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Paris-Un air plus pur et moins de bruit avec le confinement
Reuters03/04/2020 à 17:53

    * La qualité de l'air améliorée de 30%
    * Baisse drastique de la pollution sonore
    * Une révolution aux abords des aéroports    

    PARIS, 3 avril (Reuters) - Ciel non strié par le passage des
avions, boulevards presque déserts même aux heures de pointes,
parcs fermés livrés aux chants des oiseaux : l'amélioration de
la qualité de l'air et de l'environnement sonore sont à mettre
au rang des bienfaits du confinement qui retient les Franciliens
chez eux depuis trois semaines.
    Depuis le 17 mars, les cartes des organismes de mesure de la
pollution en région parisienne sont au vert. 
    Malgré le beau temps sans vent, souvent synonyme d'air vicié
dans l'agglomération, la qualité de l'air s'est améliorée de
l'ordre de 20% à 30%, selon les mesures d'Airparif,
l'association de surveillance de la qualité de l'air en Ile-de
France, où vit un Français sur cinq.
    Le niveau des particules fines a en revanche peu évolué en
raison de l'utilisation du chauffage résidentiel au bois et de
certaines activités agricoles et économiques.  
    "Si on avait eu le trafic habituel, on aurait peut-être eu
un épisode de pollution. L'un dans l'autre, on a vraiment une
amélioration de la qualité de l'air, y compris pour des
polluants responsables du réchauffement climatique comme le
dioxyde de carbone", a dit à Reuters Karine Léger, directrice
générale chez Airparif.
    Une situation exceptionnelle qui pourrait avoir des effets
bénéfiques pour la santé dans un pays où 40.000 personnes
meurent chaque année de maladies liées à la pollution de l'air,
qui affecte principalement les personnes ayant des problèmes
cardiovasculaires et respiratoires - des profils également plus
sensibles aux méfaits du coronavirus. 
    La diminution drastique du trafic routier et aérien, la
fermeture des établissements scolaires, des bars, des
restaurants et de tous les lieux de regroupement ont aussi une
forte incidence sur la pollution sonore, comme l'ont mesuré les
150 capteurs de Bruitparif. 
    
    "ON SE CROIRAIT AU MOIS D'AOÛT"
    "Le contraste avec la situation habituelle est saisissant :
les zones de calme ont fortement progressé et les zones
considérées comme des situations de bruit excessif ont quasiment
disparu, notamment la nuit", note l'association dans un
communiqué publié mercredi.
    Sur les axes parisiens comme les grands boulevards, la
baisse est de 6 à 9 décibels, soit "une diminution des émissions
sonores de l'ordre de 70 à 90%, notamment la nuit", a expliqué à
Reuters Matthieu Sineau, chef de projet à Bruitparif. "On est
dans une situation exceptionnelle. Dans le malheur, les gens se
rendent compte de l'intérêt d'avoir un environnement sonore de
meilleure qualité."
    Le changement est total aux abords des aéroports de la
capitale. A Roissy-Charles-de-Gaulle, les pistes Sud ont été
fermées au début du confinement. Orly est quant à lui fermé aux
vols commerciaux depuis mardi soir, du jamais vu dans l'histoire
du deuxième aéroport de France.
    Pour les riverains, "c'est un changement de vie : passer,
aux heures de pointes, du passage d'un avion quasiment toutes
les deux minutes à aucun avion de la journée", note Matthieu
Sineau. "C'est une redécouverte totale de leur environnement
même si évidemment, ils auraient préféré qu'il n'y ait pas de
confinement et pas d'épidémie."
    Bruitparif n'est en revanche pas apte à mesurer les
nuisances sonores domestiques à l'heure où les familles sont
bloquées chez elles, souvent dans de petites surfaces. Et ce
même si un million de Franciliens, soit 17% de la population,
auraient quitté la région avant le début du confinement, selon
des données de géolocalisation collectées par l'opérateur Orange
 ORAN.PA . 
    Dans Paris intra muros, des canards ont été vus sur des axes
d'ordinaire très fréquentés comme l'avenue de l'Opéra et le
boulevard de Magenta, signe que les animaux ont eux aussi
ressenti un répit. 
    "C'est silencieux, on entend le bruit des oiseaux, il n'y a
pas beaucoup de voitures", a dit à Reuters Mehdi Thorin,
Parisien brièvement sorti faire des courses dans son quartier du
XVIIIe arrondissement. "Moi j'aime bien Paris sans personne, on
se croirait au mois d'août et c'est agréable."
    Le jeune homme n'envisage pas pour autant une révolution des
comportements, une fois le confinement terminé : "Les gens vont
reprendre leurs habitudes, reprendre leur voiture, ça va
redevenir comme avant."

 (Elizabeth Pineau et Noémie Olive)
 

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2 commentaires

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  • RogueTr
    03 avril18:20

    Au passage on comprend que la tyranisation des automobilistes ne permet qu'une reduction de 20 à 30% de la qualité de l'airAutrement dit, on comprend d'une part que les automobilistes ne sont finalement que peu responsables de la polution au globalEt d'autre part, que meme à l'arrêt complet on pourra toujours dire que ça ne suffit pas et qu'on pourra toujours culpabiliser à l'infini les automobilistes

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