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Nouveau gisement de profits : Shell parie sur le trading
information fournie par Zonebourse 07/05/2026 à 10:49

A Londres, Shell recule de 1,71% à 3 156,50 pence ce jeudi, en dépit d'un solide premier trimestre 2026. Le titre baisse, impacté par les cours du pétrole qui continuent de diminuer en raison d'un espoir de désescalade dans le conflit au Moyen-Orient. Sur cette période, les bénéfices ajustés s'élèvent à 6,9 milliards de dollars en hausse de 23,21% sur un an, reflétant une performance solide dans l'ensemble de ses activités.

Dans le détail, la progression de ces bénéfices s'expliquent par "des contributions plus élevées de l'activité trading et optimisation, impactant principalement ses activités Aval ( downstream : négoce de produits raffinés comme l'essence et le diesel), ainsi que les divisions Energies Renouvelables et Solutions Energétiques (trading d'électricité - éolien/solaire - et de crédits carbone).

"Ces résultats ont bénéficié de prix plus élevés, de meilleures marges de raffinage, d'une baisse des charges d'exploitation et d'une hausse des marges sur les lubrifiants. Ces éléments positifs ont été partiellement compensés par des volumes de production plus faibles", relève Shell.

L'Ebitda ajusté atteint les 17,74 MdsUSD, en progression de 15,95% en glissement annuel.

Le bénéfice attribuable aux actionnaires sur cette période de trois mois clos au 31 mars s'est élevé à 5,69 MdsUSD, contre 4,78 MdsUSD un an avant.

Shell a réalisé des résultats solides grâce à sa focalisation constante sur la performance opérationnelle, au cours d'un trimestre marqué par des perturbations sans précédent sur les marchés mondiaux de l'énergie.

De plus, les revenus du producteur de pétrole et de gaz naturel sont quasiment stables, atteignant 69,69 MdsUSD, contre 69,23 MdsUSD lors de la même période l'an dernier.

Le CFFO (flux de trésorerie opérationnel) hors fonds de roulement s'est établi à 17,2 MdsUSD sur cette période, contre 11,9 MdsUSD il y a un an à la même période. Pour Jefferies, cet indicateur financier est 16% plus élevé que les prévisions. La sortie de fonds de roulement de 11,2 MdsUSD sur ce trimestre reflète l'impact d'une volatilité sans précédent des prix des matières premières.

Suite à cette publication trimestrielle de bonne facture, Shell va lancer un programme de rachat d'actions de 3 MdsUSD pour les trois prochains mois et annonce une augmentation de 5% du dividende, en accord avec sa politique actuelle de distribution de 40 à 50% du CFFO (flux de trésorerie provenant des opérations). Le dividende sera porté ainsi à 0,3906 USD.

Côté perspectives, le géant britannique des hydrocarbures vise des investissements nets ( cash capex ) pour 2026 entre 24 et 26 MdsUSD, incluant environ 4 MdsUSD pour l'acquisition d'ARC Resources. Les perspectives pour 2027-2028 restent inchangées, entre 20 et 22 MdsUSD.

En outre, Shell confirme que cette acquisition devrait ajouter 370 kboe/j (milliers de barils d'équivalent pétrole par jour), entraînant un taux de croissance annuel composé (CAGR) de la production de 4% jusqu'en 2030 (par rapport à 2025). ARC Resources est une entreprise canadienne dans le secteur de l'énergie, spécialisée dans l'exploration et la production de gaz naturel et de liquides (condensats). Shell en a fait l'acquisition le 27 avril dernier pour un montant total de 16,4 MdsUSD.

Le groupe affiche aussi un bilan résilient avec un ratio d'endettement (gearing) de 23% (incluant les contrats de location), reflétant principalement l'augmentation du fonds de roulement dans l'environnement de prix actuel.

Baisse anticipée de la production

Pour le deuxième trimestre, Shell prévoit une production de gaz intégré comprise entre 580 000 et 640 000 barils équivalent pétrole par jour (bep/j) contre 909 000 au premier trimestre 2026. Les volumes de liquéfaction de GNL devraient se situer dans une fourchette de 6,8 à 7,4 millions de tonnes. La production amont (Upstream) est attendue entre 1,6 et 1,8 million de bep/j (contre 1,843 million au T1 2026, tandis que les volumes de ventes marketing devraient atteindre 2,5 à 2,7 millions de barils par jour (contre 2,627 millions au T1 2026).

"Ces perspectives de volume sur ce second reflètent l'impact attendu du conflit au Moyen-Orient", explique Shell. Précisément, ce conflit perturbe ses opérations dans sa zone clé (notamment au Qatar et aux alentours). L'installation géante de Pearl au Qatar (usine de GTL - Gas-to-Liquids) a subi des dégâts. La multinationale a prévenu que les réparations de cette usine prendraient environ un an. L'absence de cette production de "gaz vers liquides" pèse lourdement sur les volumes du segment Integrated Gas pour le trimestre à venir.

De surcroît, Shell s'attend à une période de maintenance intensive dans l'industrie pétrolière. Le groupe a planifié des arrêts techniques sur l'ensemble de son portefeuille ( Upstream et GNL). Ces opérations sont indispensables pour assurer la sécurité et l'efficacité des plateformes et des usines de liquéfaction. Or, elles contraignent à arrêter la production pendant plusieurs semaines, réduisant alors mécaniquement les volumes globaux.

Concernant les objectifs de Shell, la banque d'investissement britannique Panmure Liberum souligne que "malgré des volumes plus faibles, l'entreprise prévoit un excellent deuxième trimestre grâce à la hausse des prix des matières premières, le décalage de prix sur les cargaisons de GNL (le pic des prix JKM* au début du conflit sera reconnu sur cette période) et à la performance attendue des activités de trading dans un contexte de forte volatilité des marchés

*JKM signifie Japan Korea Marker. C'est l'indice de prix de référence pour le gaz naturel liquéfié (GNL) livré en Asie du Nord-Est (principalement au Japon, en Corée du Sud, en Chine et à Taïwan).

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