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Paul-Simon Bénac : «Avec 201 fonds labellisés Relance, chaque épargnant peut identifier un fonds qui répond à ses besoins»
information fournie par Boursorama28/10/2021 à 08:10

Paul-Simon Bénac, porte-parole du label Relance et adjoint au chef du bureau "Epargne et marchés financiers" de la direction générale du Trésor

Paul-Simon Bénac, porte-parole du label Relance et adjoint au chef du bureau "Epargne et marchés financiers" de la direction générale du Trésor

Le label « Relance » a pour objectif d'accroître la visibilité des placements financiers qui répondent à l'effort de relance en France. Il cherche à connecter l'épargne des ménages aux besoins en fonds propres des entreprises françaises. Le label a récemment fêté ses un an et a passé, au même moment, le cap des 200 fonds labellisés. Paul-Simon Bénac, porte-parole du label et adjoint au chef du bureau « Epargne et marchés financiers » de la direction générale du Trésor, revient sur différents aspects du label et l'intérêt que peut y trouver l'épargnant.

Boursorama : pouvez-vous nous présenter le label Relance, sa raison d'être ?
Paul-Simon Bénac :
Le label « Relance » est une mesure du Plan de relance, lancé le 19 octobre 2020 par le Gouvernement. Son objectif est de répondre aux besoins en fonds propres des entreprises, élément indispensable pour que, en phase de reprise, l'investissement redémarre. Entre la fin du premier trimestre de 2020 et celle de 2021, les Français ont accumulé un surplus d'épargne de 140 milliards d'euros. Or, cette sur-épargne a principalement été investie dans des supports très liquides, comme le compte courant ou les livrets d'épargne réglementée. L'ambition du label est de rendre visible les placements qui répondent aux besoins en fonds propres en apportant de l'argent frais aux entreprises françaises. Il favorise ainsi une mobilisation de l'épargne en faveur de la relance. Les fonds labellisés sont en majorité accessibles au grand public, dont un tiers d'entre eux par l'assurance-vie.

Boursorama : quels sont les critères d'attribution du label ?
Paul-Simon Bénac :
Trois grandes séries de critères existent. Tout d'abord, les fonds labellisés ont l'obligation d'investir significativement dans les fonds propres des entreprises françaises, et notamment des PME (petites et moyennes entreprises) et ETI (entreprises de taille intermédiaire) françaises. On distingue les fonds de régime 1, qui investissent en fonds propres dans au moins 30% d'entreprises françaises, dont 10% de PME et ETI. Existent aussi ceux de régime 2, qui investissent en quasi-fonds propres. Au minimum 60% doivent être investis dans des entreprises françaises, dont 20% de PME et ETI. Le deuxième critère est qu'il ne faut pas seulement faire vivre le marché secondaire : les fonds doivent apporter de l'argent frais en souscrivant à des opérations d'augmentation de capital ou d'introduction en Bourse. La labellisation Relance requiert la participation à cinq opérations par an au minimum. Enfin, l'argent mobilisé doit servir à faire progresser les entreprises sur un ensemble de critères ESG - environnement, gouvernance et sociaux -, qui doivent être pris en compte par le gérant dans la sélection des entreprises et leur accompagnement.

Boursorama : quel intérêt l'épargnant trouve-t-il dans les fonds labellisés Relance ?
Paul-Simon Bénac :
Les fonds labellisés Relance ont trois grands intérêts. En premier lieu, le label permet de donner une raison d'être à son épargne. Investir dans un fonds labellisé est une forme d'engagement citoyen. Il s'agit de soutenir l'économie française, de s'assurer que des entreprises puissent continuer à créer des emplois dans le cadre de la relance. Ensuite, vient le rendement. Le capital est investi en fonds propres, soit l'investissement le plus rémunérateur sur une longue période. Dans un contexte de taux bas, où les livrets réglementés ne couvrent plus l'inflation, il est important de diversifier son épargne avec ce type de placement. Le dernier intérêt est la possibilité de bénéficier d'avantages fiscaux. Certains fonds labellisés peuvent par exemple s'appuyer sur le dispositif IR-PME, la réduction d'impôts dite « madelin ». Il permet de déduire 25% des versements réalisés dans des PME ou des fonds de capital-investissement de son impôt sur le revenu. Le taux est habituellement de 18%, mais a été relevé à 25% pour l'effort de la relance. C'est donc l'occasion d'en profiter. Les épargnants peuvent en outre bénéficier d'une exonération en sortie des plus-values réalisées par les fonds de capital-investissement.

