(Zonebourse.com) - L'intelligence artificielle dépasse désormais le simple statut de thème technologique ou de tendance de marché pour s'imposer comme une véritable classe d'actifs. C'est l'analyse de Mike O'Sullivan, chef économiste de Moonfare (plateforme de private equity et société de gestion d'actifs), dans une nouvelle note consacrée à l'essor de l'IA dans les marchés financiers.
Selon PitchBook (entreprise américaine de services d'information financière qui analyser les marchés privés), près de 45% des licornes américaines sont aujourd'hui liées à l'intelligence artificielle, une progression spectaculaire pour une technologie qui, aux yeux du grand public, n'existait pratiquement pas il y a encore trois ans.
Mike O'Sullivan souligne également "la rapidité inédite avec laquelle certains acteurs de l'IA se sont développés : là où des entreprises comme Uber ou ByteDance avaient mis plusieurs années avant d'atteindre une taille critique, OpenAI et Anthropic ont vu leur valorisation exploser en seulement quelques dizaines de mois".
Pour le chef économiste de Moonfare, "l'IA n'est plus simplement un segment technologique parmi d'autres : elle possède désormais plusieurs caractéristiques propres à une classe d'actifs structurante, avec un impact durable sur la croissance, des flux d'investissement massifs et un écosystème financier de plus en plus vaste".
Dans une économie américaine par ailleurs relativement modérée, les dépenses liées à l'IA constituent aujourd'hui l'un des principaux moteurs de croissance. Les investissements dans les centres de données aux États-Unis ont ainsi atteint près de 1 000 milliards de dollars sur les douze derniers mois.
Une étude récente du Stanford Forecasting Research Institute montre également qu'une majorité d'économistes et d'experts technologiques considèrent désormais que "l'IA augmentera durablement le rythme de croissance de l'économie américaine" .
L'analyse revient aussi sur la multiplication des moyens d'investir dans l'IA, du capital-risque au private equity, en passant par les infrastructures énergétiques, l'immobilier spécialisé, les obligations technologiques et le crédit privé. Amazon, Meta, Oracle et Alphabet ont ainsi levé près de 150 milliards de dollars sur le marché obligataire depuis le début de l'année afin de financer leurs investissements liés à l'IA.
Le crédit privé exposé à cette thématique pourrait quant à lui croître de plus de 1 500 MdsUSD dans les deux prochaines années.
Mais cette montée en puissance s'accompagne également de fragilités croissantes. Les valorisations atteignent désormais des niveaux historiquement élevés, comparables à ceux observés en 1929 ou lors de la bulle internet des années 2000. Pour Mike O'Sullivan, "l'un des principaux défis des investisseurs sera désormais d'identifier des actifs moins corrélés à l'IA afin de diversifier les portefeuilles et de se protéger contre le risque d'une correction brutale des valorisations technologiques".
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