* L'Etat n'a pas opposé de veto au projet avec Fiat-Le Maire
* La priorité reste de renforcer l'alliance avec Nissan-Le
Maire
* L'Etat jouera pleinement son rôle d'actionnaire de
référence-Le
Maire
* Renault n'est plus la Régie-Senard au Figaro
(Actualisé tout du long avec précisions de l'entourage du
ministre sur le déroulement de l'entretien)
par Gilles Guillaume
PARIS, 13 juin (Reuters) - Bruno Le Maire et le président de
Renault RENA.PA , Jean-Dominique Senard, ont joué la carte de
l'apaisement jeudi lors d'un entretien centré sur l'avenir du
groupe et de l'alliance avec Nissan, après des tensions autour
des responsabilités dans l'échec de la fusion envisagée entre le
groupe au losange et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) FCHA.MI .
Le ministre de l'Economie et des Finances et le patron du
constructeur français ont eu "un excellent entretien, tourné
vers l'avenir du groupe Renault et de l'alliance
Renault-Nissan", indique-t-on à Bercy, où l'on souhaite "une
relation de confiance et apaisée" après les crispations des
derniers jours entre le groupe automobile et son principal
actionnaire.
Lors de cette rencontre d'environ une demi-heure, Bruno Le
Maire "a répété que la priorité était le renforcement de
l'alliance", précise-t-on dans l'entourage du ministre.
Avant ce rendez-vous, le ministre de l'Economie et des
Finances avait fait part sur franceinfo de sa volonté de
"remettre les points sur les 'i'", notamment sur le fait que les
actionnaires définissent la stratégie, le président étant chargé
de l'appliquer.
"Tant (que l'Etat) est actionnaire de référence, sa
responsabilité pour l'entreprise, pour les salariés, pour les
usines, pour les centres de recherche, c'est de jouer son rôle
d'actionnaire de référence avec les autres actionnaires pour
définir une stratégie pour l'entreprise", a-t-il dit sur
franceinfo.
Mercredi, Jean-Dominique Senard a déclaré à l'assemblée
générale de Renault que le retrait brutal de l'offre de Fiat à
la suite d'un délai demandé par l'Etat français, qui détient 15%
du groupe au losange, le désolait.
"Cela m'a toujours paru une opportunité intéressante, ça
reste une opportunité intéressante. Mais j'ai toujours été
clair: (à condition que ce soit) dans le cadre de la stratégie
de renforcement de l'alliance (avec Nissan), ce qui suppose que
le partenaire japonais soit associé et ce qui suppose (qu') au
bout du compte (il) soit d'accord", a répliqué Bruno Le Maire.
L'ÉTAT NE VA PAS "REGARDER PASSER LES TRAINS"
"Nous n'avons jamais opposé, nous, Etat, de veto à cette
opération", a-t-il ajouté.
"Ensuite, dans un second temps seulement, nous pourrons
examiner si ce projet de fusion peut avoir lieu, sans pression,
et sans précipitation", a poursuivi le ministre de l'Economie.
Des sources ont dit mercredi à Reuters qu'après l'échec de
la fusion avec Fiat et face à la crise persistante avec Nissan,
Jean-Dominique Senard avait demandé à voir le président de la
République Emmanuel Macron pour s'assurer d'être "soutenu au
plus haut niveau", en vain jusqu'ici.
"J'ai fait le choix la semaine dernière de lui confirmer mon
soutien et de lui renouveler ma confiance", a indiqué pour part
Bruno Le Maire sur franceinfo.
Selon les mêmes sources, les propos du ministre de
l'Economie au Japon, le week-end dernier, évoquant la
possibilité d'une baisse de la participation de l'Etat dans
Renault, voire de celle de Renault dans Nissan, ont également
ajouté à l'exaspération de Jean-Dominique Senard.
Dans une interview au Figaro de jeudi, le président de
Renault rappelle que le conseil d'administration du constructeur
est "le seul souverain pour décider de l'évolution des
participations de l'entreprise", et qu'il aimerait "être informé
en amont des éventuelles prises de position des uns et des
autres".
"Je souhaite qu'avec l'Etat, le dialogue soit fluide",
ajoute-t-il. "Mais il doit être clair pour tout le monde que
Renault aujourd'hui n'est plus la Régie ! C'est peut-être le bon
vieux temps, mais le monde a évolué."
Régie nationale détenue à 100% par l'Etat à l'après-guerre,
le groupe au losange a été privatisé en 1995. L'Etat français
reste néanmoins aujourd'hui le principal actionnaire de Renault
avec 15% du capital.
"Tant que l'État est actionnaire de référence de Renault, il
jouera son rôle entièrement", a répondu Bruno Le Maire sur
France Info. "Ne comptez pas sur moi pour regarder les trains
passer."
(Avec Myriam Rivet, édité par)
Renault-Le Maire et Senard jouent l'apaisement, se tournent vers l'avenir
information fournie par Reuters 13/06/2019 à 15:43
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