Le logo de Stellantis (Crédit: / Adobe Stock)
«La route est longue, mais nous allons dans la bonne direction avec les bonnes priorités et le bon rythme», a affirmé Antonio Filosa, le directeur général, en conclusion de la présentation des résultats du deuxième trimestre fin juillet (comme pour toutes les sociétés américaines, et Stellantis en est de plus en plus une, les commentaires sont axés sur le trimestre). Cette phrase résume bien la teneur des chiffres annoncés: ils marquent une progression, en particulier sur le plan des facturations, mais la rentabilité peine à suivre.
Gonflement des stocks
Le chiffre d'affaires a augmenté de 13,1 % au deuxième trimestre tiré par un dynamisme exceptionnel aux Etats-Unis avec une envolée des facturations de 32 %, mais cette croissance américaine spectaculaire tient, pour une très large part, à la forte augmentation des stocks chez les concessionnaires (+ 70.000 par rapport au début de l'année) qu'il faudra bien écouler par la suite. Les ventes ont, en réalité, progressé de 6 % en Amérique du Nord, ce qui traduit tout de même un gain de 40 points de base de part de marché. En Europe, elles ont augmenté de 3 % mais uniquement grâce à la forte croissance du partenaire chinois Leapmotor. Si l'on exclut l'apport de celui-ci, la part de marché du groupe est tombée à 16 % (- 80 points de base). Sur le plan de la rentabilité, la marge opérationnelle est ressortie entre avril et juin à 1,8 %, contre 0,6 % un an plus tôt. Elle est restée supérieure à 8 % (bien qu'en baisse) en Amérique du Sud et au Moyen-Orient-Afrique. Aux Etats-Unis, traditionnelle vache à lait du groupe, elle est redevenue positive mais elle plafonne à 1,6 %. En Europe, elle est restée négative affectée par la hausse des matières premières et une forte pression concurrentielle.
Le point le plus positif est la nette progression du cash-flow libre qui a atteint 1 milliard alors qu'il était nul l'an dernier. Sur le semestre, il reste négatif de 920 millions mais c'est néanmoins une amélioration considérable par rapport aux 3 milliards brûlés en 2025. Le groupe a d'ailleurs confirmé son ambition de revenir dans le vert sur cet indicateur l'an prochain.
Les autres objectifs, pour l'exercice 2026 ceux-là, ont été confirmés: une croissance des revenus mid-single digit, autrement dit entre 3 % et 7 %, une marge opérationnelle low-single digit (entre 1 % et 3 %) et une amélioration du cash- flow par rapport à 2025.
Nous conseillons la valeur à l'achat à titre spéculatif. Les objectifs sont prudents et limitent le risque de déception. L'évolution du cash-flow sera à surveiller. Objectif: 7€.
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