Une puce Nvidia (Crédit: / Adobe Stock)
Le champion mondial des puces graphiques, indispensables dans les centres de données de nouvelle génération consacrés à l'IA, en a mis plein la vue au marché, tant sur ses résultats que sur ses perspectives. Nvidia a notamment indiqué tabler sur une croissance de 70% de ses revenus sur l'exercice 2028, qui se terminera en janvier de la même année, quand le marché en attendait 45%.
Nvidia a mis la barre si haut que le marché fait preuve d'une rare exigence à son égard. Ses quatre dernières publications trimestrielles, pourtant excellentes, s'étaient traduites par une baisse du titre à Wall Street le lendemain. Le schéma a bien failli se répéter, l'action ayant de nouveau brièvement décroché à la divulgation du communiqué, quand bien même celui-ci faisait part de résultats flamboyants et de perspectives spectaculaires. Pointilleux et difficiles à impressionner, les investisseurs s'attardaient sur la légère dégradation de la marge brute attendue par Nvidia sur les prochains trimestres, conséquence d'une poursuite de la flambée des prix des puces mémoires, composants intégrés à ses puces graphiques. Il aura fallu attendre la prise de parole du « prophète » Jensen Huang, qui a indiqué que cette même marge se redressera progressivement dans le courant de l'exercice 2028, à mesure que Nvidia augmentera ses propres prix.
La « malédiction » touchant le « roi de l'IA » a ainsi touché à son terme, le titre s'adjugeant finalement 6% dans les premiers échanges à Wall Street, jeudi. Il faut dire que Nvidia a non seulement pulvérisé les attentes des analystes lors du trimestre écoulé mais aussi, et surtout, dévoilé des perspectives éloquentes. Sur le trimestre en cours, débuté début juillet, le concepteur des puces les plus performantes du marché table en effet sur 108 milliards de revenus, soit un (nouveau) bond de 90% sur un an, contre un consensus logé à 105 milliards. Plus impressionnant encore, la directrice financière Colette Kress a dit prévoir une croissance d'environ 70% sur l'exercice 2028, qui commencera début février, quand les analystes misaient sur une progression, déjà solide, de 45%.
L'IA a atteint son « point d'inflexion »
Ces perspectives ont encore davantage subjugué le marché que les résultats du trimestre écoulé, au cours duquel les revenus ont pourtant crû de 106% sur un an pour atteindre 96,2 milliards, tandis que le bénéfice net ajusté (non-GAAP) s'est établi à près de 54 milliards, soit 2,22 dollars par action (+ 120%). Les analystes misaient respectivement sur 92,5 milliards et 2,09 dollars par action. Ces bonnes surprises, auxquelles Nvidia a habitué le marché, la société ayant surpassé les attentes lors des seize derniers trimestres, reflètent une tendance de fond : « Nous constatons une accélération de la demande, même à notre échelle, ce qui est une chose incroyable », note Colette Kress. Celle-ci croît même plus rapidement que les capacités de production du champion mondial des puces graphiques. « Les prévisions de dépenses de nos clients indiquent que notre croissance pourrait encore doubler l'année prochaine. Nous prévoyons cependant de croître d'environ 70 % en raison de nos contraintes d'approvisionnement », précise-t-elle.
Un temps reproché à Nvidia, sa dépendance envers un nombre restreint de partenaires s'est en outre légèrement atténuée sur le trimestre écoulé, son plus grand client représentant 16% de ses revenus totaux entre avril et juin, contre 23% un an auparavant. Jensen Huang considère par ailleurs que l'IA « a atteint son point d'inflexion ». « Elle accomplit un travail utile. Les tokens sont productifs et rentables. La puissance de calcul se traduit par du chiffre d'affaires », a développé le dirigeant. Cette publication devrait par ailleurs apaiser les craintes du marché vis-à-vis d'une possible « bulle IA ». « Ces résultats et perspectives autorisent les investisseurs à étendre la visibilité sur la croissance des résultats, non seulement pour Nvidia, mais aussi pour les bénéficiaires de second et troisième rangs du déploiement de l'IA », note Amanda Lyons, responsable de la recherche chez Energy Group Capital.
Le titre se traite encore peu cher, de l'ordre de 15 fois les bénéfices attendus en 2028, au vu de la constance de Nvidia dans l'excellence. Achat spéculatif confirmé, objectif de 265 dollars.
Retrouvez cet article sur investir.fr
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer