STRASBOURG, 24 janvier (Reuters) - La Cour européenne des droits de l’homme a débouté jeudi la mère d’un enfant autiste pour qui le placement de son fils en Institut médico-éducatif (IME), et non en milieu scolaire classique, violait son droit à l’instruction et obéissait à des critères essentiellement économiques. La demande d’inscription en école primaire de son fils, alors âgé de neuf ans, avait été refusée en avril 2011 par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées d’Ille-et-Vilaine, puis confirmée les années suivantes par les juridictions compétentes, au regard de l’état psychique et comportemental de l’enfant. La Cour de Strasbourg juge "non fondée" la requête en violation du droit à l’instruction. "Après avoir mis en balance le niveau de son handicap et le bénéfice qu’il pourrait tirer de l’accès à l’enseignement inclusif, (les autorités françaises) ont opté pour une éducation appropriée à ses besoins, en milieu spécialisé", affirme-t-elle dans un arrêt rendu à l’unanimité des juges. Elle rappelle toutefois que "la législation (française) prévoit, en priorité, la scolarisation des enfants et adolescents autistes dans des établissements de droit commun". Cette priorité est également revendiquée par les associations de parents autistes et inscrite dans la Charte sociale européenne révisée, que la France a ratifiée en 1999, pour toutes les personnes handicapées. "Au regard de l’ensemble des éléments qui lui ont été soumis, la Cour ne saurait considérer que le choix opéré par les autorités nationales a été fait par défaut, en raison d’une déficience de moyens et de l’assistance scolaire au sein de l’école ordinaire", conclut cependant la Cour. Hasard ou non du calendrier, le Comité des droits sociaux, un groupe d’expert chargé de veiller au respect de la Charte sociale européenne par les Etats membres du Conseil de l’Europe a estimé jeudi que la France n’était toujours pas en conformité avec ses engagements, s’agissant de l’éducation et de la formation professionnelle des autistes. Cette avis d’étape fait suite à deux condamnation de la France, en 2003 et 2013, après des réclamations formulées par les associations Autisme Europe et Action européenne des handicapés. Selon les chiffres présentés par le gouvernement lors du lancement, en avril dernier, du quatrième "plan autisme", 30 % des enfants autistes sont scolarisés à l’école maternelle - en moyenne moins de deux journées par semaine – et 40 % à l’école primaire. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)
Pas de droit à un milieu scolaire classique pour les autistes-CEDH
information fournie par Reuters 24/01/2019 à 15:08

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