Le président Emmanuel Macron lors de la visite d'un chantier de construction de réacteur nucléaire EPR2 à Penly, le 12 mars 2026 en Seine-Maritime ( POOL / Ludovic MARIN )
BTP, industrie, transports, énergie: les responsables de grands secteurs de l'économie sont invités mardi à l'Elysée à s'engager pour faire avancer l'électrification du pays dans les années à venir, aussi bien pour des raisons climatiques que budgétaires afin de réduire la facture pétrolière.
Un mois après la publication d'un plan du gouvernement comportant 22 mesures destinées à doper la consommation d'électricité en France, Emmanuel Macron reçoit l'ensemble des acteurs de la filière, du géant EDF aux plombiers-chauffagistes de quartier, qualifiés d'"équipe de France de l'électricité" par l'Elysée.
L'objectif est double: réduire les émissions de CO2 de secteurs comme le transport routier, et rendre ménages et entreprises moins dépendants de carburants issus de pétrole importé, alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les cours du brut.
Car les énergies fossiles représentent 60% de la consommation d'énergie de la France, une part que l'exécutif souhaite faire tomber en dessous de 50% d'ici 2050 dans les transports, l'industrie et les bâtiments, grâce à la production abondante d'électricité d'origine nucléaire ou renouvelable.
L'objectif du plan est de faire en sorte que l'électricité représente 34% de la consommation finale d'énergie en 2030 et 38% en 2035 dans le pays, contre 27% en 2024, a détaillé auprès de l'AFP Michel Gioria, directeur général du Serce, le syndicat professionnel qui représente 260 entreprises de la transition énergétique et numérique.
Deux tables rondes sont prévues mardi matin, l'une autour des "solutions d'électrification à destination des particuliers", animée par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, l'autre sur "l'électrification, un atout pour l'économie", par Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'Energie et porte-parole du gouvernement.
Y participeront Xavier Duchemin (Stellantis France), Michel-Edouard Leclerc, Aurélien de Meaux (Electra), Céline Stein (Octopus) et Bernard Fontana (EDF), qui participera aussi à la seconde avec Émilie Piette (RTE), Aymeric Renaud (Schneider Electric France), José Noldin (Gravithy) et Marie-Christine Lombard (Geodis).
Dans la cour de l'Elysée, des tracteurs et engins de chantier électriques ont été exhibés pour l'occasion.
Le mouvement d'électrification passe par une myriade de mesures, à commencer par des engagements pris par EDF, qui fête ses 80 ans cette année. Le premier électricien du pays devrait confirmer qu'il va y consacrer 240 millions d'euros, a-t-il indiqué à l'AFP.
- "Un programme sur trente ans" -
Ainsi, 80 millions d'euros seront consacrés à l'accompagnement des particuliers pour acquérir des pompes à chaleur (PAC) en remplacement d'une chaudière gaz ou fioul, 80 millions pour l'aide à l'achat de poids lourds électriques ou l'installation de bornes de recharge, et 80 millions pour la préparation de terrains industriels visant à accueillir de grands consommateurs d'électricité.
EDF compte notamment se mobiliser sur l'électrification du parc de logement social aussi bien que sur celle des Ehpad ( AFP / Sameer Al-DOUMY )
EDF compte se mobiliser sur l'électrification du parc de logement social aussi bien que sur celle des Ehpad, dont 8% sont encore au fioul, et sur l'installation de bornes électriques dans les copropriétés.
Pour l'industrie, l'entreprise publique prévoit un "coup de pouce chaudière électrique" à hauteur de 30 millions d'euros, et pour les transporteurs, le lancement du premier réseau de recharge en itinérance pour les poids lourds, Izivia Trucks, avec un premier objectif de près de 200 bornes d'une puissance de charge supérieure à 400 kVA.
D'autres annonces sont attendues comme celle du fournisseur Octopus Energy pour le déploiement d'"au moins 10.000 pompes à chaleur" dans les 12 prochains mois dans le cadre du leasing annoncé par le gouvernement et un investissement "jusqu’à 150 millions d’euros" pour construire une usine de PAC en France.
L'opérateur de recharge Electra compte investir 300 millions d'euros d'ici 2030 pour installer 1.000 nouveaux points de charge ultra-rapides par an, et Lidl France 13,5 millions d’euros en 2026 pour de nouvelles bornes électriques.
Quant aux entreprises du Serce, elles s'engagent à embaucher "12.000 personnes et 3.000 apprentis par an" et ont mis à disposition de quelque 150 lycées professionnels en France des équipements spécialisés pour la pratique.
"Nous souhaitons attirer des jeunes vers ces métiers", a indiqué M. Gioria. "Il faut aussi bien installer des bornes de recharge sur les quais des ports comme Marseille, Saint-Nazaire, Le Havre ou La Rochelle que relier des serres agricoles au réseau en Bretagne, ou des +data centers+ (centres de données, ndlr)".

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