Pas de quoi satisfaire les syndicats, qui dénoncent notamment une "manipulation grossière" face à un appel à la grève lancé pour le 8 octobre.
(illustration) ( AFP / ASTRID VELLGUTH )
Les salariés de TotalEnergies en France vont bénéficier d'une prime exceptionnelle en 2026, en amont des négociations annuelles obligatoires (NAO) prévues en décembre, d'après un document interne consulté par l'AFP, alors que la CGT menace d'une grève pour le 8 octobre.
Cette décision de la direction du géant des hydrocarbures intervient dans un contexte de forte augmentation de ses bénéfices, depuis le déclenchement de la guerre dans le Golfe, fin février, qui a fait flamber les prix des hydrocarbures sur les marchés mondiaux.
Elle arrive à un moment où la CGT de TotalEnergies a annoncé appeler à la grève le 8 octobre pour l'emploi et les salaires, "sur tous les sites du groupe" en France, notamment ses raffineries et certaines stations-service.
Contacté par l'AFP, le groupe n'a pas souhaité faire de commentaire "avant l'ouverture des discussions prévues lors des NAO en décembre".
"Dans l'attente de l'ouverture des négociations annuelles obligatoires, nous avons souhaité adresser un signal concret à l'ensemble de nos salariés en France", écrit Catherine Remy, la directrice générale "people and social engagement" (l'équivalent de RH) du groupe dans le courrier interne.
"Cette avance de 1.000 euros traduit notre volonté de reconnaître dès aujourd'hui leur contribution à la réussite collective de la compagnie tout en préservant pleinement le rôle du dialogue social dans la définition des mesures salariales pour l'année à venir", ajoute-t-elle.
Que vont faire les raffineurs ?
"C'est vraiment une manipulation grossière" de la part de la direction, "très fébrile" quant à l'appel à la grève, a réagi auprès de l'AFP Eric Sellini, coordinateur CGT au sein du groupe. "Ça ne répond pas du tout à la qualité et à la quantité des demandes", a-t-il ajouté. Il estime que la direction du groupe veut "faire en sorte que dans le contexte actuel, très tendu dans l'ensemble du pays, il n'y ait pas en plus les raffineurs (...) et les stations-service qui s'y mettent".
Dans son appel à la grève, la CGT évoque des effectifs "sous tension", notamment dans les raffineries, avec un recours grandissant à l'intérim et aux CDD, avec des incidences selon elle sur la sécurité. Le syndicat appelle aussi les salariés à débrayer pour défendre leur pouvoir d'achat en recul pour "des milliers" d'entre eux, notamment dans les filiales du groupe. "Les salariés subissent une dégradation continue de leurs conditions de travail qui s'est accentuée pendant les périodes de canicule", a-t-elle résumé dans un tract consulté par l'AFP.
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