Aller au contenu principal
Fermer

Qu’attendent les marchés pour 2019 ?
information fournie par Le Cercle des économistes 08/01/2019 à 09:30

En 2018, aucun marché n’a été épargné par les replis très importants : comment interpréter cette tendance et, surtout, qu’attendre de 2019 ? Explications de Jean-Paul Betbeze

En 2018, aucun marché n’a été épargné par les replis très importants : comment interpréter cette tendance et, surtout, qu’attendre de 2019 ? Explications de Jean-Paul Betbeze

2018, annus horribilis pour les bourses. Europe, Etats-Unis, Asie… aucun marché n'a été épargné par les replis très importants. La Bourse de Paris a connu sa pire année depuis 2011. Comment interpréter cette tendance et, surtout, qu'attendre de 2019 ? Jean-Paul Betbeze explique pourquoi les Etats-Unis seront au centre de toutes les attentions.

De la visibilité comme toujours, donc du calme. Ils seront déçus, car la volatilité sera aux premières loges en 2019. Elle viendra bien sûr des conflits et tensions en cours de par le monde, mais plus encore du nouveau rythme de la Banque centrale américaine pour expliquer ses décisions. Quoi, Jerome Powell agitateur en chef ? Il ne manquait plus que cela ! De fait, il commentera ses décisions non plus quatre fois par an, mais huit. En même temps, il annonce le 19 décembre 2018, avec sa quatrième hausse de l'année, qu'il n'y en aura que 2 (au plus) en 2019, puis 1 en 2020, puis rien.

Le monde de 2019 sera source d'angoisse

Deux hausses de taux aux États-Unis en 2019, et huit réunions ? Certes le monde de 2019 ne manquera pas d'angoisses : guerres «classiques» au Moyen-Orient ou en Afrique, fake news partout, Brexit (lequel ?), élections européennes, tensions sociales partout, avec ou sans « gilets jaunes » ! Et, pour dire aux marchés financiers ce qui va se passer : ils auront donc plus de Powell pour commenter des chiffres sans pratiquement rien faire, et un Mario Draghi qui lui ne fera rien !

Mario Draghi a déjà tout dit : moins de croissance que prévu il y a encore quelques mois (1,9% en 2018, 1,7% en 2019, 1,7% en 2020 et 1,5% en 2021), avec moins d'inflation (1,8% en 2018, 1,6% en 2019, 1,7% en 2020 et 1,8% en 2021). La prochaine hausse des taux de la BCE serait pour fin 2020 ! Rien à attendre du Japon, où la banque centrale entasse les bons du trésor dans l'attente de l'inflation, mais sans la hausse de la TVA qui la ferait venir ! Rien à attendre d'une Banque centrale chinoise aux ordres, avec une croissance à soutenir par des crédits (encore plus risqués).

La Fed va faire la pluie et le beau temps sur les marchés

Donc, la seule banque centrale qui pourrait faire bouger les marchés, en livrant ses sentiments sur le futur, c'est la Fed ! Mais Jerome Powell ne cesse de livrer ses incertitudes ! Il nous répète qu'il traite le maximum d'informations et d'analyses, lit les statistiques et prête l'oreille aux entrepreneurs, si sensibles aux micromouvements. Il confesse alors que l'inflation n'est plus ce qu'elle était, à 2 %, avec des salaires qui montent enfin un peu, en plein emploi. Il annonce que le taux des Fonds fédéraux de fin décembre, à 2,3%, est le point bas du taux d'équilibre, pour le monter graduellement à 2,9% en 2019, puis à 3,1% en 2020 - 2021.

Pour (penser) nous calmer, Jerome Powell, ainsi parvenu au minimum du «taux neutre» qu'il cherche depuis si longtemps, nous avertit qu'il est désormais data dependent. Finie la forward guidance (que Mario Draghi veut, lui, renforcer). Huit fois par an désormais, il nous dira ce qu'il sait et expliquera ses choix. Les marchés vont-ils, comme en décembre, se demander chaque fois s'il va monter ses taux, ou parier sur une hausse par semestre, le reste étant du (triste) commentaire statistique ? Car Jerome Powell jure que sa politique monétaire ne répond pas aux politiques (Trump, pour ne pas le nommer).

2018 : une année à oublier

Pourtant, 2018 a été sans appel. Les bourses ont souffert en fonction de l'opposition de leur pays à Trump : Dow Jones et S&P et Nasdaq le moins bien sûr (de -7 à -9%), puis FTSE et CAC 40 (de -13 à -14%), puis DAX et Shanghai (de -21 à -22%). La politique a pris le pouvoir. Qu'attendent donc les marchés ? Que Powell s'énerve contre Trump ? Dise qu'il est désemparé ? Que l'inflation arrive ? Ou bien que Trump rate – on le dirait avec les baisses en cours, ou réussisse – pour rebondir ? Powell-Trump : le match 2019.

Jean-Paul Betbeze, membre du Cercle des économistes et fondateur de Betbeze Conseil

2 commentaires

  • 08 janvier 09:40

    Les marchés attendent un bon vétérinaire pour panser l'ECONOMIE !!!


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à Miami, Etats-Unis le 9 mars 2026. ( AFP / SAUL LOEB )
    information fournie par AFP 11.03.2026 00:27 

    Washington menace mardi de lourdes "conséquences militaires" l'Iran, qu'il suspecte de vouloir miner le détroit d'Ormuz axe stratégique pour le pétrole mondial. Le président américain a affirmé que l'Iran s'exposait à des "conséquences militaires (...) sans précédent" ... Lire la suite

  • Des ressortissants afghans arrivent avec leurs effets personnels au poste-frontière d’Islam Qala, entre l’Afghanistan et l’Iran, dans la province de Herat Province, le 10 mars 2026, après leur arrivée en provenance d’Iran dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. ( AFP / Mohsen KARIMI )
    information fournie par AFP 10.03.2026 23:49 

    Voici les derniers événements de la guerre au Moyen-Orient: - L'enjeu de la sécurité du détroit d'Ormuz L'armée américaine annonce avoir détruit 16 bateaux poseurs de mines iraniens "près du détroit d'Ormuz" après que Donald Trump a menacé l'Iran d'importantes ... Lire la suite

  • Wall Street en ordre dispersé mardi
    information fournie par Reuters 10.03.2026 23:35 

    par Stephen Culp La Bourse de New York a ‌terminé en ordre dispersé mardi, voyant s'effacer des gains initiaux, alors que l'espoir d'une fin imminente de la guerre en Iran ​a laissé place au fil de la journée à un regain d'incertitude après que les parties prenantes ... Lire la suite

  • Oracle communique des prévisions solides
    information fournie par Reuters 10.03.2026 23:35 

    Oracle a prédit mardi ‌que la demande pour les centres de données utilisés ​pour l'intelligence artificielle (IA) continuerait de soutenir son chiffre d'affaires à un niveau supérieur à celui attendu par Wall ​Street jusqu'en 2027. Ce communiqué, effectué à l'occasion ... Lire la suite

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...