Luca de Meo, directeur général de Renault. (Crédit: Olivier MARTIN-GAMBIER / Renault)
Le groupe au losange avait annoncé une première initiative dans le secteur militaire en janvier, avec la création d'une coentreprise avec la société Turgis Gaillard, afin de produire des drones longue portée dans son usine mancelle qui fabrique des châssis. La production devrait démarrer d'ici à la fin de l'année.
Renault est passé à la vitesse supérieure à l'occasion du salon Eurosatory consacré à la défense et à la sécurité. Deux accords avec Thales, qui devraient déboucher sur une production dès 2027, y ont été dévoilés. Le premier, baptisé «4 Troop», consiste à proposer des véhicules légers (voitures ou camionnettes) adaptés aux besoins des troupes terrestres pour de multiples usages: aide à la décision, reconnaissance, coordination sur le terrain, escorte, soutien logistique, surveillance de zones sensibles ou déploiement de drones et de robots. Le constructeur automobile apportera ses véhicules et son architecture électronique auxquels seront intégrées les technologies de défense de Thales.
Drones kamikazes
Le second accord, Toutatis, vise à produire en grande série des munitions téléopérées à courte portée, aussi appelées drones kamikazes et conçues par Thales, qui n'avait pas les capacités de les produire en grande série. «Nous apportons notre compétence en termes d'industrialisation. Le secteur automobile est reconnu pour ses délais de mise en production assez rapides et à coûts maîtrisés», explique-t-on chez Renault. Le groupe explore aussi des pistes dans les drones terrestres avec la société belge John Cockerill.
Est-ce le début d'une diversification pour Renault? «C'est une logique d'opportunité», assure le constructeur, qui insiste sur le fait que «son cœur d'activité reste l'automobile» et qui ne veut consacrer qu'une part marginale de ses investissements à l'armement. De fait, il ne s'est lancé dans ces projets qu'à la demande de la direction générale de l'armement (DGA) et n'intervient qu'en collaboration avec des groupes spécialisés dans la défense. Au demeurant, les cadences prévues, de 600 et 1.000 drones par mois avec Turgis Gaillard et Thales, n'ont rien à voir avec celles de l'industrie automobile: la seule usine de Douai, qui assemble les voitures électriques de Renault, produit, elle aussi, 1.000 unités, mais… par jour.
Nous recommandons le titre à l'achat. Le groupe bénéficie, notamment grâce à la R5 et à la Twingo, du fort développement des ventes de voitures électriques en Europe depuis le début de l'année. Contrairement aux constructeurs allemands, il n'est pas touché par la chute du marché automobile chinois. Objectif: 38 €.
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