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Onxeo : AsiDNA remporte la deuxième manche
information fournie par Biotech Finances29/05/2019 à 18:16

L'autonomie financière d'Onxeo est assurée jusqu'au second semestre 2020. (crédit : Adobe Stock)

L'autonomie financière d'Onxeo est assurée jusqu'au second semestre 2020. (crédit : Adobe Stock)

La biotech parisienne a dévoilé les résultats finaux de son étude DRIIV, un essai clinique de phase Ia évaluant son produit phare AsiDNA chez 10 patients, atteint de tumeurs solides avancées. Des résultats positifs sur le plan de la tolérance et de la validité du mécanisme d'action (évalué via des marqueurs biologiques).

Acquise en 2016 lors du rachat de DNA Therapeutics, une spin-off de l'Institut Curie, AsiDNA est une molécule composée d'un fragment d'ADN double brin lié à une molécule de cholestérol. Elle agit comme un leurre en simulant, à l'intérieur de la cellule, une cassure d'ADN et en mobilisant ainsi toutes les protéines en charge de la réparation des dommages à l'ADN. En saturant littéralement ses capacités de réparation, AsiDNA empêche ainsi la cellule cancéreuse de réparer les « vraies » lésions, celles provoquées par les traitements (chimiothérapies, radiothérapies) ou par sa propre instabilité génétique.

Les résultats intermédiaires de l'étude DRIIV, dévoilés en novembre, avaient suffi à convaincre les dirigeants de lancer, sans attendre, la phase Ib pour laquelle les premiers patients ont été recrutés début mai 2019. Ces données finales n'en restent pas moins importantes, aux yeux des dirigeants. « Nous avons montré qu'AsiDNA était sûre à une dose bien supérieure à celle sélectionnée pour la phase Ib ; c'est important dans une optique de combinaison avec des chimiothérapies qui ont elles-mêmes une toxicité importante. De plus, l'activation des biomarqueurs était excellente à cette dose », explique Judith Greciet, CEO d'Onxeo.

Autres opportunités de combinaison

Les prochaines étapes sont bien balisées pour la biotech parisienne dont l'autonomie financière est assurée jusqu'au second semestre 2020. Les dirigeants communiqueront les premières données de cette phase Ib d'ici la fin de l'année. Elles seront clé car, dans cet essai, auquel 36 patients participeront, le produit sera testé en combinaison avec deux chimiothérapies (carboplatine et paclitaxel), dans différentes tumeurs solides, c'est-à-dire dans une configuration correspondant peu ou prou à l'indication médicale visé in fine. Entre-temps, la société se penchera sur la recherche de partenaires : un appui industriel et/ou financier sera en effet indispensable au lancement de la phase II.

Pour embellir la mariée, Onxeo explore d'autres opportunités de combinaisons, à commencer par l'association d'AsiDNA avec des « inhibiteurs de PARP ».  Cette classe de médicaments anti-cancéreux sont, comme AsiDNA, des inhibiteurs de la réparation des dommages à l'ADN, mais ils s'attaquent à une seules des différentes voies d'activation de la réparation, là où AsiDNA, avec sa stratégie de « leurre », les activent et les détournent toutes simultanément. « Nous avons en main des données précliniques prometteuses (dévoilées en juillet 2018, ndlr) qui montrent qu'AsiDNA permet, notamment, de désamorcer les mécanismes de résistance aux inhibiteurs de PARP, qui limitent aujourd'hui l'efficacité de ces traitements », poursuit Judith Greciet. L'enjeu est de taille : cette classe représente une importante famille de médicaments émergents en cancérologie, pour laquelle l'industrie pharmaceutique montre un fort intérêt. En moins de cinq ans, quatre produits ont été approuvés dans cette classe et de nombreux développements sont en cours. Onxeo compte monter au front d'ici 2020, avec un premier essai clinique combinant AsiDNA avec un PARP.

Enfin, la société devrait initier, également en 2020, le développement clinique d'un nouveau composé, issue de sa plateforme PlatOn... et commencer à élargir un portefeuille de projets quelque peu dégarni ces dernières années (Loramyc et Sitavig ont été cédés à Vectans Pharma, Validive à Monopar Therapeutics, Beleodaq à SWK Holding, tandis que Livatag semble définitivement enterré). Onxeo a 12 mois et quelques atouts pour relancer son histoire.

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