Un employé municipal brise une grosse boîte à clés utilisée pour un logement en Airbnb le 7 octobre 2026 à Marseille ( AFP / Miguel MEDINA )
La ville de Marseille a revendiqué mercredi de premiers succès dans son combat contre la "dérive Airbnb" avec une légère baisse du nombre de meublés touristiques à la suite d'une série de mesures pour limiter les locations saisonnières.
Entre 2024 et 2025, l'offre de meublés touristiques dans la deuxième ville de France a diminué de 16%, passant de 13.000 à 11.000, a indiqué à la presse Audrey Garino, adjointe au Maire déléguée au logement.
Dans le seul quartier touristique du Panier, cette baisse atteint les 35%.
Marseille avait connu "une explosion des Airbnb avec une augmentation de 73% des offres entre 2020 et 2023", a-t-elle rappelé.
La ville combat l'offre excessive de meublés touristiques car le "phénomène des Airbnb" a "réduit considérablement" le parc immobilier de Marseille "où la crise du logement est très forte (...) avec 54.000 demandes de logement social en souffrance, avec une prégnance de l'habitat indigne", a rappelé Mme Garino.
Parmi les mesures phares de la mairie: limiter la location des résidences principales à 90 jours par an et obliger les propriétaires de meublé touristique souhaitant exploiter un bien à proposer en contrepartie un autre logement à la location longue durée.
Une boîte à clés utilisée pour un logement en Airbnb le 7 octobre 2026 à Marseille ( AFP / Miguel MEDINA )
La ville a aussi multiplié les procédures judiciaires : fin septembre un multipropriétaire qui avait transformé, sans autorisation, un petit immeuble d'habitations du Panier et un appartement du centre-ville en locations de courte durée a été condamné à 440.000 euros d'amendes.
"Plus de 70% des multipropriétaires qui font du Airbnb ne sont pas Marseillais et ne sont même pas des Bouches-du-Rhône ou de Provence-Alpes-Côte d'Azur", a souligné Mme Garino, précisant qu'"une vingtaine de procédures" judiciaires sont encore en cours.
Mercredi matin sur une place pittoresque du Panier, des employés municipaux brisent de grosses boîtes à clés, accrochées à des barrières et empiétant sur l'espace public.
Maire des 2e et 3e arrondissements, où se trouve ce quartier, Anthony Krehmeier déplore une "dérive d'Airbnb", tombé dans "du business pur" et utilisé par des investisseurs venus "faire de l'argent sur le dos des Marseillais".
"Là où j'avais des commerces, aujourd'hui j'ai des échoppes qui vendent des cartes postales et du savon Made in China, je n'ai plus de boulangerie. Et finalement j'ai un quartier qui meurt", ajoute-t-il déplorant le développement d'un "Disneyland-sur-Mer".

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