Oracle a annoncé l'intégration de ChatGPT et de Codex à ses logiciels professionnels, ainsi que l'élargissement des processeurs disponibles sur son infrastructure cloud. Présentées lors de la conférence Oracle AI World à Las Vegas, ces initiatives visent à faciliter l'adoption de l'intelligence artificielle par les entreprises et à renforcer la position du groupe sur un marché en pleine expansion, malgré les inquiétudes concernant le financement de ses investissements.
Le partenariat avec OpenAI permettra aux clients d'Oracle d'exploiter plus facilement les données stockées dans leurs systèmes informatiques et de développer des applications avec moins de programmation traditionnelle. Cette intégration concerne notamment les entreprises des secteurs de la santé et de la finance, où Oracle occupe une place importante dans la gestion des données sensibles. La collaboration s'étend également aux infrastructures d'entraînement des modèles d'IA, notamment sur le campus Stargate d'Abilene, au Texas, où OpenAI a entraîné son modèle GPT-6 Astra. Ce rapprochement accompagne la stratégie d'OpenAI visant à renforcer sa présence auprès des grandes entreprises, dans un contexte de concurrence accrue avec Anthropic.
Parallèlement, Oracle Cloud Infrastructure accueillera de nouveaux accélérateurs d'intelligence artificielle, dont les TPU de Google, les puces Jalapeño d'OpenAI et les équipements de Cerebras. Les TPU de Google seront ainsi proposés pour la première fois sur l'infrastructure d'un autre grand fournisseur de cloud. Cette diversification doit offrir davantage de flexibilité aux clients et réduire leur dépendance à une seule technologie, alors que l'approvisionnement en semi-conducteurs reste contraint. Oracle affirme néanmoins maintenir son soutien aux processeurs Nvidia, considérés comme une référence du secteur, tout en développant une offre compatible avec plusieurs architectures matérielles.
Cette expansion intervient alors que les investissements massifs d'Oracle dans les centres de données suscitent des interrogations financières et environnementales. Le projet Jupiter, au Nouveau-Mexique, fait notamment face à une opposition locale et à des procédures réglementaires, sans que le groupe remette en cause son calendrier. Oracle affirme développer entre 30 et 40 nouveaux centres de données chaque trimestre, mais son action a perdu plus de 30% depuis le début de l'année. Les investisseurs attendent désormais des précisions sur le financement de ces infrastructures, leur rentabilité et la capacité du groupe à atteindre ses objectifs de chiffre d'affaires pour l'exercice 2030.
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