* Des paquebots propulsés au gaz naturel liquéfié
* Une signature en marge du sommet "Choose France"
(Actualisé avec autres déclarations, précisions, contexte)
par Marine Pennetier
PARIS, 20 janvier (Reuters) - L'armateur italo-suisse MSC et
les chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire ont scellé lundi
à Paris une mégacommande de deux milliards d'euros pour deux
nouveaux paquebots propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL) qui
devrait favoriser la création de centaines d'emplois ces trois
prochaines années en France.
Cette "commande du siècle", qui s'accompagne de deux
protocoles d'accord portant sur au minimum quatre milliards
d'euros d'investissements supplémentaires, a été officialisée à
l'occasion du sommet "Choose France" organisé pour la troisième
fois au château de Versailles.
Elle constitue la plus grosse partie des investissements -
huit milliards au total - qui seront annoncés lors ou en marge
de ce sommet dédié à l'attractivité française où 200 patrons
d'entreprises françaises et étrangères sont attendus, avant de
se rendre, pour la plupart d'entre eux, au forum de Davos en
Suisse.
"On ne signe pas tous les jours des contrats de cette
importance pour l'économie française, l'industrie française et
pour l'avenir de nos territoires", s'est félicité le Premier
ministre Edouard Philippe à l'issue de la cérémonie de signature
entre MSC et les Chantiers de l'Atlantique, à Matignon.
"Pour les hommes et les femmes qui travaillent aux chantiers
et avec les chantiers (...), c'est une excellente nouvelle",
a-t-il ajouté, aux côtés entre autres du PDG de la filière
croisière de MSC Pierfrancesco Vago et du PDG des chantiers de
l'Atlantique Laurent Castaing.
Selon l'Elysée, le contrat portant sur la construction de
deux nouveaux paquebots MSC World Class de 6.700 passagers,
livrables en 2025 et 2027, "va générer 14 millions d’heures de
travail, correspondant à 2.400 emplois pendant trois ans et
demi."
CARNET DE COMMANDES REMPLI
A cela s'ajoute, dans le cadre du premier protocole
d'accord, le développement d’une nouvelle classe de paquebots
propulsés au GNL, avec la construction de quatre bâtiments,
représentant potentiellement 30 millions d’heures de travail
supplémentaires pour un investissement estimé à "quatre
milliards d'euros".
Selon une source proche du dossier, le deuxième protocole
d'accord, qui porte sur la construction d’un nouveau prototype
de bateaux propulsés pour partie à la voile, se chiffrerait lui
à quatre milliards d'euros - un montant que s'est refusé à
commenter l'armateur, estimant qu'il était encore trop tôt pour
rentrer dans les détails.
Avec ces perspectives, "le carnet de commandes" des
Chantiers de l'Atlantique est rempli jusqu'en 2027, s'est réjoui
le PDG de l'entreprise de Loire-Atlantique.
"Il va falloir certainement recruter. Sur dix ans, il va y
avoir des gens qui vont partir à la retraite et il va falloir
les remplacer. On est sur des programmes de plusieurs centaines
d'embauches par an pendant dix ans".
En cours de construction sur le site de Saint-Nazaire, le
premier des deux navires initiaux de la classe World doit entrer
en service en 2022 et deviendra le premier navire de croisière
propulsé au GNL - qui ne produit quasiment aucune particule fine
et réduit les émissions de CO2 de 25% - jamais construit en
France.
"Même si l'ambition est de faire des navires qui puissent
dans certaines conditions fonctionner sans aucune énergie venant
de l'extérieur, il faut être réaliste : les paquebots ont à
respecter des horaires et il n'y a pas toujours le vent qui
convienne", a reconnu devant la presse Laurent Castaing.
"Aujourd'hui notre ambition est de faire un navire qui
fonctionnera à peu près la moitié du temps en utilisant
l'énergie éolienne et l'autre moitié en utilisant des moteurs,
mais là aussi en utilisant des technologies pour que ce soit des
moteurs peu ou pas émissifs en termes de gaz à effet de serre".
(Edité par Sophie Louet)
MSC scelle une mégacommande de E2 milliards avec les chantiers de l'Atlantique
information fournie par Reuters 20/01/2020 à 15:16
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