( AFP / LOU BENOIST )
Après un début d'année euphorique et une polémique sur ses "super-profits", le groupe pétrogazier TotalEnergies se prépare à annoncer jeudi de très bons résultats au second trimestre, malgré une situation géopolitique instable liée au conflit en cours au Moyen-Orient qui a pesé sur sa production d'hydrocarbures.
Les estimations de son bénéfice net du second trimestre oscillent entre 5,26 milliards d'euros (environ 6 milliards de dollars) selon les analystes consultés par Factset et 6,11 milliards de dollars, selon les analystes consultés par Bloomberg. Soit des résultats plus de deux fois plus élevés qu'il y a un an.
Les analystes de RBC Capital Markets ont eux prévenu lundi qu'ils anticipaient un trimestre toutefois "décevant" en raison de "résultats plus faibles" dans sa chaîne de valeur du gaz, en partie en raison d'"une contre-performance" dans le négoce (achat-vente, NDLR) de gaz, contrastant "avec la surperformance" du premier trimestre 2026, ainsi que l'a annoncé TotalEnergies dans un communiqué le 16 juillet.
L'entreprise avait planté le décor de ce second trimestre, soulignant aussi que la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran avait affecté sa production d'hydrocarbures à hauteur de 210.000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne au deuxième trimestre, un impact toutefois inférieur à ses anticipations, qui prévoyaient de l'ordre de 360.000 barils équivalent pétrole par jour (bep/j) en moyenne.
La production d'hydrocarbures du deuxième trimestre 2026 devrait bénéficier d'une croissance organique de 4%, conforme aux objectifs, soutenue notamment par une "montée en puissance au fil du trimestre de la production offshore aux Emirats Arabes Unis", ainsi que "le redémarrage de la production dans les autres pays de la région au cours du moins de juin".
Le raffinage en forme
Néanmoins, une partie "significative" mais non spécifiée de cette production "n'a pas pu faire l'objet d'enlèvements au cours du trimestre", expliquait le géant des hydrocarbures, qui l'a comptabilisée dans ses comptes "à la valeur du brut de fin juin", c'est-à-dire à moins de 70 dollars le baril.
Les résultats de sa branche Exploration-Production où il réalise l'essentiel de sa rentabilité "sont attendus en croissance mais affectés par les effets de comptabilisation de la production non enlevée", avait précisé le groupe.
Par ailleurs, TotalEnergies dit prévoir des résultats "en forte hausse" pour son activité aval par rapport au premier trimestre, en raison de meilleures marges des activités de raffinage - transformation du pétrole en carburant par exemple - ou de la pétrochimie.
L'entreprise avait réalisé un bénéfice net en très forte augmentation au premier trimestre, porté par la hausse des prix du pétrole et du gaz ainsi que par ses activités de négoce. Le bénéfice net trimestriel du groupe avait atteint 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros au cours de fin avril), en hausse de 51% sur un an, une performance exceptionnelle qui avait relancé les appels à la taxation de "super-profits".
Sa production de gaz et de pétrole, en hausse de 4% au premier trimestre, et les prix élevés lui avaient permis de compenser ses pertes dans la région du Golfe, équivalentes à 15% de son activité pétrogazière mondiale.
Le groupe, souvent critiqué pour la faiblesse, voire l'absence de son impôt sur les sociétés en France au regard de ses énormes bénéfices mondiaux, met en avant sa contribution à l'économie internationale, assurant payer environ 25 milliards de dollars en moyenne annuelle d'impôts sur les sociétés et taxes à la production entre 2022 et 2025, pour un chiffre d'affaires d'environ 200 milliards de dollars par an.
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