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Quel impact sur les marchés en cas de guerre commerciale ?
information fournie par H24 Finance pour Boursorama 21/03/2018 à 09:45

« L’escalade potentielle des guerres commerciales constitue sans doute le risque géopolitique le plus menaçant pour la croissance et les marchés mondiaux en 2018 » selon BlackRock

« L’escalade potentielle des guerres commerciales constitue sans doute le risque géopolitique le plus menaçant pour la croissance et les marchés mondiaux en 2018 » selon BlackRock

Vers une guerre commerciale globale ?
Les chiffres d’activité demeurent globalement sur une bonne dynamique. Cependant, la montée du protectionnisme à l’échelle mondiale a occupé le devant de la scène ces dernières semaines et semble menacer les marchés.

En effet, de nombreux observateurs envisagent la possibilité d'une guerre commerciale globale suite aux récentes annonces faites par les États-Unis concernant leurs tarifs douaniers.

« L’escalade potentielle des guerres commerciales constitue sans doute le risque géopolitique le plus menaçant pour la croissance et les marchés mondiaux en 2018 » estime Isabelle Mateos y Lago, Directrice générale au BlackRock Investment Institute.
Les nouvelles estimations publiées la semaine dernière par l’OCDE annonçaient une croissance mondiale approchant les 4%. « Le lancement d’une vraie guerre commerciale remettrait bien entendu en cause ce scénario » constate Olivier de Berranger, Directeur de la gestion d’actifs à la Financière de l’Echiquier. L’OCDE indique ainsi que cette potentielle guerre commerciale est l’un des risques majeurs des prochains trimestres.
L’environnement devient préoccupant car l’on constate progressivement que des mesures sont prises par les Etats-Unis, notamment vis-à-vis de l’Asie, et de la Chine en particulier. « Tout ceci peut fragiliser le commerce mondial et fragmenter la globalisation » explique Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis AM.

Que s’est-il passé ?

Du point de vue des États-Unis, une escalade des tensions économiques avec la Chine semblerait possible. « Fin 2017, des documents portant sur la stratégie des États-Unis en matière de sécurité nationale, de défense et de commerce ont, pour la première fois, unanimement désigné la Chine comme un pays concurrent stratégique » rappelle Chi Lo, Economiste spécialisé sur la Chine chez BNP Paribas AM. Cela remet en cause la politique d’engagement constructive menée de longue date par l’Amérique.
Début mars et afin de défendre l’industrie sidérurgique américaine, Donald Trump avait annoncé l’entrée en vigueur prochaine de droits de douane de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium.
« Pour le moment, les choses vont plutôt dans le bon sens. L’exclusion du Canada et du Mexique de la taxe sur les importations d’acier et d’aluminium diminue la perception des risques de guerre commerciale tous azimuts » rassure François-Xavier Chauchat, économiste chez Dorval AM. Les discussions en cours avec la Corée du Nord, probablement orchestrées par la Chine, montrent aussi à quel point chacun des deux géants de l’économie mondiale reste dépendant de l’autre.

D’autres risques sont redoutés

Les marchés redoutent désormais d’autres mesures protectionnistes, notamment sur les technologies et les communications, avec de nouvelles taxes américaines ciblant entre 30 et 60 milliards de dollars d’importations.
Cette guerre des taxes qui se profile n’augure rien de bon pour le commerce mondial, ni pour les marchés. « A la fin, c’est le commerce mondial qui y perd, pour un bénéfice douteux dans le pays qui a déclenché les hostilités » regrette Benjamin Bourguignat, gérant chez Stamina AM.

Mais ce n’est pas le seul risque selon les experts : « Au-delà de la hausse des droits de douane, Trump pourrait aussi geler les investissements chinois aux Etats-Unis, restreindre l’accès des entreprises chinoises au marché américain, travailler avec ses partenaires commerciaux dans le but d’isoler la Chine et limiter l’octroi de visa pour les Etats-Unis aux ressortissants chinois » avertit Michael Kagan, gérant chez ClearBridge Investments (filiale de Legg Mason).  En fonction du niveau de sévérité de ces mesures, Pékin pourrait initier des représailles similaires à l’encontre des industries et importations américaines.  La décision à venir sur les échanges chinois pourrait donc constituer un événement majeur pour les marchés.
Un contexte « synonyme de potentielles sources de tensions inflationnistes » précise David Ganozzi, gérant actions chez Fidelity International. « D’autant qu’elle se combine à un dollar en baisse » ajoute la société de gestion Edmond de Rothschild AM.

Un impact pour l’Europe et les marchés ?

Si Trump va plus loin en s’attaquant à la Chine, ce climat de tension va également impacter les autres économies. « Cela peut faire un peu plus mal. Puis au centre, il y a l’Europe trop gentille qui va se faire dépecer ! » s’inquiète Serge Pizem, Responsable de la gestion Multi-Assets chez Axa IM. Un avertissement à peine nuancé par Igor de Maack, porte-parole de la gestion chez DNCA qui indique qu’au milieu de cette virulence verbale et médiatique, « l'Europe ou le Japon vont ainsi s'efforcer de tenir le cap pour affronter chacun leur propres défis : convergence économique pour la zone Euro et adaptation au phénomène de vieillissement de la population pour l'archipel nippon. »
Cependant, la société Lombard Odier IM pense qu’il pourrait s’agir d’un évènement isolé et que Trump essaie principalement de satisfaire ses partisans. « Mais nous ne pouvons pas exclure complètement la possibilité d'une guerre commerciale à grande échelle et réitérons la nécessité pour les investisseurs de chercher à se protéger contre les risques de marchés baissiers, surtout dans un contexte où la volatilité élevée est là pour rester » résume l’économiste Charles St-Arnaud.
Mardi dernier, la Chine a finalement calmé le jeu en appelant les Etats-Unis à "garder raison".
« J’espère que la Chine et les Etats-Unis agiront rationnellement, ne seront pas guidés par les émotions, et éviteront une guerre commerciale », a déclaré le Premier ministre de la république populaire de Chine Li Keqiang le 20 mars.

1 commentaire

  • 21 mars 10:37

    Certes , l' Europe est trop gentille ( a trop ouvert ses frontières aux USA et a la Chine) _ _ _ Mais c'est l' intérêt de l'Allemagne! _ _ _ Car elle exporte bien plus qu'elle n'importe !


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