La France emprunte à des coûts plus élevés que d'autres pays comme la Grèce et l'Italie.
( AFP / ODD ANDERSEN )
Si la hausse des taux d'intérêt touche tous les grandes économies, la défiance des marchés envers la dette française est croissante. Le taux d'emprunt à 10 ans flambe et l'écart avec celui de l'Allemagne, le fameux "spread" a atteint vendredi 18 septembre un point de pourcentage. Cela marquerait à la clôture un plus haut depuis 2012 pour cet écart.
Peu avant 11h GMT, les obligations françaises à dix ans affichaient un rendement de 4,50% contre 3,50% pour le "Bund" allemand, qui sert d'étalon pour la zone euro sur le marché obligataire. La France emprunte à des coûts plus élevés que d'autres pays comme la Grèce et l'Italie.
"L'Italie, considéré comme l'homme malade de l'Europe pendant des années, a réussi à ramener son déficit dans la zone des 3%. Sur la trajectoire du déficit, l'Italie a réussi à faire cet effort quand la France reste dans la zone des 5% ", commente Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
La hausse des taux d'intérêt touche toutes les grandes économies à commencer par les États-Unis où le rendement des bons du Trésor à dix ans a dépassé cette semaine les 5% pour la première fois depuis 2007. Cette hausse est une réaction face aux risques d'inflation qui elle-même dérive de la poussée des coûts de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
La présidentielle inquiète les marchés
Dans le cas de la France, les marchés s'inquiètent également d'une dette publique à 117,5% du PIB au seuil de la campagne présidentielle. "Il est possible que la composante politique en France l'emporte sur la composante géopolitique" , selon Alexandre Baradez.
"La campagne présidentielle va être compliquée, va alerter et inquiéter les marchés. On peut s'attendre à des tensions sociales qui s'ajouteraient aux tensions obligataires", ajoute Vincent Juvyns, analyste pour ING.
Première conséquence : la hausse progressive des taux alourdit le coût des prochains emprunts. "La charge de la dette devait atteindre près de 60 milliards d'euros cette année , soit le budget de la défense ou de l'éducation nationale", rappelle Vincent Juvyns.
La hausse des taux complique la tâche du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a présenté jeudi soir les grandes lignes du projet de budget 2027 promettant un effort de 54 milliards d'euros. Malgré la conjoncture, la dette française est "très attractive" et "il n'y a pas de craintes sur le financement de l'Etat" malgré des taux d'intérêts au plus haut depuis 2008, a affirmé mardi le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin.
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