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Où les gérants investissent-ils pour profiter de la récente baisse des marchés ?
information fournie par H24 Finance pour Boursorama 17/10/2018 à 15:13

La correction des marchés offre-t-elle un point d'entrée attrayant? Si oui, quelles sont les opportunités identifiées par les sociétés de gestion?

La correction des marchés offre-t-elle un point d'entrée attrayant? Si oui, quelles sont les opportunités identifiées par les sociétés de gestion?

La semaine dernière, les marchés actions internationaux ont subi de lourdes pertes. Les journées de mercredi et jeudi ont été particulièrement mouvementées avant une stabilisation le vendredi. Cette violente correction a touché l'ensemble des indices mondiaux et, hors Etats-Unis, toutes les performances depuis le début de l'année sont désormais dans le rouge.

Marchés : la peur du mois maudit ?

« Le MSCI World AC a reculé de 3,8% au cours de la semaine, laissant la performance d'octobre à -5,6%, ce qui serait la pire performance mensuelle depuis janvier 2016 » commente Guilhem Savry, responsable Macro et Allocation Dynamique chez Unigestion AM.

Il n'en faut pas plus pour inquiéter certains investisseurs qui verraient en octobre un mois “maudit”, de douloureux souvenirs hantant encore quelques esprits (octobre 1929, octobre 1987…). « Oui nous sommes en octobre, oui il y a des précédents de violents reculs et même de krachs des actions en octobre mais non, il ne faut pas en tirer de conclusions hâtives » relativise Nathalie Benatia, Responsable de Contenu Macroéconomique chez BNP Paribas AM, rappelant que sur les 50 dernières années, octobre s'est soldé par un bilan négatif pour le S&P 500 à 19 reprises pour un recul moyen sur ces 19 années de 4,7 % (3,6 % en retirant 1987) alors que la hausse moyenne sur les mois d'octobre qui se sont conclus par un bilan positif a été de 3,9 %.

Comment expliquer cette dégringolade ?

La baisse soudaine a pu surprendre les observateurs qui n'anticipaient pas un tel scénario. « Le mouvement de repli des marchés d'actions, issu des Etats-Unis, est venu sans crier gare. Il est en effet impossible de repérer un unique événement déclencheur qui aurait suscité cette forte baisse » confirme la société Edmond de Rothschild AM.

Cependant, différents éléments permettent a posteriori de comprendre ce qu'il s'est passé. Ainsi, Axa IM évoque une conjonction de facteurs techniques, ainsi que des inquiétudes suscitées par la guerre commerciale croissante et la révision à la baisse des prévisions de croissance du Fonds monétaire international.

La Financière de l'Echiquier considère que ce mouvement baissier a été amorcé par la remontée des taux américains depuis la semaine précédente puis alimenté par la confrontation budgétaire entre le gouvernement italien et la Commission européenne, et par des doutes sur la croissance émergente, le récent assouplissement monétaire de la People's Bank of China (PoBC) ayant été perçu comme le signal que la croissance domestique avait besoin de soutien. « Par ailleurs, la violence du mouvement a probablement été amplifiée par l'action des stratégies quantitatives ou systématiques, dont l'activation de certains stop-loss a entraîné des ventes massives » ajoute Olivier de Berranger, Directeur de la gestion d'actifs de la société de gestion.

Où investir pour en profiter ?

Les raisons de la baisse sont donc multiples et ont amené à ce contexte particulièrement éloigné de l'image d' “alignement des planètes” qui illustrait les divers bilans économiques il y a encore quelques mois.
Or, les actions américaines étaient fortement valorisées. « La très longue phase d'appréciation aurait-elle fait - une fois encore - oublier que les arbres ne montent pas jusqu'au ciel ? Que les phases de consolidation font également partie de la vie des marchés ? Qu'en dépit des apparences, la croissance américaine n'est pas éternelle ? » s'interroge Charles-Henri Kerkhove, Directeur des Investissements au sein de la franchise Multi-Asset de Fidelity International.

Et les investisseurs, conscients de cette réalité, ont fait bouger leurs positions. Une rotation s'opère donc au sein des actions en faveur de style plus “value” aux dépens des valeurs de croissance. « Le long voyage de la rotation value a démarré. Et comme dans tout long voyage, il y aura des imprévus. Comme dans tout long voyage, il y aura des tempêtes et de la houle » prévient Igor de Maack, porte-parole de la gestion chez DNCA.

Dans un marché pétrifié par des baisses journalières de 3 à 4% des bourses américaines, l'expert note que les secteurs Telecom et Banques européens ont enregistré leur meilleure surperformance relative depuis bien longtemps même si pour l'instant, cela ne se perçoit pas véritablement car les performances demeurent négatives en absolu et les marchés toujours baissiers.

Selon les gérants de Sycomore AM, bien qu'elles aient déjà dévissé, « les petites capitalisations n'offrent pas encore de décote suffisante, d'autant que les rachats opérés dans les fonds orientés sur les petites capitalisations incitent à la prudence. » La maison de gestion commence donc à réinvestir, plutôt dans des titres liquides, au sein du secteur financier, qui voient la hausse des taux d'un bon œil. « Cela se fera néanmoins de manière très progressive car après la forte hausse des dernières années, le potentiel de baisse des marchés est encore bien présent » précise cependant la société.

Enfin, on observe que les valeurs de technologie, principales responsables de la hausse du marché ces derniers mois,  ont souffert dernièrement. Mais est-ce que l'histoire a changé pour autant ? « Quand je vois des titres qui sont massacrés dans le Nasdaq parce que les taux montent un peu vite, je crois que ce sont des superbes opportunités d'investissement » se réjouit Matthieu Rolin, gérant actions US chez Aviva Investors.

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