Boursorama : peut-on faire un bilan un an après son lancement ? Combien de fonds ont été labellisés ? Combien d'encours ont été mobilisés ?
Paul-Simon Bénac :
Au total, 201 fonds ont été labellisés. Parmi eux, une trentaine sont des fonds de capital-investissement ouverts au grand public, environ 70 sont principalement investis en valeurs cotés, comme les OPVCM ou l'épargne salariale, et une centaine est adressée aux investisseurs avisés ou professionnels. 22,4 milliards d'euros d'encours sont sous gestion, investis en fonds propres ou quasi-fonds propres dans un peu plus de 70% d'entreprises françaises et un peu plus de 50% de PME et ETI . Surtout, ces 201 fonds labellisés constituent une gamme de fonds suffisamment diversifiée pour que chaque épargnant puisse identifier un fonds qui répond à ses besoins. Si l'on prend l'exemple des fonds de capital-investissement, on retrouve des fonds classiques qui investissent dans du non coté et obligent à bloquer son épargne sur plusieurs années. Mais il existe également des fonds plus innovants, investis dans des PME non cotées et qui sont commercialisés par l'assurance-vie, permettant donc de retirer son épargne trimestriellement ou semestriellement. S'ils le désirent, les épargnants peuvent donc investir dans des PME et ETI sans avoir à bloquer leur capital sur huit ou dix ans.

Boursorama : on a une prise en compte des critères environnementaux avec le non-financement des activités charbons, par exemple. Comment le label prend-il en compte les critères de gouvernance et sociétaux ?
Paul-Simon Bénac :
Le charbon constitue la seule exclusion sectorielle. Toutefois, les trois piliers ESG doivent être pris en compte dans l'engagement actionnarial et dans la construction du portefeuille. Une règle est imposée aux fonds investis en valeurs cotés : ils ont l'obligation de construire un portefeuille plus vertueux en moyenne que leur univers de référence, et ce par rapport aux critères ESG. Un pilier peut en compenser un autre mais l'important est, qu'au bout du compte, la dimension extra-financière ait bien été prise en compte par les gérants.

Boursorama : on a les labels Greenfin, ISR, Relance, Finansol… Ne redoutez-vous pas que les épargnants se mélangent sur la finalité et le but de tous ces labels, notamment alors que l'ESG est encore mal compris / connu par l'investisseur particulier ?
Paul-Simon Bénac :
L'avantage du label Relance est qu'il est le seul à être porté sur la thématique du soutien à l'économie française et de la relance. Il intervient donc sur un champ bien identifié tandis que les autres sont sur la thématique ESG, bien qu'ils aient chacun leur spécificité. Par ailleurs, il est possible pour les fonds de cumuler plusieurs labels. Certains ont été certifiés ISR, Relance et Greenfin par exemple. Au total, on compte une quinzaine de fonds multi-labellisés.

Boursorama : comment se dessine l'avenir pour le label Relance ? Est-il voué à perdurer ?
Paul-Simon Bénac :
Le label est pour le moment octroyé jusqu'en 2022, et ce pour une durée de quatre ans. Les sociétés de gestion peuvent encore déposer un dossier. Quoiqu'il en soit, il faudra, tôt ou tard, dresser un bilan sur la capacité du label à mobiliser l'épargne pour l'effort de relance. Le futur du label dépendra de ces résultats. Mais la pérennisation n'est pas un objectif, tout particulièrement s'agissant d'un label « Relance », puisque nous espérons bien que la relance ne sera plus un sujet d'ici à 2024 ou 2025 !

Propos recueillis par Auguste Grignon Dumoulin (redaction@boursorama.fr)

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