leurs activités, Christian Noyer a rappelé qu' il n' existait pas de passeport financier au Japon et aux Etats-Unis et que le fuseau horaire était une contrainte majeure. " C' est un rêve que d' imaginer servir ses clients européens depuis les Etats-Unis ou l' Asie. L' Europe dispose du fuseau horaire idéal car c' est un fuseau relais entre les Etats-Unis et l' Asie. Le risque d' une délocalisation à New York se limite aux entreprises qui ont une clientèle non-européenne large. "

Bertrand Peyret, directeur adjoint de l' ACPR, n' a pas souhaité parier sur les mouvements des différents corps de l' industrie financière en vue du Brexit, pointant une situation actuelle floue et les " hésitations opérationnelles " des entités concernées. Bertrand Peyret a également soulevé un " vrai sujet " sur le plan territorial au niveau du transfert des chambres de compensation, Londres étant la place où l' on compense plus de transactions libellées en euros que n' importe quel autre pays membre de l' Union européenne.

Sur ce point, Christian Noyer a plaidé pour une décentralisation et déclaré: " L' accumulation des risques a été transférée sur les chambres de compensation. Nous avons notamment besoin d' une masse critique de compensation sur les swaps de taux qui soit surveillée par les autorités de régulation et de contrôle européennes. "

Pas de dérèglementation de Londres

Christian Noyer a écarté la possibilité que le Royaume-Uni s' engage dans une poussée de déréglementation post-Brexit. " Le Royaume-Uni a été moteur dans la poussée réglementaire après la crise, je ne crois pas à une déréglementation de la part de Londres. S' ils faisaient volte-face, ça irait à l' encontre du discours de la Banque d' Angleterre et de la Financial Conduct Authority. Londres perdrait sa crédibilité auprès des autres acteurs, " a suggéré le gouverneur honoraire de la Banque de France.

Pas de risque de déréglementation effrénée en vue non plus du côté de Nicolas Mackel, CEO de Luxembourg for Finance, qui pense en revanche que le Royaume-Uni peut conserver quelques avantages au travers de " certaines différences mineures " comme l' absence de taxe sur les transactions financières et les bonus caps. Christian Noyer a d' ailleurs appelé à la prudence côté réglementation. " Ce qui a tué Amsterdam pour attirer les activités de marchés, c' est une réglementation plus dure sur les bonus que la réglementation européenne. Du coup, aucune salle de marché n' ira à Amsterdam, " a-t-il conclu.

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