Entre promesse technologique et réalité macroéconomique, l'IA commence à faire bouger les lignes de la productivité, mais de façon encore très concentrée.
L'intelligence artificielle commence à laisser une trace mesurable dans la productivité américaine, sans encore valider le scénario d'une révolution généralisée. Selon la Fed de Dallas, la productivité du travail aux Etats-Unis progresse à un rythme annualisé de 2,4% depuis début 2024, contre 1,6% en moyenne sur les cinq années précédant la pandémie.
Le rebond est particulièrement marqué dans l'information, la finance-assurance et les services professionnels et techniques, trois secteurs très exposés à l'IA, où la croissance atteint 3,7%, contre 1,7% pour le reste de l'économie. Ces secteurs ne représentent que 16% des heures travaillées, mais expliquent 40% des gains de productivité enregistrés depuis début 2024.
Cette lecture s'appuie notamment sur des travaux académiques ayant construit des indices d'exposition à l'IA par métier, secteur et zone géographique, afin d'identifier les activités où la technologie peut théoriquement automatiser ou augmenter certaines tâches.
La comparaison internationale nuance toutefois ce constat. Toujours selon la Fed de Dallas, qui s'appuie sur les chiffres d'Eurostat et sur les données d'utilisation de l'IA, il n'existe pas de corrélation évidente, à l'échelle sectorielle, entre les gains de productivité et le degré d'exposition à l'IA. En revanche, une corrélation apparaît à l'échelle des pays : la productivité tend à progresser davantage dans les pays européens où l'IA est la plus utilisée.
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